Publicité

Ramdass donne neuf jours pour ajuster les prix

15 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est le monde à l?envers ! Alors que les consommateurs se frottaient déjà les mains à l?annonce de la baisse de prix de plusieurs produits de consommation, comme annoncé dans le budget 2005-2006, il semble que les commerçants ont compris le? contraire.

?Imaginez un peu. Dans un hypermarché, dit Motee Ramdass, ministre du Commerce, qui a joué hier au gendarme, une marque de riz basmati est passée de Rs 95 à Rs 99 le sachet de 2.5 kg alors que le prix aurait dû être nettement inférieur avec la détaxation douanière de 5 % !?

Autre exemple : le coût n?a pas bougé pour un jus de fruit très prisé des écoliers, malgré l?abolition d?une taxe douanière de 10 % sur les bouteilles vides importées, de 15 % sur les bouchons et de 40 % sur les étiquettes. Le fournisseur aurait refusé de revoir ses prix arguant que les jus de fruits sont embouteillés à Maurice. Il a fallu un ultimatum du ministre pour que les prix baissent.

Après sa tournée dans plusieurs supermarchés et autres hypermarchés, le ministre se dit déçu, mais il a surtout pris la mesure de la colère des clients. Décision a donc été prise de donner neuf jours aux commerçants pour ajuster leurs prix. Mieux : ne ?croyant pas les discours et les promesses des commerçants?, le ministre compte venir de l?avant, dit-il, avec des règlements pour ?contrôler la marge des profits des importateurs? et, par la même occasion, sanctionner les arnaqueurs spécialistes des prix erronés.

A partir de ce week-end, les nouveaux prix devraient être en vigueur dans plusieurs boutiques, supermarchés et hypermarchés. L?hypermarché Shoprite, qui a reçu la visite pas tellement? désirable du ministre du Commerce, avant-hier, a accepté de baisser ses prix depuis hier par plus de 75 %. C?est du moins ce qu?affirme Fazal Ebrahim Dawood, responsable de marketing. ?Nous avons accepté de jouer le jeu malgré les droits de douane déjà payés sur plusieurs conteneurs de produits alimentaires. La balle n?est maintenant plus dans notre camp mais dans celui des fournisseurs.?

Chez Jumbo Score de Riche-Terre et Phoenix, plus de 3 500 produits de différentes gammes sont déjà à la baisse. Alain Mairaville, un des responsables, assure : ?Lors de sa visite hier après-midi à Phoenix, le ministre Ramdass a été très courtois. Nous avons joué la carte de la transparence. D?ailleurs les nouveaux prix seront affichés à l?entrée des deux hypermarchés afin de mieux guider les consommateurs.? D?ici deux mois, ajoute-t-il, les consommateurs disposeront d?une plus grande gamme de produits qui n?étaient pas jusqu?ici importés en raison des taxes douanières.

Dans un deuxième temps, le ministre Ramdass compte faire des tournées chez? chut ! Il vaut mieux garder la surprise, n?est-ce pas ? En attendant, les consommateurs qui s?estiment lésés peuvent appeler le 2087615 pour leurs doléances. D?autres lignes seront bientôt à leur disposition.

REVENDICATIONS DE LA SOA

Les boutiquiers attendent les fournisseurs

■ Les boutiquiers n?ont pas été la cible du ministre. Mais ils prennent les devants et le préviennent. ?Cela ne sert à rien de sévir car nous ne connaissons pas les prix qu?il faut pratiquer.? C?est aux fournisseurs, dit la Shop Owners Association (SOA), de les appliquer. Elle demande au ministère du Commerce d?en publier la liste.

Santosh Ramnauth, président de la SOA, a ,d?autre part, réclamé une rencontre avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, pour lui faire part de revendications dont l?extension des heures d?ouverture des boutiques qui vendent des boissons alcoolisées. La SOA souhaite que les horaires, de 16 à 19 heures, passent de 14 à 20 heures. Elle veut en savoir plus sur la mesure selon laquelle les boutiques seront autorisées à ouvrir au-delà de 19 heures. ?Nous voulons savoir la date de l?entrée en vigueur de cette mesure.?

La SOA souhaite aussi qu?on revoie les patentes des divers articles. ?Ce n?est pas possible de payer une patente pour chaque item vendu alors que nous sommes au service des clients en offrant plusieurs produits sous un même toit.?

Publicité