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Un lobby pour prolonger la dérogation sous l?Agoa

6 mai 2005, 00:00

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La campagne pour la prolongation de la dérogation accordée à Maurice dans le cadre de l?Africa Growth and Opportunity Act (Agoa) se poursuit à Washington. Une des options envisagées : demander au Congrès américain de voter une nouvelle loi pour que l?ensemble des pays africains de la région obtienne une nouvelle prolongation. La réflexion au niveau africain est cependant au stade conceptuel.

Maurice veut s?assurer d?être sur la liste des bénéficiaires de cette éventuelle nouvelle prolongation. Le pays avait obtenu in extremis, l?année dernière, une dérogation permettant à l?industrie du textile-habillement d?importer du tissu de pays tiers et d?obtenir quand même un accès en hors taxes sur le marché américain.

Cette dérogation à la clause du ?third country fabric? de l?Agoa avait été accordée à tous les pays pauvres de l?Afrique sub-saharienne. Cette catégorie de pays pourra bénéficier de cette dérogation jusqu?à 2007. Mais dans le cas de Maurice, une fois la dérogation arrivée à expiration en septembre de cette année, il y aura ensuite une période de six mois où les Etats-Unis appliqueront 50 % des droits de douane dus sur les vêtements exportés par le pays.

Les représentants de Maurice à Washington, notamment le commissaire commercial, Peter Craig, et le ?lobbyist? Paul Ryberg, travaillent sur plusieurs scénarios pour que Maurice obtienne une prolongation de la dérogation au ?third country fabric?. Le pays est un des leaders de cette initiative et la proposition de texte de loi a été baptisée ?Trade?.

Il s?agit de réussir à faire voter une loi qui étendrait de deux années supplémentaires la durée de vie de la dérogation pour tous les pays de la région qui sont producteurs de textile-habillement. Et Maurice aspire à se glisser dans cette liste de pays.

Les pays producteurs de textile-habillement de la région se sont rencontrés à Nairobi la semaine dernière. Une coalition a été créée afin de faire avancer l?idée et de convaincre le Congrés américain de l?adopter.

Paul Ryberg qui a assisté à ce sommet explique que l?objectif d?une éventuelle nouvelle loi n?est pas uniquement d?obtenir une dérogation supplémentaire même si elle est essentielle à la survie de l?industrie de la confection dans la région. La priorité est en fait d?avoir un nouveau cadre pour de nouvelles incitations afin d?encourager l?investissement dans la production de matières premières textiles en Afrique. ?L?industrie de la confection ne pourra survivre sans une intégration verticale. Une compétitivité artificielle fondée uniquement sur des droits de douanes ne suffira pas?, déclare Ryberg.

<B>Bagarre politique</B>

Le projet semble ambitieux quand on connaît les difficultés rencontrées pour faire voter la première version de l?Agoa. Il a fallu près de dix années de travail pour convaincre Washington.

Autre option, qui à l?écrit semble plus simple : lier la prolongation de la dérogation pour Maurice à un des projets de loi qui doivent être votés par le Congrès américain. Cette tactique avait été utilisée la première fois. Mais on avait eu chaud.

Cependant, la difficulté avec cette option est que le Congrès américain est pratiquement paralysé par une bagarre politique où s?affrontent Républicains et Démocrates. La pomme de discorde : la nomination des juges qui doit être ratifiée par le Sénat. Lorsque Bill Clinton était président des Etats-Unis, les Républicains avaient refusé de ratifier la nomination des juges désignés. Et les Démocrates en font de même avec l?administration Bush.

Malgré cela, dans le camp mauricien, on garde bon espoir de faire voter la prolongation de la dérogation pour Maurice. Notamment avec la montée du protectionnisme aux Etats-Unis ? comme en Europe d?ailleurs ? à cause de la hausse phénoménale des exportations de vêtements et du textile chinois depuis l?abolition des quotas en janvier.

Les observateurs font ressortir que les responsables politiques tout comme les lobbies du textile des pays développés savent maintenant où se trouve le vrai danger et qui sont les vrais perdants. En d?autres termes, il est plus facile aujourd?hui de faire comprendre que les petits producteurs de textile-habillement africains, comme Maurice, ne sont pas une menace pour l?industrie textile des Etats-Unis.

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