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Stephan Ravaton
Stephan Ravaton, 24 ans, jeune raggaman, fait un tabac à Maurice. Il se produit à l?occasion des concerts Ragga Konexxion, en compagnie de beaucoup d?autres artistes. Il est le digne descendant de ses maîtres, gurus et grands frères, Ottentik Street Brothers.
Son nom de scène Lion Kklash, avec deux «K», parce que «le lion li la pou Klash dans Babylone», dit-il en bougeant les mains de façon saccadée. Vêtements de sports, bonnet sur la tête qu?il bouge en rythme et en souriant. Il est le jeune raggaman type. Mais son parcours est singulier.
C?est Bruno Raya, le leader du groupe OSB et précurseur de la musique ragga à Maurice qui le découvre, il y a six ans. «Se enn circonstans bizar. Mo ti pé boire divan la gare Rose-Hill ek enn group zen. Bruno inn trouv moi la, inn coz serye ek inn invite moi kot li ». Stephan Ravaton découvre peu à peu les coulisses du groupe. La musique lui plaisait déjà beaucoup. Il aimait le style, le rythme et de temps à autre, s?amusait avec des amis à improviser des imitations d?OSB.
La rencontre avec le groupe le change. «Kouma Bruno ti dir, ek dir enkor, li vinn ler pou revey. Alor monn mett sérié». Il intègre le groupe comme danseur, pendant trois ans, tout en nourrissant le désir de chanter à son tour, de s?exprimer avec ses mots à lui. Il fonde avec son camarade Panik, le groupe 102 Rebellion. Mais au bout d?un moment, les deux amis ne trouvent plus le temps de répéter, «alors saken fer so sime.» Il était déjà sérieusement atteint du virus ragga et ne pouvait faire autrement.
Lorsque OSB préparait sa compilation Nu Klan, Lion Kklash a demandé timidement à Bruno Raya de lui laisser participer. On imagine tout à fait le tout jeune homme d?alors, tout souriant. L?étape à franchir est conséquente, mais réussie. OSB est même impressionné par ce petit gars qui danse et chante. Il est imprégné par le style ragga, qu?il vit au quotidien comme s?il menait un combat. Car c?est ce que la musique représente à ses yeux.
Lion Kklash veut dire, décrire à son tour ce qu?il voit, ce qu?il ne comprend pas, ce qui ne va pas dans la société. Il veut parler des problèmes de son monde. «Il y a des problèmes partout. En bas de chez moi, y?a des problèmes, la drogue, la prostitution?.»
Lui qui a réussi à percer, voudrait témoigner de son expérience pour que d?autres jeunes s?extirpent de la rue dans laquelle ils sont jetés. Il fait ses textes, comme un grand, dans son coin, puis les donne à Bruno Raya qui les corrige et les retravaille pour les besoins de la musique.
Il est impressionné par la structure mise en place par OSB depuis ces douze dernières années. «C?est pas que des Yo yo yo. Il y a toute une structure à respecter.» Il apprend encore et toujours, se perfectionne, en attendant son heure. Il participe à de nombreuses compilations de ragga et à de grands concerts réunissant les groupes phares de la scène locale, comme d?autres jeunes de son âge qui se lancent dans la musique. La scène lui donne confiance. «Premié fois, accueil ti extra. Mo ti gagne trac. Bruno inn annonce mwa, inn dir prend compte sa ti zen la. Ler monn monte lor la scène, trac la inn disparèt».
Lorsqu?il raconte cette histoire, l?on sent la gratitude et l?admiration qu?il a pour les plus anciens, tels Bruno ou Dagger, «des modèles à suivre». Lion Kklash se réjouit de la vie qu?il mène. Il peut réaliser son rêve, faire de sa passion un véritable métier, qui un jour portera ses fruits.
Quand l?heure viendra, Lion Kklash se produira en solo, sortira son propre album. Il veut prendre son temps et réaliser quelque chose de bien. «Mo éna la foi !», conclut-il confiant.
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