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À La Galerie L?Oasis
Du 23 au 30 avril, La Galerie L?Oasis de Riambel expose les tableaux de Rirette Faron, Karo, Brigitte Langlois et Jocelyn Thomasse.
Divers sujets (modernes ou classiques), exploités avec différentes techniques (acrylique sur toile, huile, aquarelle ou mixte), offrent aux visiteurs toute une variété d??uvres. Les tableaux, une quarantaine en tout, certains réalistes, d?autres avec un mélange de styles frôlant l?expressionnisme, s?ouvrent sur un panorama de la vie contemporaine. Des scènes de vie à la rodriguaise de Karo, à la nature morte de Jocelyn Thomasse, en passant par l?exploitation des détails dans la représentation florale de Langlois ou par leur élimination dans les figures schématisées de Faron, chaque transposition sur toile est une vision authentique du monde moderne.
Toutefois, loin d?être un pot-pourri incohérent, cette exposition collective sans titre dévoile un souci d?équilibre. On pourrait voir dans cet assemblage hétéroclite de styles un échange presque épistolaire entre les quatre artistes. L?un puisant dans la réalité, l?autre succombant à la beauté de la nature ; défense en faveur de la femme battue par-ci, cri contre la dégradation de la nature par-là, mais dans l?ensemble, chaque thème traité exprime une volonté profonde de toucher à travers l?art la conscience du visiteur sur un aspect particulier. Chaque tableau est de ce fait un discours pictural qui s?inspire du rêve et de la réalité quotidienne. Nos artistes ne sont pas des contemplateurs passifs submergés par la vague esthétique des contours et couleurs. Leur vision traverse l?art. Leurs doigts ajustent les pinceaux à l?exigence de la réalité.
Au-delà de ces quarante tableaux, nous voyons donc, en toile de fond, la variation sur un thème commun : celui de la séduction. Quand Karo peint la Boutique la Colombe de Rodrigues, ce qui se dégage de cette harmonie de formes et couleurs, c?est la volonté d?immortaliser un espace-temps qui s?imprègne déjà d?une nostalgie à venir. L?artiste, en avance sur son temps, dirige notre regard sur une beauté qui tend à glisser dans le passé avec l?arrivée de la mondialisation. Quand Langlois peint, avec un souci remarquable du détail, la beauté fragile de la feuille de croton, ce qui se dégage de sa toile, au-delà de cette vraisemblance flagrante et vertigineuse, c?est l?expression d?un désir de s?unir avec la nature.
Cependant, si l?élimination des détails que prônent les tableaux de Thomasse et ceux de Faron s?oppose au souci de leur représentation chez les deux autres artistes, elle s?inscrit dans l?adoption d?une mouvance vers un esthétisme fascinant de la création picturale. La fonction principale de l?art est de faire une incision dans l?esprit des autres afin d?y glisser un vouloir dire. L?art se veut suggestif et la suggestion est elle-même art. La Migraine de Faron n?est pas la représentation d?un petit ?bobo? du soir. Elle est la forme esthétique qui cumule les maux de la femme après une journée de dur labeur et devant le devoir qui l?attend dans le lit conjugal.
L?investissement de chaque artiste est celui de son âme. Chacun s?est laissé aller au vertige d?une profondeur. Chacun a tissé à sa manière et à grands traits la logique interne d?une variation esthétique sur le monde. Nul doute, cette logique est affective et, par ricochet, morale. C?est peut-être là que se trouve le point de convergence, le dénominateur commun, de cette exposition collective. Quatre artistes. Quatre visions du monde. Mais derrière chaque représentation artistique du réel, une même morale se dégage. À l?évidence, le langage artistique est celui d?un état d?âme?
Du 22 au 30 avril, les tableaux de Karo, Brigitte Langlois, Jocelyn Thomasse et Rirette Faron, seront visibles à la Galerie L?Oasis, route côtière, Riambel.
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