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Le PMSD conditionne et le MMM nationalise

14 avril 2005, 00:00

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A la veille de la rentrée parlementaire, le PMSD décide d?accorder un soutien conditionnel au gouvernement travailliste. Il veut faire entendre sa voix dans les instances décisionnaires. G. Duval soutient qu?on ne peut pas gouverner Maurice sans le PMSD. Il contrôlera de près la politique étrangère du PTr, accusé de faiblesse car il ne parvient à contrôler les propos de notre homme aux Nations Unies, Radha Ramphul.

Les conditions du PMSD concernent la mutation hors douane de M. Diljore, le successeur du contrôleur des douanes, M. Pellegrin, l?amendement de la formule du CPE de Kher Jagatsingh, l?abandon de toute politique de nationalisation, synonyme d?exode des capitaux et d?arrêt des investissements, une commission d?enquête sur la bourse volée à M. Ignace. Le mot d?ordre est : conditions non respectées, pas de vote bleu au Parlement.

Le MMM aussi tient congrès au Centre Social Marie Reine de la Paix, en ce mi-avril 1980. Bérenger fait un long exposé sur son programme gouvernemental. Il prône une nationalisation sélective. Pas question de répéter les erreurs de plusieurs pays communistes. Il ridiculise la réforme agraire d?Harish Boodhoo, en insinuant qu?elle s?est perdue quelque part dans les couloirs de? l?express. Elle pourrait même s?être muée en coopérativisation. D?autres orateurs, dont Anerood Jugnauth, accusent le secteur privé de se constituer en gouvernement parallèle.

Bérenger insiste sur l?importance du programme gouvernemental, qui permet le mieux au MMM de se distinguer des autres partis et des? journaux. Son parti préconise la création d?une State Trading Corporation, d?un National Enterprise Board et d?une Sugar Authority. Les meilleurs moyens disponibles, dit-il, pour changer le système capitaliste. Le MMM préconise une nationalisation, non en quantité, mais en qualité. Un gouvernement MMM ne pensera pas en termes de profits mais de rentabilité. Les profits disponibles seront canalisés vers des projets de développement. Le port, le transport, 20 000 arpents de cannes, cinq usines sucrières et des compagnies d?assurance seront ainsi nationalisés, en cas de victoire électorale mauve.

Le National Enterprise Board sera responsable de la promotion, de l?efficacité et de la démocratie industrielle. Il sera un outil important pour la gestion des biens gouvernementaux et pour se lancer dans des investissements rémunérateurs. Nous l?attendons toujours. On réclame une Sugar Authority depuis 1965. La loi régissant le Syndicat des Sucres ne contient que deux pages de texte, datant de 1951. Elle lui accorde toute latitude et il fait ce qu?il veut. La Sugar Authority se chargera de la vente du sucre, sans ingérence possible du secteur privé. La State Trading Corporation pourra contrôler les importations de denrées essentielles dont le riz, la farine, le ciment, le pétrole.

Kader Bhayat souligne tout ce que le consommateur doit payer en raison de l?importance des tarifs portuaires, d?assurance et de dédouanement. Ces frais peuvent représenter jusqu?à 15 % du prix de certains produits. Blyth Brothers et Rogers contrôlent 90 % des navires mouillant au Port Louis. Il allègue que l?express n?appréciera guère la nationalisation de ces agences maritimes. Tout comme le monopaul n?aime guère les monopolistes.

Entre-temps Solitude S.E. et Reufac font appel à la Cour suprême pour résister à cette nationalisation déguisée qui permet au gouvernement de s?opposer à la fermeture d?une libre entreprise se considérant non rentable. Elles font ressortir que leurs droits constitutionnels sont lésés. Leur demande de fermeture remonte à mars 1978. Leur requête est référée à la commission d?enquête Coopamah. Celle-ci soumet son rapport en janvier 1979 et approuve la demande de fermeture. Le 20 août 1979, Satcam Boolell fait savoir qu?il passe outre au rapport Coopamah. Le 27 septembre, il fournit les raisons motivant son refus. Celles-ci se déclarent insatisfaites des explications données et font appel à la Cour suprême. Celle-ci demande à Boolell, le 11 février 1980, de revoir sa position. Le 3 mars 1980, le secrétaire permanent à l?Agriculture fait savoir aux compagnies que Boolell n?est pas en mesure d?agréer à leur requête. L?intérêt public commande que cette dernière soit référée à une autre commission d?enquête. Me Doorgah Ramsewak du Parquet refuse de soutenir la position de Boolell, estimant qu?elle est trop vague.

Aujourd?hui les usines sucrières de Solitude et de Reufac ont fermé leurs portes depuis belle lurette, se sont transformées en importants complexes industriels et la Terre continue de tourner autour du Soleil en 365 jours un quart, comme si de rien n?était.

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