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?Piaf, l?ombre de la rue? plane toujours

18 avril 2005, 00:00

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Epaules rentrées, poings serrés, l?homme revit, haletant, un combat de boxe. Une victoire ou une défaite. C?est avec Marcel Cerdan, incarné par un chanteur-comédien, que débute Piaf, l?ombre de la rue, spectacle fort bien mené consacré à la chanteuse qui permet de retrouver, au Sentier des Halles à Paris, les grandes chansons de la chanteuse. L?histoire d?amour, de bonheur possible, entre la chanteuse et le boxeur passe ainsi en creux au milieu des hymnes aux filles délaissées.

La ?môme Piaf? a droit à quatre voix de femmes, auxquelles se joint ?Cerdan?. Cela permet de diversifier les timbres, de ne pas se cantonner au pathos vibrant avec ?r? en cascades que les disques et films de concerts ont transmis. Thomas Bellorini a réalisé les arrangements et son jumeau Jean est à la mise en scène.

Ces deux jeunes gens, qui pourraient être les petit-fils de Piaf, ont des idées subtiles pour placer leurs interprètes dans l?espace par des changements constants de perspective et dans la musique par une exploration des genres.

<B>L?histoire d?Edith et Marcel</B>

Au répertoire connu (La Foule, Padam Padam, Mon légionnaire, Rien de rien, Milord...) le spectacle ajoute une poignée de raretés, de fantaisies (Lucien, Monsieur Lenoble...) et des respirations, comme l?histoire d?Edith et Marcel. Ici, il n?y a pas d?accordéon, contrairement aux multiples évocations de la chanteuse, mais un piano et un violoncelle. Et de virer vers le blues, le jazz, la bossa avec des parties prises en choeurs réussies car les voix individuelles sont talentueuses qui donnent de l?ampleur orchestrale.

On entend et on voit dans Piaf, l?ombre de la rue un respect pour la chanteuse et son oeuvre, sans que cela se confonde avec de la dévotion. C?est cet équilibre, ce regard ?moderne?, qui fait l?originalité du spectacle.

Les fans ne se sentiront pas trahis. Et ceux pour qui cette petite dame en noir, toute en larmes et en drames, était un mystère feront une belle découverte.

<B>Sylvain SICLIER

Source : Le Monde</B>

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