Publicité
Navin Ramgoolam évoque une ?autre fraude? à la MCB
Par
Partager cet article
Navin Ramgoolam évoque une ?autre fraude? à la MCB
Navin Ramgoolam ne se contente pas de la fraude financière de centaines de millions de roupies commise à la Mauritius Commercial Bank (MCB) au préjudice du National Pensions Fund (NPF). Il allègue qu?une autre ?fraude massive?, dans laquelle serait impliqué un directeur de cette banque, n?a pas été révélée.
C?était lors de la Private Notice Question (PNQ) à l?Assemblée nationale, hier. Si cette allégation est avérée, le scandale porterait sur plus de Rs 1,5 milliard et concernerait les comptes de seize clients de la banque. Le chef du gouvernement, Paul Bérenger, est catégorique : il n?y a eu aucune autre plainte pour vol ou transaction frauduleuse à la police, sauf l?affaire MCB-NPF.
La ?fraude massive? évoquée par Navin Ramgoolam a été citée par les experts légistes du cabinet singapourien N?Tan Corporate Advisory. La Banque de Maurice leur avait commandité un rapport sur la fraude de Rs 881,5 millions perpétrée à la MCB. Selon Navin Ramgoolam, le chiffre ?exact? de l?autre ?fraude massive? est de Rs 1 516 480 810.
Fraude massive non declare
Navin Ramgoolam a beaucoup insisté à propos des autres ?transactions frauduleuses?. Paul Bérenger n?a eu qu?une seule réponse : les dispositions du Banking Act et du Bank of Mauritius Act imposent la confidentialité de ce rapport. ?I stand by the law?, répète-t-il.
Le leader de l?opposition veut surtout savoir si le Premier ministre et la Banque de Maurice étaient au courant de la nouvelle ?fraude massive?. Paul Bérenger répond que les conclusions de l?enquête commanditée par la Banque centrale sont le ?private property? de cette banque. ?In this case, I consider myself too a member of the public. I have not seen and I have not tried to see this report?, dit-il.
Navin Ramgoolam ne s?avoue pas vaincu et lance, sarcastique : ?Il n?y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.? Des cris de ?cover up? fusent des bancs de l?opposition. Paul Bérenger persiste : il n?y a pas eu ?cover up?, dans aucun cas. Mais, pour Navin Ramgoolam, le fait même que l?autre ?fraude massive? n?ait pas été rapportée à la police démontre qu?il y a eu ?bel et bien cover-up?. Le leader de l?opposition veut citer des extraits du rapport publiés dans la presse. Le speaker impose son veto à la suite d?un point of order de Paul Bérenger. ?Si ce rapport ne peut être rendu public, ce n?est pas approprié qu?on en parle de tout autre façon.? L?allusion à certains ?chèques? publiés dans la presse, relatifs à la ?fraude massive? alléguée par Ramgoolam, ne sera pas autorisée non plus.
Malgré les déclarations répétées de Paul Bérenger sur la nature confidentielle du rapport, Navin Ramgoolam insiste pour un engagement du Premier ministre pour en obtenir une copie. Réponse négative de Paul Bérenger car ?il n?a lui-même pas accès à ce rapport?. Ce qui amène le leader de l?opposition à considérer Paul Bérenger d?être ?guilty of conspiracy in the cover-up?. Dans sa réplique, le Premier ministre renvoie Navin Ramgoolam au communiqué du 26 mars 2004 de la Banque de Maurice. Il y est dit que les singapouriens ont conclu que la MCB devra revoir la concentration de pouvoirs accordés à son personnel, qu?elle doit prendre des dispositions pour consolider ses systèmes de vérification interne.
Le Premier ministre a invité le leader de l?opposition à porter plainte à la police s?il est au courant de telles transactions. Lui, il continue à affirmer qu?il n?y a ?no single case of loss or theft reported to the police?, et insiste que ?I am not aware and am not entitled to know?. Navin Ramgoolam persévère et exige, au nom de la transparence, la vérité à propos des Rs 1,5 milliard. Le leitmotiv de Paul Bérenger revient toujours : ?I stand by the legal advice that the Ntan report is to be kept confidential. The Bank of Mauritius did what it thinks fit to do.?
?LANDLORD AND TENANT ACT?
Le loyer des commerçants fait monter la tension
Du pain béni pour l?opposition. Amender le Landlord & Tenant Act, permettant la hausse du loyer des emplacements commerciaux à quelques mois des élections, l?opposition n?en demandait pas tant. L?occasion était donc rêvée de se montrer sensible à la cause des petits et moyens commerçants, ?grandes victimes des amendements?.
Le député Arvin Boolell résume la position. ?Les commerçants souffriront au détriment des spéculateurs fonciers. Après les hausses de l?électricité, des taxes ou de l?eau, un nouveau fardeau est mis sur leurs épaules. Il y a un risque de pertes d?emploi et de fermeture de commerces.?
Le ministre du Logement et des Terres, Joe Lesjongard, qui présentait les amendements, tient un tout autre discours. Si ces amendements sont présentés, c?est bien parce que l?ancien gouvernement n?a pu faire son travail correctement. Il rappelle qu?en 1999, le gouvernement travailliste remplaça le Landlord & Tenant Act original qui datait de 1960 par une autre loi. La version de 1960 gelait le loyer des emplacements commerciaux à Rs 3 le pied carré. Dans le passé, le Joint Economic Council s?était élevé à plusieurs reprises contre cet état de faits. La version 1999 devait le corriger mais ?les outils utilisés pour redresser ces torts étaient tellement inefficaces qu?ils n?ont pas apporté des changements majeurs sur ses six dernières années.? Conséquence, selon le ministre, des multiples incohérences et distorsions grandissantes au niveau des loyers des emplacements commerciaux.
Les orateurs de la majorité soulignent le double objectif de la loi : des investissements massifs dans des locaux modernes et l?élimination de ces bâtiments horribles et dangereux du paysage. Une formule établie fera augmenter les loyers. En sus du moratoire de sept ans, les hausses ne pourront dépasser 15 % par an durant cette période. Ce seront les principaux points du discours d?Anil Gayan. En 2012, le gouvernement se désengagera complètement de la gestion des loyers des bâtiments commerciaux.
Le Premier ministre affirme, lui, que toutes les protections sont là pour les petites et moyennes entreprises. Non seulement elles jouissent de manière générale d?une très bonne santé, mais elles ne seront pas affectées outre-mesure par ces amendements, répond Paul Bérenger à Arvin Boolell qui affirme que cette législation vient à un moment où le commerce se porte mal.
Argument ?dégoûtant?
?L?hystérie de Madun Dulloo?, met Paul Bérenger hors de lui. Alors que le député de l?opposition soutient que les amendements sont apportés dans le but de plaire au grand capital et dans l?empressement. ?Cette loi est sur l?agenda depuis des mois et tout le monde a été impliqué dans les discussions. Rien n?a été fait derrière le dos de qui que ce soit?, déclare le Premier ministre.
Sylvio Michel, député d?OF/Les Verts, attaque sur un autre front. ?Au lieu de se pencher sur les cas des 20 000 demandeurs de maison, le gouvernement se penche sur les problèmes du secteur privé.?
Son argument est traité de ?dégoûtant? par le chef du gouvernement qui soutient qu?aucun autre gouvernement n?a fait autant pour les économiquement faibles. Les amendements sont passés en seconde lecture et n?ont pas encore été adoptés.
Publicité
Publicité
Les plus récents