Publicité

?Dans la vie j?aime la difficulté?

17 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● Comment s?est passé l?accueil suite à la médaille d?or des championnats d?Afrique ?

Quand je suis arrivée à l?aéroport, il y avait les journalistes, les photographes et tout. Et puis il y avait mes parents et, à la maison, on a pris un verre pour fêter ça. Et à l?école, on m?a félicitée . Quand je suis arrivée en classe, ils m?ont applaudie. Je suis « mari » contente (rires). Je vois que tout le monde suit un peu le sport.

● Est-ce le plus grand moment de votre jeune carrière ?

Oui, je pense, parce que je suis quand même la première triathlète à Maurice à avoir une médaille d?or.

● Qu?est-ce que cela vous fait d?être la pionnière, sachant qu?il y a plusieurs triathlètes qui ont essayé mais n?ont pas réussi ?

Ça m?encourage encore plus de voir que moi j?ai réussi. Parce que les années précédentes, il n?y a eu que des médailles de bronze.

● Quelle a été votre préparation pour cette compétition ?

Pas de préparation spéciale. Je m?étais entraînée en natation avec Thierry (NdlR : Audourencq). Vu que j?étais malade, j?avais la grippe et des vomissements, je n?arrivais pas vraiment à courir ou à pédaler. Mais petit à petit, j?ai repris la compétition et quand j?ai appris que j?étais dans la sélection, je me suis entraînée un peu plus.

● Votre première pensée a été pour qui quand vous avez eu cette médaille ?

Mes parents et mon frère? et un peu tout le monde aussi parce que derrière tous ces entraînements-là, il y a quand même Kevin (NdlR : Hill, l?ancien directeur technique national qui est maintenant en Australie). Il m?a beaucoup aidée à progresser tout comme Thierry.

● De lourdes espérances reposent sur vos épaules. Pourrait-on voir Jennifer Henrisson, championne d?Afrique senior, un jour ?

J?aurais aimé. Je ne sais pas si je vais continuer à faire le triathlon en raison des études. Mais je vais faire de mon mieux.

● Comment se déroulent vos entraînements ?

La natation, c?est trois fois par semaine à la piscine. Quelquefois, j?y vais avant d?aller à l?école. Le vélo c?est quand j?ai le temps. Et la course à pied, c?est trois fois la semaine aussi.

« Il faut savoir gérer les études et le sport. A chaque temps libre, par exemple avant et après les entraînements, j?apprends. C?est une question de volonté. »

● Moins d?entraînement de vélo, c?est parce que vous aimez moins le vélo ?

Oui, c?est peut-être pour ça. Aussi parce qu?il n?y a pas de gens avec qui je peux m?entraîner. C?est pour cela que ça me motive bien moins que la natation et la course à pied.

● Dans l?idéal, comment voulez-vous que votre entraînement soit ?

Définitivement en groupe. Ça me motive bien plus que de m?entraîner seule.

● Est-ce que vous avez un bon encadrement, au niveau du ministère ou de la fédération ?

Il n?y a pas vraiment d?encadrement. Il vient plutôt de ceux qui s?entraînent avec moi.

● Qu?est-ce qu?il vous faudrait pour progresser ?

Il faut qu?il y ait une bonne entente dans le triathlon. Que tout le monde arrive à s?entendre et à s?entraîner ensemble. Il y a quand même des conflits entre quelques clubs.

● Voulez-vous lancer un message ou un appel à ces personnes ?

Je ne préfère pas.

● Vous pratiquez aussi le cross. Comment est venue cette autre passion ?

C?est mon papa qui m?a poussée. Cela a commencé par le cross régional de Curepipe dans la catégorie poussine. J?avais une bonne copine qui s?appelle Elisabeth Komanikoi et ensuite on a fait le cross national ensemble.

● Vous avez aimé tout de suite ?

Oui. Parce que j?adore courir. D?ailleurs c?est ma discipline préférée.

● Comment avez-vous vécu l?abandon forcé de la dernière manche de la ligue de cross, surtout que vous alliez être championne cadette ?

Ça m?a complèment démotivée. Je n?avais plus envie de faire quoi que ce soit. J?avais quand même gagné cinq titres consécutifs de championne de Maurice .

● Sacrifieriez-vous le cross pour être plus « sérieuse » en triathlon ?

C?est quand même un choix difficile. Déjà que je fais d?autres activités, comme la danse.

● Et s?il vous fallait choisir ?

Je choisirais le triathlon quand même.

● Qu?est-ce qui vous attire vraiment dans le triathlon ?

C?est un sport assez difficile qui n?est pas comme les autres. C?est plus la difficulté qui m?attire. Dans la vie, j?aime la difficulté.

● Triathlon, cross, etc., n?avez-vous jamais été victime de surmenage ?

Non. Je n?y pense pas.

● Est-ce qu?on vous guide ?

Mes parents m?aident beaucoup. Ils me disent ce que je dois ou ne dois pas faire au niveau des entraînements et tout le reste. D?ailleurs, il m?ont beaucoup soutenue moralement avant que je ne parte en Afrique du Sud.

Il y a aussi Kevin qui me guide. Je suis les mêmes entraînements qu?il avait faits quand il était encore à Maurice. Il y a également Rajen Rungassamy qui m?aide beaucoup.

● Avec tout ce que vous faites, quel temps accordez-vous aux études ?

Il faut savoir gérer. À chaque temps libre, par exemple, avant et après les entraînements, j?apprends. C?est une question de volonté.

● Bon nombre de sportifs n?arrivent pourtant pas à gérer?

Je pense que c?est la paresse qui s?installe.

● Que voulez-vous faire plus tard ?

Etre professeur de sport parce que j?adore le sport.

● Seriez-vous prête à sacrifier votre carrière pour cet objectif ?

S?il le faut vraiment, oui.

● Que pensez-vous du budget ?

Ben, c?est bon (Rires?)

● Il y eu une détaxation sur des articles de sport. Est-ce que cela va vous aider ?

Oui, et je pense que ça va aider tout le monde.

● Est-ce difficile, financièrement parlant, d?être une triathlète ?

Oui, parce qu?il faut avoir beaucoup de choses. Chaussures, casques, barres énergétiques, etc. Outre les équipements, il y a aussi la nutrition qu?il faut prendre en considération.

● Quel regard portez-vous sur la jeunesse mauricienne ? Pensez-vous qu?elle est en manque de repères ?

Je ne sais pas. Mais ce que je remarque beaucoup à Maurice, c?est que plus ils sont jeunes plus il y a des sportifs, mais plus ils grandissent, moins il y en a. Par exemple dans le cross, dans les petites catégories, il y a beaucoup d?athlètes et au fur et à mesure que les catégories montent, il n?y a presque personne. Je trouve ça dommage.

● Dernière question, et non des moindres, quel est votre rêve ?

D?abord, devenir une grande sportive et réussir à devenir prof, mais pas à Maurice parce qu?il n?y a pas assez de reconnaissance.

Entretien réalisé par Jason CHELLEN

Publicité