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?Il y a du pétrole à Saya de Malha?
Du pétrole au fond des mers dans la Zone économique exclusive (ZEE) mauricienne? Cela a animé bien des passions et des débats. Simon Van Den Berg est de ceux qui y croient dur comme fer. Ce Hollandais, âgé aujourd?hui de 64 ans, était en 1975 employé sous contrat par la société américaine Texaco pour transporter par hélicoptère le personnel sur une plate-forme pétrolière dans la région de Saya de Malha. Trente années plus tard, n?étant plus tenu au devoir de confidentialité, il profite de ses vacances à Maurice, à l?hôtel Hilton de Flic-en-Flac, pour briser le silence.
Les cheveux grisonnants et la peau portant les marques d?une exposition prolongée à l?eau salée et au soleil, Simon Van Den Berg estime que ces forages n?ont pas encore livré tous leurs secrets. Les conclusions ?officielles? du rapport de la firme américaine Texaco ? compagnie spécialisée dans le forage et les recherches de gaz et de pétrole à travers le monde ? affirmaient que des recherches effectuées de mai 1975 à mai 1976 n?avaient rien donné.
Directeur de la firme d?hélicoptère Court Helicopters basée en Afrique du Sud, Simon Van Den Berg avait pour tâche d?assurer le transport du matériel, mais aussi des ingénieurs et hauts cadres de Texaco entre Maurice et la plate-forme pétrolière sur le banc de Saya de Malha.
Au cours de ces voyages interminables, il côtoie des ingénieurs, géologues, spécialistes dans le secteur du forage pétrolier. Ce sont les conversations avec ces professionnels qui, dit-il, lui font comprendre beaucoup de choses. ?De ce que j?ai vu et entendu sur les plates-formes pétrolières où j?ai eu l?occasion de travailler, je crois fermement qu?il a du pétrole à Saya de Malha.?
Un élément qui le pousse à avancer une telle hypothèse est le fait, dit-il, qu?à l?époque Texaco avait recueilli des données avec l?aide de navires spécialisées en sismographie, et avait même acheté des cartes du sous-sol marin auprès des firmes spécialisées. Durant la même période, il aurait également entendu parler d?échantillons prélevés du sous-sol marin de Saya de Malha à des fins d?analyse et où il y aurait eu des traces de pétrole.
Cette expédition sur la plate-forme pétrolière aurait coûté la bagatelle de Rs 2 milliards à Texaco. En cas de découverte de l?or noir à Saya de Malha, 60 % aurait été à la firme Texaco et 40 % au gouvernement mauricien, selon le ?deal? qui avait été fait à l?époque entre Sir Seewoosagur Ramgoolam, Premier ministre d?alors, et les responsables de Texaco. ?Je me souviens qu?ils avaient creusé trois puits assez profonds à Saya de Malha, au banc de Nazareth?.
L? hypothèse, Prem Saddul, géo-morphologue, qui a lui-même publié un ouvrage sur les fonds marins des Mascareignes, ne la récuse pas. Il ajoute que ?ce qu?avance Simon Van Den Berg est plausible du point de vue géologique. Il y aurait du pétrole à Saya de Malha?. Mais, dit-il, ce qui est important c?est de pouvoir l?exploiter pour il soit économiquement viable. Or, c?est là que se situe la difficulté, voire l?impossibilité, dit-il. Il précise que Saya de Malha se trouve sur les plateaux des Mascareignes. Le nord de ce banc est granitique comme les Seychelles, le sud est basaltique et le centre est sédimentaire. Ceux-ci contiennent du pétrole, devait-il préciser.
Les rapports officiels de Texaco indiquent que seulement deux puits ont été creusés. Le rapport codé précise qu?un puits de 3 264 mètres de profondeur avait été creusé, à SM1, soit dans le sol marin de Saya de Malha. L?autre rapport souligne qu?un deuxième puits a été creusé à NB1, soit dans le sous-sol marin des bancs de Nazareth, à une profondeur de 1716 mètres.
Le troisième puits dont fait mention Simon Van Den Berg ne figure pas dans le rapport de Texaco. Trouble de mémoire de la part de notre interlocuteur, ou secret d?Etat gardé par Texaco en raison de la guerre froide qui battait son plein entre les Etats-Unis et l?ex-URSS ?
Dans les archives de Texaco et aussi de la partie mauricienne figurent les firmes impliquées dans l?expédition. La compagnie Halliburton est en bonne position. Cette compagnie américaine du Texas qui a récemment été au centre d?une controverse dans l?exploitation des ressources pétrolières en Irak, avait comme gros actionnaire, un des acteurs de la guerre du Golfe, le vice-président américain Dick Chenney. A l?époque les responsables de la firme à Maurice étaient R. Rohn et un certain J. Colquitt.
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