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Tom Boonen, la force tranquille

17 avril 2005, 00:00

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Il fait décidément tout ce qu?il faut pour devenir l?idole du cyclisme. Fort, très fort, Tom Boonen est devenu en quelques mois un champion reconnu de tous, admiré de ses équipiers, craint de tous ses rivaux.

Il est aussi un homme formidable, aimable, disponible et charismatique qui fait le bonheur de la presse belge, flamande et wallonne, pour une fois sur la même longueur d?onde pour vanter ce coureur de 24 ans.

Bien sûr, Tom Boonen a exulté quand il a franchi la ligne d?arrivée, une bonne longueur devant George Hincapie, sur le vélodrome de Roubaix, dimanche dernier. Les bras levés, il a semblé profiter de ces quelques secondes de calme, les faisant durer comme l?éternité avant d?être noyé par la masse des membres de son équipe.

A peine le temps de reprendre son souffle, il devait déjà parler, raconter tout de sa journée et preuve de son invraisemblable sang-froid il s?est exécuté comme s?il ne sortait pas de l?enfer, de six heures de vélo martyrisantes tout en prenant soin de remercier chacun de ses équipiers venus lui dire combien ils l?admirent.

Dans l?ombre du champion, son patron Patrick Lefévère le couvait du regard.

Il oubliait presque un nouveau succès sur le vélodrome nordiste, le huitième en 11 ans et répondait fort judicieusement à cette question « Paris-Roubaix, c?est votre course ? »

« C?est celle de toute mon équipe, assure-t-il. Je n?aime pas comparer les coureurs entre eux, je ne veux pas parler de Tom Boonen en me souvenant de Johann Museeuw, Franco Ballerini, Servais Knaven ou Andrea Tafi. »

« Je peux dire que j?ai longtemps douté de la victoire de Tom parce que nous étions tous traumatisés par l?infortune de Johann Museeuw, victime d?une crevaison en 2004 à six kilomètres de l?arrivée. Sur le vélodrome, quand il y avait un sprint à disputer contre George Hincapie et Juan-Antonio Flecha, je me suis souvenu de la défaite de Franco Ballerini en 1993, battu de quelques millimètres par Gilbert Duclos-Lassalle. »

D?un final négocié à merveille comme s?il était un « vieux », Tom Boonen se souvient des craintes nées de l?impression que lui laissaient ses adversaires.

<B>C?est déjà demain</B>

« Je devais me débarrasser des deux plus rapides, Lars Michaelsen et Magnus Backstedt. Ensuite, nous avons vraiment bien collaboré mais plus le vélodrome approchait, moins je me sentais confiant. »

« Je n?étais pas aussi fort que ce que j?avais prévu. Heureusement, personne n?a attaqué avant d?arriver sur le vélodrome. » Boonen a pris soin, néanmoins, de parcourir les derniers secteurs pavés en tête, la bouche grande ouverte, rappelant subitement son maître Johann Museeuw.

Désormais, une voie royale est tracée : il sera le favori de Paris-Roubaix chaque année. « J?aimerais bien gagner une telle course chaque année oui, mais je ne veux pas me projeter trop loin. Ma force, je pense, vient de mon calme.

« Je suis toujours calme et j?étais le plus calme des trois parce que moi j?ai déjà gagné une grande course cette année. Cela a fait ma force. » Patrick Lefévère est resté à l?écart, le temps de la conférence de presse et déjà il envisageait le futur.

« Je pense que Tom Boonen incarne bien la nouvelle génération qui ne fait aucun complexe, assure-t-il. Il a la capacité de se faire aimer et je peux dire que toute l?équipe est d?accord à son sujet, est prête à tout faire pour l?aider. Avec lui, l?avenir a déjà commencé. »

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