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?Revendeur? de services télécoms, une autre vocation pour les banques

13 avril 2005, 00:00

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?Topup? ou ?Refill? son téléphone mobile, c?est déjà dans les moeurs. Si bien que les banques explorent d?autres possibilités d?être pourvoyeur de services ?telecoms?. Dès la fin du mois, l?usager pourra acheter des unités pour recharger son compte de téléphone portable, d?internet ou de téléphonie internationale à travers les ATM, le SMS ou l?internet.

La State Bank of Mauritius (SBM) teste en effet de nouveaux services pour muscler davantage son ?Topup?. Jusqu?ici, il permettait uniquement d?acheter des unités pour le mobile à travers ses 96 ATM et le SMS. Cette innovation, introduite en en novembre 2003, a si bien été accueillie ? 350 000 transactions effectuées en une année ? que la banque voit plus grand.

Ainsi, elle a passé un accord avec le fournisseur d?accès à Internet, Network Plus, et un autre avec Mauritel (WorldCard) et IBL (Tango). Grâce au premier, l?usager, client ou non, pourra bientôt créditer son Internet prépayé. Le second lui permettra d? acheter des unités pour faire des appels à l?étranger. L?opération pourra se faire à partir des ATM de la SBM, le mobile ou le site www.topup.mu, lancé le mois dernier.

La Mauritius Commercial Bank (MCB) n?est pas en reste. Son ?refill?, introduit le 21 juin 2004, est un produit similaire à celui de son concurrent. Celui-ci est cependant uniquement accessible à travers ses 127 guichets automatiques, l?Internet Banking étant réservé à ses clients. D?ici quelques mois, la possibilité de recharger son mobile par SMS sera ajoutée aux services. Pour ?Refill?, le succès est à la clé. Environ 1 500 usagers prennent avantage de ce service par jour.

L?intérêt d?investir des dizaines de millions de roupies dans une infrastructure pour concurrencer les revendeurs de cartes téléphoniques ou autres services télécoms, c?est qu?il bénéficie aux banques, aux opérateurs et aux consommateurs.

Sans frais additionnels

?Tout nouveau service est fait pour fidéliser le client. Il y avait un besoin, et nous avons réagi à cela?, explique Clarel Louise, product coordinator de la MCB. Le client, lui, crédite son compte mobile, Internet ou de téléphonie internationale n?importe où, n?importe quand sans frais supplémentaires. Comme il s?agit de transactions financières ? débiter un compte pour en créditer un autre ? les banques ne dérogent pas à leur vocation première.

Là où elles sont gagnantes, c?est qu?en offrant ce service, elles obtiennent une commission plus qu?intéressante. La commission des revendeurs de cartes téléphoniques est de 8 à 12 %. Devenir revendeuses permet aux banques de toucher une commission supérieure à 10 % de la valeur des unités achetés. Aucune autre transaction financière de base n?est aussi juteuse.

Cette somme lui sera versée par l?opérateur qui utilise le réseau de la banque pour accéder l?usager sans pénaliser ce dernier. L?opérateur voit, quant à lui, son produit devenir encore plus accessible. ?Nos ATM sont disponibles 7/7 et 24/24. De plus, ils n?ont pas besoin d?imprimer des cartes pour fournir leur réseau de vente. Ils économisent donc sur cet aspect. En plus, c?est nous qui prenons en charge les investissements qui doivent être faits au niveau de l?équipement ?, indique Prashant Tiwari, marketing officer à la SBM.

Kenneth Yip Tong, directeur de Mauritel, explique que l?intérêt principal est d?être le plus exposé possible aux usagers. ?Nous sommes là pour exploiter toute avenue de distribution. Plus le produit est visible, mieux nous nous portons.?

Pour les banques, vendre des services de télécommunications, est un pari pour le futur. Ce n?est qu?une première étape. ?Topup a pris un envol considérable et rapide. A tel point que d?autres opérateurs nous ont approché pour prendre avantage de notre réseau?, confie Sailesh Sewpaul, team leader du projet à la SBM. ?Ce succès nous motive à aller encore plus loin.?

Mais tout cela n?est qu?un début. D?ici quelques années, il sera possible de faire ses courses au supermarché du coin, comme le font déjà les Japonais, qui payent leurs achats avec leur téléphone mobile ? Oui, dit-on et à la MCB et à la SBM. ?Ce que nous offrons déjà n?est qu?un début. D?ici la fin de l?année, la plate-forme pour payer des achats à travers le mobile sera installée, mais nous avons besoin de partenaires. S?il jouent le jeu, proposer ce mode de paiement d?ici un ou deux ans ne sera pas un problème?, prévoit Sailesh Sewpaul.

En attendant, ce que proposent les banques locales est déjà novateur comparé à ailleurs. La nomination de la SBM pour son ?Topup? au Banking Technology Award du prestigieux magazine The Banker prévu en mai est d?ailleurs une illustration de l?avancée de Maurice.

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