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Soins dentaires : la profession se remet en question

3 mars 2005, 00:00

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Des pseudo-dentistes qui abusent encore de la crédulité de certaines familles modestes, des ?cliniques? dentaires dépourvues de normes élémentaires d?hygiène et des praticiens qui expédient des extractions sans le moindre conseil : la profession a du pain sur la planche. La Mauritius Dental Association est la première à reconnaître qu?il faut une véritable opération chirurgicale au sein du métier afin de mettre fin à des pratiques contraires à l?éthique.

Dans sa clinique à Curepipe, Randhir Buguth, dentiste formé en France et président depuis deux ans de la Mauritius Dental Association (MDA) ne cache pas sa colère. ?La majeure partie de mes confrères a fait leurs études dans des facultés européennes, mais certains continuent à traiter leurs patients comme des clients.?

Une des raisons qui fait hurler le public, c?est que la qualité des traitements varie d?un dentiste à l?autre. Et les dentistes disposent de toute la latitude de réclamer des honoraires comme bon leur semble. Aucune législation ne les oblige à respecter des tarifs fixes. ?C?est vrai que l?association fait circuler tous les trois ans une circulaire concernant les nouveaux tarifs, mais il nous est difficile de vérifier s?ils sont mis en ?uvre?, précise Randhir Buguth.

L?établissement de ces réajustements prend en compte différents facteurs, dont le coût des matériaux et matériels, la hausse de la facture salariale du personnel de la clinique, les investissements réguliers dans la rénovation de la clinique. ?Et pourtant, soutient Randhir Buguth, ces frais sont loin de refléter les honoraires que devraient réclamer les dentistes. Il faut savoir que les frais réclamés à Maurice sont loin d?être en dessous de ceux pratiqués en Europe?.

Les frais d?extraction d?une dent sont actuellement de Rs 400, mais souvent, certains dentistes négligent de conseiller le patient sur les précautions à prendre. ?Toute extraction doit faire suite à une consultation et un diagnostique?, souligne un dentiste. L?extraction doit tenir compte de trois principaux facteurs, à savoir si la dent est facturée, s?il y a abcès et de l?accessibilité à la dent. Dans d?autres cas, il incombe au dentiste de s?enquérir des maladies du patient, dont le diabète ou des problèmes de nature cardiaque, entre autres.

?Nous savons que certains praticiens négligent ces facteurs?, admet Randhir Buguth. Aujourd?hui encore, une des lacunes qui caractérisent la profession est l?absence d?un devis effectué présenté au patient après consultation et diagnostique.

Souvent, ce dernier, au terme de son traitement, se voit présenté une facture qui le laisse perplexe. Il n?a guère d?autre choix que de payer. Il est important qu?il sache quelle est la nature du traitement qu?il lui faut, ses coûts et ses chances de réussite ou d?échec.

Le dentiste doit lui mettre en présence de toutes les formes de traitement qui lui sont disponibles et de leur efficacité. ?On sait par exemple que la prothèse possède un certain nombre d?inconvénients, fait ressortir Randhir Buguth. Si le patient n?a plus de gencive, la prothèse a peu de chance de s?adapter. Même si le patient insiste pour la prothèse, c?est au dentiste d?avoir le dernier mot .?

Quelle est la fiabilité des marques de dentifrice souvent vantées par une pub tapageuse ou des brosses à dents uniquement vendues en pharmacies ? ?Une brosse a dents à Rs 10 est forcément de mauvaise qualité car elle est dure et elle ne permet pas à l?émail de régénérer. Quant aux dentifrices, elles qui ont une haute tenure en fluor sont recommandées pour les enfants et les adolescents. Pour les gencives qui saignent, on peut recourir à des pâtes qui contiennent du chlorhexidine. Ce sont là des produits vendus sur prescription et en pharmacies?, fait ressortir Randhir Buguth.

L?investissement dans l?acquisition des matériaux et matériels influe pour une bonne part sur les coûts de traitements. Les compagnies locales importent exclusivement des pays européens et même si les taxes douanières ont considérablement baissé, leurs prix restent très chers. ?Il est hors de question d?importer des pays comme la Chine ou du Pakistan ou les normes de fabrication sont peu fiables?, fait observer un dentiste.

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