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L?appel de Grand-Baie : Un pas vers la solidarité

17 avril 2005, 00:00

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Les travaux de la deuxième réunion internationale de coordination pour la mise en place d?un système d?alerte et de réduction des effets de tsunamis dans la région de l?océan Indien ont pris fin hier.

A voir la sérénité avec laquelle Patricio Bernal, Reid Basher et Suresh Seebaluck ont présenté la Déclaration de Grand-Baie, l?on pourrait croire que tous les participants ont été unanimes sur le contenu du texte final. L?adoption du texte final de la conférence se serait faite dans la douleur. « Ce fut un accouchement diffcile », nous a déclaré un participant à cette session qui s?est déroulée à huis clos.

Rencontrant la presse juste après l?adoption du texte, Patricio Bernal, secrétaire exécutif du COI de l?UNESCO , Reid Basher, responsable du département Stratégie internationale de l?Onu pour la réduction des désastres naturels ; et, Suresh Seebaluck, du bureau du Premier ministre, se sont dit « satisfied with the outcome » des trois jours de travaux. Ils ont présenté le texte final et souligné que « ce texte est une étape importante avant la rencontre de juin à Paris ».

Patricio Bernal motive son appréciation du fait que les participants se sont mis d?accord pour que toute information sur les tsunamis soit rapidement transmise à tout le réseau d?Etats de l?océan Indien. Autre sujet de satisfaction : un système intérimaire sera vite opérationnel, avec des travaux de rehaussement et de remise aux normes des différentes stations de l?océan Indien.« Ceci interviendra autour de juin-juillet 2005, mais au plus tard décembre 2006 », explique Suresh Seebaluck.

Le COI mènera ainsi, « durant les 60 prochains jours », des missions dans une quinzaine de pays de la région pour faire une évaluation des insfrastructures existantes, des mesures prévues lors d?alertes aux tsunamis et des premiers soins. Plusieurs pays du Nord sont disposés à aider ces missions d?évaluation et d?inspection. « Nous avons besoin de fonds pour créer ce réseau d?alerte aux tsunamis dans la région » : tel était l?appel de Koïchiro Matsuura, directeur de l?Organisation des Nations unies pour l?éducation, la science et la culture (Unesco), dans son discours lu à l?ouverture de la conférence.

L?appel du N°1 de l?Unesco ne semble pas avoir été bien reçu des bailleurs de fonds. Sur les US $ 12 millions requis, seuls US $ 5 m ont été promis après la conférence de Grand-Baie, avec la Finlande offrant une quarantaine de bouées hyper-perfectionnées pour détecter les variations des marées et la hauteur des vagues ? au coût de US $ 1,4 m. Patricio Bernal avance cependant que nous ne sommes qu?au début de l?appel aux bailleurs de fonds et qu?il est sûr que « les US $ 12 m seront recueillis ».

Litige sur le site du centre regional

Dans les coulisses, certains participants avançaient qu?il « a fallu batailler ferme pour faire adopter le texte final ». Les points d?achoppement ont concerné des question « périphériques » : les enjeux économiques, le lieu du centre de coordination régionale, les aspects techniques? Questions demeurées irrésolues... « Il faut bien se rendre compte que nous sommes en pleine politique économique. Tous veulent tirer des bénéfices de tout apport financier. Ainsi, certains Etats ont fait obstacle parce qu?ils désiraient que leur matériel soit choisi », a déclaré un participant observateur attentif des négociations « informelles ».

« Les choses sont simples : Américains, Allemands, Japonais et Australiens possèdent des compétences avérées dans les équipements d?alerte aux tsunamis. Cela représente une véritable manne au niveau de la vente d?équipements, d?entretien, de pièces détachées, de formation du personnel, de suivi, de frais de consultants? L?on rentabilisera rapidement sa contribution au fonds des Nations unies», explique un interlocuteur.

Où se situera le centre régional de coordination pose également problème, plusieurs pays se disputant ce privilège. Jacques Chirac a proposé que ce centre se trouve à la Réunion, nos voisins possédant déjà, à La Fournaise, un observatoire homologué et éprouvé des séismes. Cependant, d?autres Etats s?y opposent.

Très diplomate, Patricio Bernal n?a pas caché que « certaines questions sont toujours en suspens et seront traitées en juin ». Il a souligné « l?engagement des Etats à faire en sorte qu?écoles et hôpitaux dans des endroits à risques seront renforcés ou reconstruits ». Autre question en suspens : où seront situées les bouées placées dans les profondeurs des océans et qui transmettront des données ? Cette question sera également approfondie en juin, indiquent les porte-parole de la conférence.

« Les choses vont dans la bonne direction», a affirmé Reid Basher. « Tout ne dépend maintenant que de la volonté politique. It?s like taking an insurance. L?Unesco offre aux Etats de l?océan Indien l?occasion de prendre une assurance, et cela pour pas cher? Les conséquences négatives d?un tsunami au plan économique sont connues de tous? We cannot take it lightly », a conclu Patricio Bernal.

Le modèle mauricien plebiscite

Le système d?alerte mauricien a fait l?objet de commentaires très favorables chez l?ensemble des délégations présentes à la réunion de Grand-Baie. Il faut savoir que Maurice s?est donné comme structure une National Tsunami Centre (NTC), placé sous la responsabilité du Central Cyclone and Other Natural Disasters Committee du bureau du Premier ministre. La coordination de ce centre est assurée par Sureshchandra Seeballuck, secrétaire à l?Intérieur. Selon le document présenté à Grand-Baie, trois organismes sont concernés par le système d?alerte aux tsunamis : le ministère de l?Environne-ment et la National Development Unit (NDU), les services météorologiques et l?Institut océanographique de Maurice (MOI). Le système d?alerte sera opérationnel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Se basant sur l?actuel système d?alerte cyclonique, les autorités mauriciennes proposent un calendrier pouvant permettre, dès la fin de cette année, une structure d?alerte appropriée aux tsunamis. D?abord, une carte détaillée des endroits inondables est en voie d?élaboration ? carte indiquant clairement les endroits concernés par les risques d?un raz-de-marée à 0,5 m, à 1 m, 2 m et à 5 m. Cette carte sera disponible en décembre prochain. Les autorités proposent d?adapter le système actuel d?alerte du Pacifique et de l?Agence météorologique japonaise pour le protocole mauricien d?alerte aux tsunamis ? avec l?émission des bulletins d?information, d?alerte, d?évacuation et d?évaluation. Cette partie relèverait des compétences des services météorologiques mauriciens.

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