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Florence Aubenas lance un appel à l?aide
Plus de sept semaines après sa disparition en Irak, la journaliste française Florence Aubenas a lancé un appel à l?aide désespéré dans un enregistrement vidéo diffusé cette semaine par des insurgés irakiens.
Le gouvernement, qui a prié l?élu de ne prendre dans l?immédiat ?aucune initiative personnelle?, a aussitôt fait savoir qu?il n?y avait toujours ?aucune revendication? ni ?aucun contact validé? avec les ravisseurs.
?Nous sommes très préoccupés par cette situation?, a déclaré le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il a confirmé que la dernière vidéo sur Aubenas était en cours d?expertise pour savoir si elle était antérieure ou postérieure à une autre vidéo remise en toute discrétion jeudi dernier à la famille de la journaliste.
Interrogé par i-télévision, le porte-parole du gouvernement n?a pas voulu dire si l?appel à Didier Julia, réputé proche de Damas, ne suggérait pas l?implication des services syriens dans cette affaire.
?Pour moi, c?est très difficile de faire le moindre commentaire sur cette question?, a dit Jean-François Copé. Les Etats-Unis et la France ont joint récemment leurs voix pour demander le retrait des services secrets et des soldats syriens du Liban.
?Mon nom est Florence Aubenas. Je suis française. Je suis journaliste et je travaille pour Libération. (...) Ma santé est très mauvaise. Je suis également très mal au plan psychologique?, déclare-t-elle dans l?enregistrement non daté rendu public mardi.
Elle est vêtue d?un pull gris et d?un pantalon noir, et apparaît très angoissée. ?Aidez-moi, c?est urgent?, ajoute-t-elle, assise devant un fond rouge foncé et fixant la caméra, les jambes ramenées sur sa poitrine.
Florence Aubenas s?adresse nommément au député de Seine-et-Marne Didier Julia : ?Je sollicite tout particulièrement l?aide du député français Didier Julia. Aidez-moi, Julia, aidez-moi. C?est urgent. Aidez-moi Julia?.
Hussein Hanoun, son accompagnateur irakien disparu avec elle, n?apparaît pas sur la vidéo. ?Nous exigeons plus que jamais du gouvernement et des pouvoirs publics qu?ils mettent tout en oeuvre pour les faire libérer au plus tôt?, a déclaré le comité de soutien à Florence et Hussein.
Jacqueline Aubenas, la mère de la journaliste, a déclaré qu?il fallait négocier et ?faire vite?, après avoir exprimé son soulagement de savoir sa fille en vie.
?Tout ceci est une marche montée vers une libération que j?espère extrêmement rapide?, a-t-elle dit sur i-télévision. Bouleversé par le traitement infligé à Florence Aubenas, Reporters sans frontières (RSF) a appelé ?solennellement? les ravisseurs à libérer la journaliste et son accompagnateur et les médias du monde entier à se mobiliser.
Deux autres journalistes français, Georges Malbrunot et Christian Chesnot, avaient été enlevés en août dernier en Irak et libérés le 21 décembre. Libération a exprimé à la fois espoir et inquiétude après la diffusion de la vidéo de Florence Aubenas.
<B>Espoir et inquietude</B>
?C?est un signe de vie, bien sûr, mais c?est ce qu?on redoutait et ce qu?on espérait aussi parce que les otages sont dans des conditions telles que ce sont des images terribles à voir?, a déclaré à Reuters François Sergent, responsable du service étranger du quotidien.
Plus de 130 étrangers ont été capturés en Irak depuis un an et demi. Outre Florence Aubenas, une journaliste italienne, Giuliana Sgrena, enlevée début février, est toujours détenue.
Pour le directeur de Libération, Serge July, l?appel à l?aide lancé par Florence Aubenas à Didier Julia et l?absence de revendication soulèvent de nombreuses interrogations. ?On peut penser que Florence ne fait pas mention librement de Didier Julia (...), dont on peut penser qu?il n?est pas l?homme le plus légitime pour intervenir?, a-t-il déclaré.
Après avoir parlé au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin au téléphone, le président du groupe UMP à l?Assemblée, Bernard Accoyer, a déclaré que le gouvernement avait invité le parlementaire à la prudence.
?Le président de la commission des Affaires étrangères, Edouard Balladur, et le gouvernement ont fait savoir à Didier Julia qu?il n?était pas souhaitable qu?il prenne une initiative personnelle, et (entendent) qu?il se tienne à la disposition du gouvernement, comme tout parlementaire?, a-t-il dit.
TRIBUNAL SPÉCIAL CHARGÉ DE JUGER SADDAM HUSSEIN
<B>Un juge abattu à Bagdad </B>
■ Des hommes armés ont abattu mardi un juge irakien travaillant pour le tribunal spécial chargé de juger l?ancien dirigeant Saddam Hussein et les principaux piliers de son régime, ont fait savoir mercredi des responsables du ministère de l?Intérieur. Baraouiz Mahmoud a été la cible de tirs mardi alors qu?il quittait son domicile, dans le quartier d?Adhamiah, à Bagdad, avec son fils, un avocat, qui a également été tué. ?Il travaillait pour le tribunal. Il était chargé de plusieurs dossiers, dont celui de Saddam (Hussein)?, a déclaré un porte-parole du ministère de l?Intérieur.
On pense qu?il s?agit du premier assassinat d?un juge du tribunal spécial irakien, même si d?autres magistrats ont été tués ces derniers mois. La veille, le tribunal avait formulé ses premières inculpations, affirmant avoir réuni suffisamment de preuves pour ouvrir le procès de cinq anciens responsables du parti Baas, dont le demi-frère de Saddam Hussein. Le tribunal spécial a été mis en place en décembre 2003 afin de juger des membres de l?ancien régime pour crimes contre l?humanité, crimes de guerre, génocide et autres exactions commises au cours des 30 années durant lesquelles le parti Baas a tenu les rênes du pouvoir en Irak.
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