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Les miraculés de la Champion?s League
En route ! Le dernier train pour Istanbul a déjà quitté les quais ! Après un long, long voyage, et un parcours parsemé d?embûches, le voilà maintenant tout proche du terminus. Et dire qu?il a failli oublier ses passagers les plus connus en cours de route cette semaine?
Les Anglais de Liverpool et les Italiens de Milan étaient en effet à deux doigts de rester sur le quai, bouche bée, les valises à la main, au moment où la locomotive de la Champion?s League démarrait en trombe. Mais ils se sont finalement engouffrés dans le bon wagon, tant bien que mal?
A quelques centimètres près, la balle de l?Islandais Eidur Gudjohnsen faisait le bonheur de Chelsea mardi, tandis qu?un soupçon de chance aurait donné une qualification ô combien méritée au PSV Eindhoven mercredi. Mais les caprices et les incertitudes du football ? qui l?ont consacré sport roi depuis des lustres pour ces même raisons ? ont préféré délivré un tout autre verdict.
Et voilà Liverpool en finale (vainqueur 1-0 des Blues), rejoint par le Milan AC (battu 3-1 à Eindhoven, vainqueur 2-0 à San Siro, qualifié à la faveur du but inscrit à l?extérieur). Deux équipes miraculées, vu les circonstances dramatiques de leur qualification.
Une énorme injustice diront certains observateurs. Deux équipes chanceuses diront d?autres. Avouons que les uns et les autres ont de quoi faire la fine bouche vu le peu de jeu offert, à l?aller comme au retour, par les deux finalistes.
Jose Mourinho, l?homme au verbe persiflant, dont les propos donnent de l?urticaire à presque tous les amoureux du football, n?a-t-il pas dit ouvertement que, dans la demi-finale Liverpool-Chelsea, la meilleure équipe s?est fait éliminer ? Sur le papier, Jose Mourinho a raison. On étendra même ce raisonnement sur l?ensemble des demi-finales, puisque le PSV a littéralement surclassé le Milan sur ses deux confrontations, au niveau technique et tactique.
Aura-t-on une finale au rabais alors ? Absolument pas ! Car force est de constater que la sempiternelle phrase ?les grands clubs ne meurent jamais? est toujours d?actualité. Milan et ses six Coupes des champions retrouvera Liverpool, qui l?a déjà soulevée cinq fois. Une constante au plus haut niveau pour deux monstres du football européen.
Sauf que les Reds n?ont plus tutoyé les sommets depuis qu?ils ont été bannis de la Coupe d?Europe après le drame du Heysel en 1985 et ne faisaient pas peur à grand monde en début de campagne. De plus, le club du Merseyside était la seule équipe ni championne ni en tête du classement dans son pays au stade des demi-finales.
Le cinquième du championnat anglais, à 33 points de Chelsea (!), battra-t-il le leader du Calcio, champion d?Italie en titre et champion d?Europe 2003 le 25 mai à Istanbul ? La question aurait fait rire il y a quelques semaines, lorsque Milan était le grand favori des bookmakers. Plus maintenant.
Du coup, dans l?esprit des gens, Liverpool, qui était en danger dès le tirage au sort des poules du premier tour de la Champion?s League, apparaît aujourd?hui capable de mater le géant milanais.
Toutefois, on aurait tort de ne retenir que l?image d?un Milan au bord de la rupture face au PSV en demi-finale de la C1. Car, en pleine possession de leurs moyens, l?ogre italien et son bourreau Shevchenko ne feraient qu?une bouchée des Reds.
Ces mêmes rossoneri ont certes été surclassés par la vivacité et l?envie des Néerlandais et semblent actuellement être dans le rouge au niveau physique. Mais Liverpool ne dispose pas des même armes.
Au fond, Eindhoven a même peut-être fait un cadeau à Carlo Ancelotti en lui montrant à temps des faiblesses qu?il ne soupçonnait même pas dans son équipe?
Jamais les rossoneri n?avaient autant été bousculés cette saison. Jamais la défense des rossoneri n?avait été ainsi transpercée. Jamais le milieu de terrain des rossoneri n?avait été aussi à la rue? Mais les protégés de Silvio Berlusconi sont quand même restés debout dans la tempête, passant à 180 secondes d?une élimination !
Du côté de Milanello, c?est certain, le staff technique va se réunir pour un comité d?urgence afin de retenir la leçon du PSV et rectifier le tir. Face au danger qui guette le club lombard en championnat (co-leader avec la Juve) et en Coupe d?Europe, sans compter la fatigue qui s?accumule, la profondeur du banc milanais sera des plus précieuses. N?est-ce pas Vikash Dhorasoo ?
Deux finales attendent le Milan AC. Dimanche dans le choc des titans du Calcio, face à la Juve, puis le 25 mai face aux Reds, en C1. En attendant, Ancelotti pourrait appeler Rafael Benitez, en toute amitié, pour lui demander comment battre la Vieille Dame?
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