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La cavalerie se conjugue

19 novembre 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après le succès de La Grammaire est une Chanson Douce, l?Académicien français Erik Orsenna nous propose la suite des aventures de Jeanne et Thomas dans Les Chevaliers du Subjonctif, édité chez Stock. L?histoire propulse une nouvelle fois le lecteur au pays de la langue française dans toute sa richesse. Vocabulaire, grammaire et maintenant conjugaison, les matières d?école prennent vie sous la plume d?Orsenna et deviennent, soudain, moins compliquées et ennuyeuses à apprendre.

On les suit sans broncher les jeunes et curieux personnages, d?îles en îles, de d?impératif en indicatifs. Les peuples qui vivent sous ces latitudes fantastiques sont des mots, des verbes, des terminaisons, que Jeanne nous fait découvrir.On se lance avec elle à la poursuite du Subjonctif, à la poursuite du rêve que le méchant Nécrole veut faire supprimer.

Le démarrage n?est pas facile, un peu lent, sans direction précise. Mais une fois le voyage commencé, on se laisse emmener à voler au dessus des îles conjuguées.

Jeanne et son ami le cartographe partent aussi chercher Tom, le frère rêveur de Jeanne, enlevé par les Subjonctifs. Qui sont-ils ? Des chevaliers révolutionnaires. Car le subjonctif est l?univers du possible, du rêve réalisable.Ponctué de jolies illustrations, on retrouve avec plaisir l?univers poétique de La Grammaire est une chanson douce. De jolis jeux de mots, expressions, «immortelle ne veut pas dire éternelle», finissent de parachever une lecture déjà agréable.

Le texte peut paraître enfantin mais se laisse découvrir par un large public. Le ton y est léger comme un planeur surfant sur les courants d?air.Les Chevaliers du Subjonctif, d?Erik Orsenna, Stock, est disponible chez Agora Jumbo Riche Terre, Rs 563.Egalement disponible, en format poche, La Grammaire est une Chanson Douce, Rs 164.

LIVRE DE CHEVET

<B>Shirin Aumeeruddy-Cziffra choisit Khalill Gibran</B>

Découvrez, tous les samedis, les livres de chevet de différentes personnalités mauriciennes ou étrangères. Cette semaine, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson pour les enfants.

«Il est difficile de recommander un livre parmi ceux qu'on a lus pendant plus d'un demi-siècle. J'ai choisi Le prophète, de Khalill Gibran. Ce choix mérite une explication. C'est le genre de livre qu'on peut mettre dans un tiroir de sa table de chevet pour le retirer de temps en temps et le relire à petites doses. Il est court, mais il contient une somme incroyable d'idées sur l'être humain, ses émotions, ses passions mais aussi sur la vie elle-même et la mort. Gibran m'intéresse parce qu'il est Oriental (Libanais), mais a été confronté à l'Occident. Il vient de ce carrefour entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe, un peu comme nous à Maurice. Il a aussi beaucoup vécu aux Etats-Unis, où Le Prophète a été publié en 1923. Ce qui est important à mes yeux, c'est aussi qu'il condamne l'intolérance et l'obscurantisme. Comme il a grandi dans ce bassin méditerranéen ensanglanté par des peuples issus d'une même culture et d'un même tronc religieux, on apprécie cela encore plus. Quand il parle du travail, il dit que c'est «l'amour rendu visible». Au sujet de la liberté, il dit «Libres, vous le serez seulement lorsque le désir même de chercher la liberté sera devenu pour vous un harnais, et lorsque vous cesserez de parler de liberté comme d'un but et d'un accomplissement...» Et bien sûr, cette pensée si connue : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du Désir de vie en lui-même. Ils viennent par vous et non de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ce n'est pas à vous qu'ils appartiennent.»

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