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Le sergent Mardi nie faire partie d?un complot

20 septembre 2004, 20:00

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Les raisons ayant poussé Nadine Chaton à ?inventer? le déroulement du meurtre de Nadine Dantier restent toujours obscures pour les enquêteurs. L?interrogatoire, hier, du sergent Louis James Mardi ne les a pas aidés à confirmer la thèse du complot. Contrairement à son ancienne compagne, il est resté constant dans ses dires. Il maintient n?avoir jamais demandé à Nadine Chaton de mentir pour incriminer Jean-Yvon Dantier, comme elle le prétend. Elle lui avait bien affirmé avoir été témoin de la scène.

Cet interrogatoire a également servi à la police à faire la lumière sur la nature des relations entre le sergent et Gino Troubat, père biologique de la victime. Il a été par la suite convoqué aux Casernes afin de confirmer certains propos de James Mardi. Les enquêteurs procéderont à d?autres vérifications sur le terrain avant de convoquer des personnes appartenant au ?cercle? de Nadine Dantier aux fins d?interrogatoire.

Provisoirement accusé de complot et de faux témoignage visant à entraver l?enquête dans l?assassinat de Nadine Dantier, le sergent Mardi a maintenu l?intégralité de sa version initiale. Il était interrogé, en présence de son avocat, Me Jim Seetaram, par l?assistant commissaire de police Pritamsing Jahaweer et l?assistant surintendant de police Heman Jangi du Central Criminal Investigation Department (C CID).

Selon cette version, Nadine Chaton lui avait confié avoir été présente sur le terrain vague où a été tuée la jeune fille le jour du drame. Après avoir entendu son témoignage dans lequel elle identifie des prétendus suspects, dont Marcellin Azie et Jean-Yvon Dantier, il aurait convaincu Nadine Chaton de tout avouer à la police. Puis, il se serait confié à son chef hiérarchique, l?assistant commissaire de police et responsable de l?Adsu, Ramparsad Sooroojbally. A aucun moment, a t-il affirmé aux enquêteurs, Nadine Chaton ne lui aurait parlé d?un rêve. Louis James Mardi a également nié les propos que lui attribue le ?témoin? Nadine Chaton : ?Bizin lak boper la. ?

<B>?Monn fer mo devoir?</B>

Le sergent de l?Adsu a par ailleurs été confronté à certains éléments obtenus par les enquêteurs, notamment les raisons du contact établi avec Gino Troubat. C?est après avoir entendu les confidences de Nadine Chaton qu?il a cherché à parler au père de la victime, a-t-il déclaré. Gino Troubat, convoqué lui aussi aux Casernes centrales hier après-midi, a confirmé avoir eu une conversation avec le sergent Mardi.

Selon ses dires, ce dernier lui aurait demandé s?il avait des doutes sur l?identité des gens mêlés à cette affaire mais il aurait répondu par la négative. Louis James Mardi aurait également tenté d?entrer en contact avec le petit ami de la victime, mais en vain. Ces démarches, a t-il expliqué, visaient à corroborer certains aspects du récit de Nadine Chaton avant d?en parler à ses supérieurs. Il s?est, une fois de plus, dit persuadé d?avoir fait son travail de policier en convainquant Nadine Chaton de venir témoigner. ?Monn fer mo devoir,? a t-il déclaré.

C?est peu avant 14 heures que son interrogatoire a pris fin. Vêtu d?un pantalon noir et d?un polo blanc, il s?est dirigé, escorté par deux policiers, vers une voiture banalisée de la police. Jean-Yvon Dantier, présent sur les lieux en compagnie de son épouse Caroline, a pris l?initiative de demander aux policiers de ne pas dissimuler son visage, ce qu?ils ont fait. ?Je veux voir le visage de la lâcheté?, a-t-il lancé aux membres de la presse présents. Le sergent Mardi a été reconduit en cellule policière.

Un peu plus tôt, vers 13 h 30, c?était Caroline Dantier qui quittait le quartier général du C CID après trois heures d?entrevue avec les enquêteurs. Elle avait souhaité être tenue au courant du déroulement de l?enquête policière sur l?assassinat perpétué le 25 juin 2003 sur sa fille de 20 ans. ?J?ai fait mon devoir d?épouse, de mère et de citoyenne ?, a-t-elle déclaré en sortant. Son époux attendait, pendant ce temps, dans l?enceinte des Casernes centrales.

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