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En finir avec l?amateurisme mahorais
Les pêcheurs qui organisent des journées sur les îlots vont devoir s?équiper de bateaux aux normes et suivre une formation. Les autorités françaises entendent ainsi renforcer la sécurité des touristes.Mayotte dispose d?un splendide lagon à offrir à ses visiteurs.
Deux façons de naviguer cohabitent. L?une officielle consiste à s?adresser aux quelques prestataires ?classiques? qui emmènent leurs clients sur les lieux de plongée ou à la découverte des baleines. Pour eux, les normes nationales s?appliquent totalement. La deuxième méthode revient à se rapprocher des petits pêcheurs pour se faire conduire sur les îlots qui entourent la Grande Terre.
Dans le deuxième cas, la balade est organisée ?à la bonne franquette.? Une promenade pique-nique compte environ 60 euros pour six personnes. L?activité n?est pas déclarée et les consignes de sécurité sont rarement respectées. Puisque Mayotte se rapproche lentement mais sûrement du statut de département, les dérogations ont tendance à disparaître.
Les Affaires maritimes ont donc organisé l?année dernière plusieurs réunions d?information auprès des petits pêcheurs pour les inciter à légaliser leurs activités touristiques. En octobre, elles sont passées à l?action et ont saisi quatre barques à Nyambadao.
Selon Mayotte Hebdo, d?autres contrôles devraient avoir lieu bientôt, notamment dans le nord ?pour marquer les esprits.? ?Au départ, il n?y avait que deux ou trois personnes qui avaient cette activité, indique Mathieu Le Guern, chef des affaires maritimes. Mais à présent que ça se développe, que des personnes plus ou moins sérieuses s?y mettent, il vaut mieux agir avant d?avoir un accident.? Les affaires maritimes ont, en effet, déjà eu à secourir des groupes oubliés sur un îlot ou pris au piège par le mauvais temps.
<B>Investissement de 15 000 euros</B>
La mise aux normes des petits pêcheurs mahorais peut cependant s?opérer avec souplesse. Les autorités sont en effet conscientes de l?importance de cette activité. ?On ne peut pas leur demander de passer un diplôme de pilote, ce ne serait pas réaliste. Et comme leur zone de navigation est restreinte - ils vont seulement de leur village aux îlots ? on peut être plus souple?, commente Mathieu Le Guern. Des formations sont actuellement organisées dans les villages. Objectif : obtenir un diplôme national qui peut être passé uniquement à l?oral.
Mais le plus gros investissement pour se mettre aux normes concerne les bateaux. Actuellement aucune des barques utilisées pour les trajets vers les îlots n?est habilitée, selon la loi, à transporter des passagers. Les bateaux n?ont pas les bords assez élevés, ne sont pas assez stables et leur résistance n?a jamais été contrôlée.
Reste que pour proposer des embarcations répondant aux impératifs légaux, l?investissement est estimé à 15 000 euros. Peu de pêcheurs en ont les moyens aussi ont-ils sollicité les conseillers généraux pour que la Collectivité leur vienne en aide. ?Mais la question n?a pour l?instant pas été soulevée de manière officielle?, relève Mayotte Hebdo.
?Ils n?achèteront pas tous des bateaux, mais ceux qui le feront permettront de structurer l?activité touristique et de faire émerger un vrai secteur?, estime Mathieu Le Guern. Le chef des affaires maritimes dénonce aussi la légèreté de certains passagers : ?Les gens n?ont aucune conscience du danger. J?en vois souvent en mer avec des enfants qui n?ont pas de brassière de sauvetage sur le dos. Et si l?enfant tombe à l?eau ??
La découverte des îlots mahorais à bord de barques de pêche fait partie des ?must? touristiques. Mais avec quelle sécurité ?
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