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Deux excès de vitesse pour Fabrice Simon !

18 avril 2005, 00:00

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L?épreuve du 150 minimes s?achève à peine, et on reste bouche bée devant la performance de Fabrice Simon, qui boucle la distance en 16.6.

Ces moments-là sont rares et des courses comme celle-là, on en voit que très rarement sur notre petite île. Une pure merveille, il a frôlé la perfection, enfin peut-être que c?était ça? Car, à vrai dire, la perfection, qui l?a déjà vue de ses propres yeux ? Après tout, seuls ceux présents au stade Maryse- Justin à Réduit pour assister aux Championnats nationaux MCB ont pu en juger.

En effet, Fabrice Simon, 15 ans, a laissé une impression de maîtrise parfaite, samedi, lors de la finale du 150 mètres, en réalisant un somptueux chrono de 16.6h. Avant lui, aucun minime n?est allé aussi vite. Une performance extraordinaire, car, même Stéphan Buckland, alors minime, n?a jamais atteint une telle pointe de vitesse sur cette distance. Fabrice Simon est définitivement le sprinter de tous les espoirs.

Il aura été tellement rapide dans cette finale, que même le chronométrage électronique n?a pu tenir la pression.

Quelle déception pour le jeune sprinter qui voulait tellement s?approprier le record de la distance ! Au chrono manuel, Fabrice Simon est crédité d?une performance de 16.6h, ce qui vaut environ 16.80/90 au chrono électronique. Bref, Fabrice Simon a, virtuellement, été le premier minime de l?histoire à courir sous les mythiques 17 secondes (temps électronique) sur cette distance.

<B>Un athlétisme mauricien</B>

Et ce désir de battre la meilleure marque minime de l?histoire sur cette distance, Fabrice Simon l?a affiché dès les demi-finales où il a arrêté le chrono à 17.35, sans grand effort, pour se situer à seulement sept petits centièmes du fabuleux record de Nicolas Pilot (17.28). Un record qui fêtera ses dix ans l?année prochaine. Sept centièmes de secondes, c?est rien, c?est une goutte d?eau dans l?océan.

?C?est dommage ! Je passe à un rien du record électronique. Et puis, c?est de ma faute, vu que j?ai coupé mon effort lors des demi-finales. Je l?ai fait, car je ne pensais pas être sur de telles bases. Sinon, j?aurais mis le paquet?, regrette Fabrice Simon.

De quoi avoir des regrets, surtout après le pépin technique survenu lors de la finale avec la Photo-Finish.

?Le chrono électronique ne fonctionnait pas pour la finale??, soupire-t-il.

?Mais, même si le chronométrage électronique n?a pas fonctionné, je reste heureux de mon titre de champion national sur 150 mètres, en attendant la finale du 250 mètres demain (NdlR : dimanche)?, poursuit celui qui préfère le sprint long au sprint court, ?car je ne me sens pas à l?aise sur les petites distances.?

Au loin, toujours dans l?anonymat, un homme affiche un grand sourire. Il est heureux ! C?est à toute vitesse que Fabrice Simon va à sa rencontre. Et là, c?est l?explosion de joie de la part du jeune sprinter, qui tombe dans les bras d?Hervé Seerungen, son coach, son mentor, son ami. Dans le milieu, on le sait tous, la reconnaissance de l?athlète est le plus beau cadeau qu?un entraîneur puisse recevoir. Et puis, discrètement, Hervé Seerungen s?éloigne de lui, car ?ce moment appartient à l?athlète et non au coach?, explique-t-il.

A titre de comparaison, Nicolas Pilot c?était du talent à l?état pur, un athlète qui a laissé une trace indélébile dans l?histoire de l?athlétisme des jeunes à Maurice et aujourd?hui, Fabrice Simon, a fait mieux. L?espoir est permis, le rêve continu ose-t-on dire dans l?euphorie du moment? Mais, bien vite, on est rattrapé par la réalité.

Ces jeunes, à l?image de Fabrice Simon, ont un potentiel fou, mais il n?existe pas de structures aptes à les encadrer et à les emmener au plus haut niveau. La crainte que ces jeunes arrêtent dans un avenir proche est bien présente au sein de la communauté de l?athlétisme mauricien. La balle est désormais dans le camp de l?Association mauricienne d?athlétisme amateur (AMAA) qui doit cesser de s?endormir sur les lauriers que sont les Buckland, Milazar et Chimier, car la pérennité de l?athlétisme de haut niveau est en danger ! Ne rien faire serait purement et simplement du gaspillage de talent?

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