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Decotter s?oppose à la scission des villes soeurs

15 avril 2005, 00:00

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L?ancien secrétaire de Beau-Bassin/Rose-Hill (BBRH), Georges André Decotter, monte au créneau pour s?opposer à la motion du commissaire administratif nommé, Pavaday, réclamant que Beau-Bassin, ?la ville sous-développée et délaissée?, soit détachée de sa jumelle, Rose Hill, afin de connaître, à son tour, les joies d?un développement économique.

Decotter fait ressortir, à juste titre, à l?auteur de la motion qu?il n?a aucun mandat électoral et populaire pour proposer une motion aux conséquences aussi radicales. Il rappelle, à bon escient, quelques faits marquants des origines administratives des villes s?urs. Dès le départ, ces localités furent considérées comme deux villages jumelés, leur proximité favorisant une administration commune, promesse d?un développement plus grand et plus rapide.

Le lecteur peut aujourd?hui se demander pourquoi Quatre-Bornes a-t-elle pu échapper à cette communauté administrative. C?est oublier que, jusque dans les années 1950, des champs de cannes et autres terrains vagues, entre la jonction des rues Hugnin et Boundary et le Corps de Garde séparaient ces localités urbaines. A la rigueur, les habitants de Belle-Rose auraient pu se réclamer de l?ensemble formé par BBRH, se sentant plus proches des aménités rosehilliennes (gares routière et ferroviaire, marché municipal, poste, banques, théâtre et bibliothèque municipales) que quatrebornaises.

Rosehilliens et Beaubassinois s?opposent au départ sur la question d?une administration urbaine confiée, déjà, à des commissaires nommés, à l?instar de ceux gérant à l?époque Curepipe, ou élus, à l?image des conseillers municipaux portlouisiens. Un autre débat suscite l?intérêt public : celui du nom à donner à la nouvelle administration urbaine. Decotter raconte avec humour que ce débat tourne court après qu?Ambrose Povah, le premier président de BBRH, propose Victoria Town. Un de ses détracteurs ridiculise sa proposition en disant préférer : ?Ambrose Town?. Decotter conclut avec sagesse que Rosehilliens et Beaubassinois, même s?ils ne font pas l?unanimité, valent mieux que ?Victoriens? ou ?Ambrosiens?.

Decotter explique la dissemblance entre Rose-Hill et Beau- Bassin, en matière de développement, à une différence de mentalité. Les conditions à l?essor commercial et industriel, présentes au c?ur de Rose-Hill, buttent contre la sourde résistance que leur oppose l?élite beaubassinoise, tenant davantage à la qualité de la vie résidentielle, s?extériorisant à travers de grandes cours ombragées, élégamment fleuries, comportant belles pelouses et arbres fruitiers, les uns plus alléchants que les autres. Longtemps, les Beaubassinois se sont contentés de vivre paisiblement dans de somptueuses demeures, quitte à devoir se rendre à Rose Hill pour effectuer courses et achats.

L?on peut reprocher à Decotter de cantonner ses observations à une certaine bourgeoisie et à une classe moyenne, approuvant plus ou moins les charmes de cette coexistence résidentielle et commerciale, laissant tout de même à ceux, qui en ont les moyens, de préférer la sérénité résidentielle au dynamisme des activités économiques ou l?inverse. Pour les couches les plus défavorisées, la question peut ne pas se poser car il est difficile de deviner une possible préférence entre l?exclusion des hauts lieux résidentiels et celle des activités économiques. La question se pose d?une autre manière aujourd?hui, et déjà en 1980, car une nouvelle ville s?ur s?est créée au-delà des rues Hugnin et Boundary. Il appartient à ses habitants, peut-être même la majorité numérique de la population des basses Plaines-Wilhems, de se demander s?ils sont ou non satisfaits de la gestion administrative urbaine que peuvent leur offrir les municipalités de BBRH et des Quatre-Bornes.

La réponse officielle aux administrés, se plaignant d?une attention moindre, comptabilise les dépenses effectuées en infrastructures publiques, quartier par quartier, dans l?espoir d?établir une certaine égalité administrative entre tous. Elle ne tient pas assez compte de certaines disparités. Les besoins de nouveaux lotissements ne sont pas ceux des centres-villes. Les administrateurs urbains ne comprennent pas assez que les aspirations d?une population donnée peuvent ne pas coïncider avec les priorités décidées en hauts lieux et imposées à la masse, pouvant ne pas apprécier à leur juste valeur les dépenses publiques faites en leur nom. Et plus la superficie urbaine à gérer est grande et plus difficile devient-il d?établir une administration de proximité, d?où le décalage entre administrateurs et administrés, décalage que seuls peuvent réduire des délégués choisis par les quartiers se plaignant d?exclusion.

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