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Les Ilois contestent la procuration Sheridan

10 novembre 2004, 20:00

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Un comité, nommé par une assemblée d’Ilois, compte réclamer l’invalidation de la procuration accordée à l’avocat anglais Bernard Sheridan, bien qu’elle ait reçu l’aval de 800 d’entre eux. Il demande à Londres d’envisager une compensation aux Chagossiens qui ne serait pas liée à l’engagement de ne jamais réclamer le droit de retour dans leurs îles natales. M. Elie Michel explique qu’un grand nombre d’Ilois ont signé la procuration Sheridan sans savoir à quoi ils s’engageaient exactement. Il déplore que Me Sheridan ait contacté individuellement les Ilois sans consulter au préalable le comité représentant la communauté îloise. Il est question d’une renonciation définitive du retour aux Chagos contre une compensation individuelle de Rs 7 000. M. Michel qualifie cela d’exploitation de personnes déracinées. Il allègue que Seewoosagur Ramgoolam est au courant des agissements de Me Sheridan.

Restons dans le domaine des îles avec une requête de la Inter Islands Shipping Co Ltd. Elle réclame la réouverture de la rade de Mahébourg pour assurer la liaison maritime Maurice-Rodrigues. Cette réouverture donnera de l’emploi aux Mahébourgeois. Elle aidera les petites compagnies maritimes en difficulté. Parmi les autres demandes :- 1. autorisation aux navires de moins de 300 tonnes d’employer sa propre main d’œuvre à leur chargement et débarquement. 2. une taxe portuaire réduite pour les navires mauriciens ainsi que pour les navires étrangers affrétés par des Mauriciens. 3. la garantie que les compagnies de stevedores chargent ou débarquent 250 tonnes par jour sans recours aux heures supplémentaires. Si ces requêtes sont acceptées, les marchandises pourraient se vendre à Rodrigues aux prix en vigueur à Maurice.

La demande de réouverture du port de Mahébourg nous ramène à la marine à voile qui fut néfaste à ce Grand-Port où l’on pénètre si facilement mais qui exige une accalmie des alizés pour en sortir. C’est pour cette raison que Pierre André Suffren de Saint-Tropez, dit le bailli, fit une entrée majestueuse, non pas au Grand-Port, mais à Port-Louis, entrée triomphale que raconte, entre autres, l’avocat-historien Me Raymond d’Unienville, dans sa réédition de Hier Suffren. Cet auteur fut aussi politicien sous les ordres de Jules Koenig qui a les honneurs d’une biographie, grâce au zèle et au dévouement de son neveu Antoine Koenig. Une vie pour la justice est le titre de cette publication quasi-filiale. Dev Virahsawmy fait, lui , paraître Li aux Editions Les Chemins de la Liberté.

Les faits divers de cette mi-novembre 1979 ne manquent pas de pittoresque. On y trouve, par exemple, une requête de Vishnu Ch… demandant l’autorisation de se “brûler vif ” afin de pouvoir faire un miracle. Cet ajusteur-mécanicien de Riche-en-Eau, habitant Petit Bel Air, Grand-Port, cet adepte du yoga affirme posséder le troisième œil et être en contact avec un gourou invisible. Il peut lire dans la pensée d’autrui, le 3e œil aidant, bien sûr. Il se vante de prouesses surnaturelles mais réalisées sans témoins, tel un séjour de deux heures dans un aquarium où il s’est senti aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau. Il a déjà sollicité mais en vain l’autorisation d’être enterré vivant, toujours dans le but d’accomplir des miracles. Il ne comprend pas, malgré l’aide de son troisième œil, la non-réponse des autorités à ses requêtes d’autant plus qu’il s’engage à ne loger aucune réclamation en cas d’échec.Bénédict Polimont, condamné à mort pour, entre autres, vampirisme, reçoit à l’hôpital les transfusions sanguines que nécessite un état de santé donnant des signes d’inquiétude.

Terminons par ce démenti aux pessimistes et aux esprits chagrins, convaincus que tout se dégrade à Maurice. En 1979, un bureau régional d’état-civil est un endroit dégoutant au point qu’une Allemande renonce à se marier civilement dans un endroit aussi dirty. Elle se dit allergique à ce décor, fait de table branlante recouverte de formica tailladé, de chaises boiteuses et dépaillées, de plancher crasseux recouvert de mégots, de papier d’emballage de dholl puree, de murs décorés de toiles d’araignée. Aujourd’hui, les conjoints étrangers se marient à l’état-civil, dans un bureau des mariages Trois-Etoiles et n’ont nul besoin de dire à leur arrivée : “You could have prepared this office before our arrival !”

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