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IBL adopte Agalega
Le groupe IBL passe à la vitesse supérieure pour son projet hôtelier à Agalega. Avec notamment l?achat d?un avion et la préparation d?un plan social pour les habitants de cette île : IBL est prêt à l?adopter?
Dès 2005, Agalega devrait bénéficier d?une liaison aérienne régulière au moyen du Beechcraft que le groupe IBL vient d?acquérir. Cet avion transportera les touristes en quête de dépaysement vers des chalets de luxe (entre 15 et 25) que le groupe aménagera sur l?île du Nord. L?appareil de 14 places, livré en janvier , devrait aussi permettre d?accélérer le processus d?implantation hôtelière et de désenclaver Agalega (le principal navire ravitailleur, le Mauritius Pride, ne s?y rend que deux fois par an).
Mais ce projet reste sujet à certaines conditions : d?abord, que la petite piste d?atterrissage, endommagée depuis quelques mois, soit réparée. Dans l?immédiat, elle ne peut accueillir que les vols d?urgence. Puis, que le groupe IBL respecte les centaines de conditions de l?aviation civile pour la création de la première ligne aérienne intérieure privée. L?implantation hôtelière, sur 25 arpents, devrait démarrer dès que le bail est signé, vraisemblablement en janvier. Dès lors, l?hôtel devrait être prêt dans un an.
Une marina sera disponible pour les bateaux de pêche au gros. Le complexe sera doté de groupes électrogènes, d?une station de dessalement de l?eau, d?une station d?épuration et d?un incinérateur. ?Les gens cherchent le dépaysement, la tranquillité, mais ils auront aussi droit à un confort quatre-étoiles?, confie Daniel Giorno, directeur du projet chez IBL. Il a travaillé à Desroches, un îlot des Seychelles entièrement dédié au tourisme.
Les Agaléens, quant à eux, bénéficieront des excédents en eau, en électricité, en stockage de froid et en télécommunication. Mais, pour IBL, la création d?emplois pour la population locale (250 habitants), fait partie intégrante du projet. Le groupe a donc décidé d?intensifier son programme social pour Agalega. ?Car, sans la participation de la population, le projet touristique n?a pas de sens?, insiste Daniel Giorno. Les Agaléens devraient être employés dans la construction ou dans les petits métiers de l?hôtellerie.
Mais seront-ils prêts à franchir le pas ? Pour le savoir, IBL a dépêché un expert pour effectuer une étude sociologique dans l?île. Après dix-huit jours passés à Agalega, Laurent Dubourg, consultant auprès du groupe, conclut que les habitants ont un niveau de vie convenable, mais qu?ils souffrent de leur situation de dépendance envers l?administration de l?île. L?alcoolisme est également un problème majeur.
?Passé les premiers émerveillements, le climat peut devenir pesant?, craint Laurent Dubourg. Il a soumis plusieurs recommandations pour accélérer l?intégration sociale des Agaléens. ?Au départ, il y avait un rejet du projet hôtelier. Mais aujourd?hui il existe de réelles attentes, car les habitants veulent être employables par l?hôtel?, dit-il. Son rapport propose, notamment, la création d?un programme de soutien à l?autosuffisance alimentaire et un plan de lutte contre l?alcoolisme. Dans un autre ordre d?idée, il préconise un état des lieux environnemental (terrestre et marin), et s?inquiète de la dégradation de l?île transformée en dépotoir en certains endroits. D?autre part, IBL apporte aussi son soutien à la communauté agaléenne de Maurice. ?Nous avons vraiment adopté Agalega?, résume M. Giorno.
IBL est dans les starting-blocks? Le projet du groupe prévoit qu?un maximum de 50 touristes seront sur l?île en même temps. La clientèle internationale visée sera amateur de pêche au gros et férue de nature. L?environnement d?Agalega, tant physique que social, devra donc être à la hauteur des attentes de cette clientèle.
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