Publicité

La succession de Jean-Paul II

16 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?archevêque de Milan, Mgr Dionigi Tettamanzi, pourrait attirer les suffrages des modérés si les détracteurs du cardinal allemand Joseph Ratzinger, chef de file du camp traditionaliste, parviennent à faire bloc lors du conclave qui s?ouvre lundi. La presse italienne s?accorde à dire que le premier tour de scrutin devrait opposer Ratzinger au prédécesseur de Tettamanzi à Milan, le cardinal Carlo Maria Martini, autre figure de proue autour de laquelle se réunit le camp des réformateurs modérés.

«Personne ne s?attend à ce que Ratzinger ou Martini tiennent la distance», commente un responsable de l?Eglise sous le sceau de l?anonymat. «On se retrouvera donc dans une impasse. C?est alors que débutera le véritable travail du conclave.» Toutefois, certains prélats semblent ignorer leur voeu de silence, ce qui fait les affaires de la presse italienne à l?affût des moindres «fuites», d?autant que la plupart des cardinaux présents à Rome parlent italien. Ainsi a-t-on appris mercredi que Mgr Ratzinger, qui incarne l?idée d?un pontificat de transition dans le plus pur respect des opinions de Jean Paul II, bénéficiait du soutien de 40 à 50 des 115 cardinaux-électeurs.

Le courant des modérés lui oppose volontiers Mgr Martini, lui aussi âgé de 78 ans, un réformateur respecté qui a pourtant fait savoir qu?il ne briguait pas la fonction suprême de l?Eglise catholique. C?est ainsi que son successeur à l?archevêché de Milan, Mgr Dionigi Tettamanzi, pourrait tirer son épingle du jeu. La Repubblica écrit que Mgr Martini fait preuve du plus grand respect à l?égard de son «poulain», lors des congrégations générales qui se tiennent en ce moment, pour lui attirer les suffrages des prélats réformateurs.

La Stampa explique que cette attitude peut être interprétée comme un soutien explicite de Mgr Martini, l?un des membres les plus respecté du Sacré Collège, à son successeur. Âgé de 71 ans, Mgr Tettamanzi incarne à lui seul les paradoxes du pontificat de Jean Paul II, oscillant entre conservatisme théologique et activisme social. Il s?était ainsi posé en défenseur des altermondialistes lors du sommet du G8 en 2001 à Gênes, dont il était à l?époque l?archevêque, et n?a pas hésité à évoquer la nécessité de prendre soin des victimes du sida en Afrique. Principal défaut de son profil, ce papabili a peu voyagé hors d?Italie et n?est pas polyglotte. Or, les langues sont l?un des critères de sélection déterminants.

Selon le Corriere della Sera, Mgr Martini devrait obtenir environ le même nombre de voix que Mgr Ratzinger au premier tour avant de laisser la voie libre à d?autres candidats plus consensuels. Mgr Tettamanzi, le cardinal de Lisbonne, Mgr José da Cruz Policarpo, et un prélat latino-américain dont le nom n?est pas cité pourraient alors s?imposer dans le camp réformateur, selon le quotidien.

Tom HENEGHAN

Publicité