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Un coup d’Etat néfaste à un citoyen d’honneur de P. Louis

21 septembre 2004, 20:00

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David Decko se permet, dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979, de renverser son oncle citoyen d’honneur de la Cité de Port-Louis et empereur du Centre-Afrique. Le coup d’Etat se déroule dans le calme. Sydney Moutia, secrétaire général de l’OCAM, fait savoir que les Mauriciens en poste à Bangui sont sains et saufs. Le neveu Decko présente la destitution de son oncle comme la fin d’un régime détesté du peuple centrafricain. Il s’agit, selon lui, d’un juste retour des choses puisque Tonton Jean Bedel a pris sa place en 1966, tout en lui offrant un emploi de conseiller. Le neveu estime que l’oncle a ramené le Centre-Afrique cent ans en arrière. Avant son couronnement impérial et en tant que président de la République centrafricaine, Jean Bedel a participé au sommet de l’OCAM, en avril-mai 1973, au théâtre de Port-Louis. C’est à cette occasion que le lord-maire Gaëtan Duval l’élève à la dignité de citoyen d’honneur de la Cité de Port-Louis.

Citoyen d’horreur, devrait-on dire, après que Jean Bedel eut été reconnu coupable de complicité dans le massacre d’écoliers centrafricains en avril 1979 et que des soupçons d’anthropophagie pèsent sur lui. Les successeurs de Jean Bedel et de David Decko à la tête du Centre-Afrique sont successivement André Kolingba (1er septembre 1981), Ange-Félix Patassé (19.9.1993) et François Bozizé (15 mars 2003). Des élections générales sont prévues pour la fin de 2004. Elles pourraient opposer les partisans de Bozizé et de Kolingba.

Revenons dans la région indocéanique où Seewoosagur Ramgoolam laisse ses lieutenants broder sur le thème suivant : “Les grèves d’août et la mutinerie à la prison de Beau-Bassin font partie d’un complot visant à renverser les présents locataires de l’Hôtel du Gouvernement”. Il y ajoute son grain de sel en manifestant ses craintes à l’égard de la “création d’une marine régionale progressiste”. Il aurait mis Paris au parfum de ses peurs. Il fait peut-être référence à l’annonce récente de la formation d’une marine militaire conjointe, comprenant des forces navales mozambicaines, malgaches, seychelloises et… nord-coréennes. Ces pays dits “progressistes” se disent menacés par des forces impérialistes occidentales ou encore par des risques de commandos de mercenaires. Ils mettent en avant un coup d’Etat manqué aux Seychelles, la chute d’Ali Soilih aux Comores provoquée par Bob Denard, les activités de la CIA et du BOSS d’Afrique du Sud dans la région. Aucune appréhension liée à une possible dévaluation de la roupie mauricienne ne hante cependant les cauchemars ramgoolamiens. On détourne l’attention comme on peut.

La mutinerie des prisonniers de Beau-Bassin connaît un nouvel épisode. S.H. le magistrat Namdharkhan du tribunal de Rose-Hill ordonne l’exhumation et une nouvelle autopsie de Louis Serge Victorine, découvert mort dans sa cellule, le 5 septembre 1979. Cet ancien maçon, âgé de 27 ans, profite de la mutinerie pour prendre la clef des champs. La police le rattrape quelques jours plus tard chez un habitant de Petite Rivière qui l’héberge. Une première autopsie attribue son décès à une overdose. Sa mère, Simone Vellin, l’habitant de Petite Rivière, Bertrand Ventre, le journaliste Daniel Appave et le Dr Ram Seegobin signent un affidavit, affirmant avoir décelé sur son corps des traces de blessures infligées par un objet contondant. L’exhumation de la dépouille a lieu au cimetière Saint-Martin le mardi 25 septembre. Le Dr A.K. Mohungroo procède ensuite à l’autopsie à l’hôpital Victoria, Candos.

On ne finit pas de parler des détenus en cavale. Les évadés Mathurin et François sont arrêtés à Grand-Gaube après une chasse à l’homme épique. Ils prennent place à bord d’une Toyota de couleur jaune volée à un Vacoassien. Ils sont à Riche-Terre le 21 septembre à 7 heures quand ils aperçoivent une voiture patrouilleuse de la police. Ils veulent faire demi-tour mais leur véhicule heurte et renverse une charrette de cannes. La police fait usage d’armes à feu et blesse l’un d’entre eux. Ils volent successivement deux bicyclettes et une mobylette mais sont renversés par une voiture-taxi et arrêtés par des policiers venus en renfort. Ces derniers ont fort à faire pour empêcher des villageois de lyncher nos deux fuyards.

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