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Vijaya Teelock : A la rescousse du patrimoine

17 avril 2005, 00:00

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Historienne et chargée de cours à l?Université de Maurice, Vijaya Teelock est la présidente de l?Appravasi Ghat Trust Fund. Elle sera au c?ur de l?émission Portrait d?elle, demain lundi 18 avril à 19h20 sur la MBC2.

Elle est pour nous, la version mauricienne d?Indiana Jones, le célèbre aventurier du septième art. Sans forcer sur la comparaison, Vijaya Teelock possède la même passion, la même ténacité et la même conscience professionnelle. Ce petit bout de femme au sourire sympathique, chargée de cours en histoire à l?Université de Maurice, est également la présidente de l?Appravasi Ghat Trust Fund. Un travail à plein temps, pour lequel Vijaya Teelock se dévoue totalement. « Préserver le patrimoine, c?est préserver son identité. C?est offrir aux jeunes d?aujourd?hui et de demain, des raisons d?êtres fiers de ce qu?ils sont, de ce qu?ils sont devenus et du pays dans lequel ils vivent. »

Discrète, malgré une présence médiatique soutenue, Vijaya Teelock n?a qu?un objectif : faire de l?Appravasi Ghat, lieu du débarquement des premiers travaileurs engagés indiens chez nous, un monument historique mondial sous l?égide de l?Unesco. Sans langue de bois, elle avoue être révoltée d?apprendre que l?hôpital de Labourdonnais, le plus vieux bâtiment du pays, sera converti en magasin de luxe. « Nous n?avons pas le droit de détruire l?héritage du passé. Je pense néanmoins que les Mauriciens sont très intéressés par la préservation de notre patrimoine. Mais il y a par contre, une sorte de commercialisation du pays qui est très néfaste pour notre histoire et notre patrimoine. »

Comprendre le monde

L?Inde et l?Afrique constituent pour elle des sujets d?exploitation depuis son adolescence. Son grand-père, haut-commissaire indien nommé à Maurice dans les années 60, explique peut-être sa passion pour l?histoire. Vijaya Teelock apprend l?histoire politique de l?Inde dès son plus jeune âge et découvre l?Afrique et le Congo.

Décidée à comprendre le monde, elle apprend les relations internationales axées sur l?Afrique et songe à une carrière de journaliste. Mais le destin lui offre un poste d?historienne dans un collège du pays. Après une carrière au Mahatma Gandhi Institute, elle poursuit des études sur la période pré-abolition de l?esclavage à la Columbia University de New York avant de décrocher son doctorat à la School of Oriental and African Studies de l?Université de Londres. De retour au pays, après un séjour aux Etats-Unis, Vijaya Teelock devient chargée de cours à l?Université de Maurice.

Dans Portrait d?elle, la caméra de Ramprakash Bhantoo montrera Vijaya Teelock au c?ur de sa vie professionnelle, mais également en famille. Son quotidien avec Rashid Miraj, son époux, rencontré sur le campus de l?Université de Columbia, ses deux fils, Ihtisham et Atish. Spécialiste de l?esclavage, passionée par l?engagisme, Vijaya Teelock conjugue bonheur personnel et réussite professionnelle.

Porter un autre regard sur la femme

Quelles sont les aspirations de la femme mauricienne ? Comment conjugue-t-elle vie familiale et vie professionnelle ? Quelle employée est-elle ? Toutes ces questions sont abordées dans l?émission hebdomadaire Portrait d?elle. Conçue et réalisée par Anand Boolaky, jusqu?à ce que Ramprakash Banthoo reprenne le flambeau depuis le début de l?année, Portrait d?elle est une passerelle d?expression pour la femme.

Cette émission d?une durée de dix minutes, donne ainsi la parole aux Mauriciennes, qu?elles soient laboureur, planteur, chargée de cours, cadre, secrétaire ou enseignante. « La femme est souvent mal représentée et cela à bien des niveaux. Portrait d?elle voudrait revaloriser la femme dans tous les milieux, » explique le réalisateur.

L?émission qui se veut avant tout une incursion dans la vie de ses sujets plutôt qu?un portrait brossé pour les besoins de la caméra, est donc ouverte à toutes les femmes. « Nous avons très souvent des femmes qui se manifestent. Nous acceptons certaines et refusons d?autres qui voudraient que Portrait d?elle leur serve de plateforme de promotion. L?émission est une émission de proximité, pas de vulgarisation, » précise Ramprakash Banthoo .

Ce dernier se déplace ainsi avec un caméraman chez la personne et la filme dans son quotidien. « Parfois, certains sujets se désistent à quelques jours du tournage. Certaines femmes sont timides et appréhendent la caméra. A d?autres moments, c?est difficile pour elles de s?exprimer. Mais nous essayons du mieux que nous pouvons de les mettre à l?aise. »

Pour une émission dix minutes, sans voix-off, Ramprakash Bhantoo peut parfois ramener presque une heure de rushes. C?est dire à quel point la post-production est importante. Grâce au soutien de la direction de la MBC et à celui de Jawid Kadir, caméraman, Portrait d?elle est devenu petit à petit, un des rendez-vous phare de la MBC télé.

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