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Le Réveil du Dodo
«J?ai fait un musée virtuel parce que c?est tout ce que l?on a permis de faire. Et encore, c?est un musée virtuel qui est sûrement plus réel que bien des musées ». Coup de gueule explosif d?Emmanuel Richon lors du lancement de son Musée du Dodo, mercredi soir, au bureau de Ledikasyon pu Travayer. Un coup de gueule nécessaire et applaudit.
Si le musée n?est qu?un site Internet ce n?est pas faute de moyens. Les documents, Richon les a, les tableaux, il peut les reproduire ou les restaurer, en sa qualité d?expert en restauration de tableaux. Mieux encore, il a l?envie et la passion qui manquent à beaucoup.
Présent dans la salle, Abdul Cader Kalla, directeur du Conseil National des Musées, justifie l?inaction par le manque cruel de moyens financiers. Encore et toujours, la culture «nationale», est le parent pauvre de la nation. Richon se révolte, «vous refusez l?aide que l?on vous offre». On le sent profondément retourné de la situation. Mauricien d?adoption, muséologue, restaurateur de tableaux, il vit pour la culture et ne supporte pas de la voir ainsi bafouée, jetée aux oubliettes. Et dans la salle, on s?interroge. Comment un musée qui mettrait en vedette notre célèbre Dodo n?a pu voir le jour ? Le dodo mondialement connu peut attirer des touristes, donc avoir des retombées commerciales, le dodo, c?est une partie de la renommée du pays. Le dodo de l?île Maurice est international. Seulement voilà. Le dodo est mort. Et comme le dodo n?a pas de religion, il n?aurait pas l?honneur d?avoir son centre culturel. «Et pas que le Dodo», poursuit Richon sur sa lancée. « J?ai dans les mains de quoi faire quatre musées. Le musée du train, le musée de l?architecture, le musée Baudelaire. Une national Art Gallery. Je restaure des tableaux». Le Mauritius Institute possède des tableaux qu?il ne peut exposer. Trop abîmés. Selon Richon, il y aurait un tableau de l?llustre Renoir caché au musée de Port-Louis.
Richesse documentaire incroyable
Des trésors cachés, comme ces 30 kg d?ossements de dodo, ou comme ce squelette unique au monde du didosorus mauritianus, un lézard géant. «Le musée est une valeur extraordinaire. Le peu que l?on a est en train de disparaître». Reste Internet. Au moins c?est libre et intouchable, pas de risque de poussières, ni de placards pour ranger l?histoire. Et ce n?est qu?un début. Pour le moment le site n?est que naissant et ne tardera pas à s?améliorer, visuellement. Il est toutefois d?une richesse documentaire incroyable.
Wahab Owadally a commenté le site internet, en critique attentionné et décrit le Musée du Dodo comme une ?uvre scientifique, pédagogique et historique. «Richon est très méticuleux, un peu grognard, mais quand li pe fer, li pe fer bien». Le site est pour l?instant très simple dans la conception. C?est une série de pages, très intéressantes, sur l?histoire du Dodo, sa découverte, ses cousins, d?où vient le nom dodo, sa physionomie? Une documentation de référence.
Très illustré, le site est facile à la lecture. On ne se lasse jamais de découvrir à chaque page, une nouvelle représentation du dodo. Les pages sont en français et en créole ? c?est d?ailleurs l?un des plus importants ouvrages scientifiques en créole.
Et le site propose également des extraits sonores, des enregistrements des textes en créole et un questionnaire pour les étudiants. Bientôt des textes en anglais. Le site sera amélioré graphiquement pour que la visite du «musée» soit plus agréable. En attendant une visite non virtuelle. Il ne manque rien pour en faire un vrai musée, public, gratuit, beau, instructif, dont on pourra être fier. Là où les touristes viendront par curiosité acheter des cartes postales, où les parents amèneront leurs enfants pour les émerveiller avec la légende du dodo?
Pour trouver le site, l?adresse est : http://www.palli.ch/~kapeskreyol/dodo/ ou plus simplement, trouvez le site grâce à une recherche sur google ou yahoo en tapant : musée dodo.
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