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Ils veulent récupérer ce qui leur a appartenu

7 septembre 2004, 20:00

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Dettes, arrérages, maladie? La liste des problèmes évoqués par les victimes de la vente à la barre est longue mais Sir Victor Glover, président de la commission d?enquête sur cette pratique, les écoute inlassablement. Hier encore, 11 victimes ont déposé. Elles ont tout perdu et ont relaté leur histoire, mettant en lumière la détresse humaine qui se cache sous les problèmes d?ordre financier.

Clifford Malepa, un habitant de Rose-Hill, contracte, en juin 1995, un emprunt de Rs 540 000 auprès de la Sicom. Il comptait ainsi, explique-t-il au président de la commission, rembourser les dettes de son père décédé. ?J?ai commencé à rembourser et ce n?est que deux ans plus tard qu?ils m?ont demandé les arrérages.? N?étant pas en mesure de tout rembourser, il assiste, impuissant, à la saisie et à la mise en vente de sa maison. ?Nous sommes partis voir la Sicom et lui avons proposé Rs 800 000 pour pouvoir récupérer notre maison, vu que priorité est donnée aux propriétaires.? Mais ses démarches restent vaines. Sa maison, située à Rose-Hill, sera finalement vendue pour Rs 500 000.

Clifford Malepa avoue ne pas comprendre pourquoi on lui a refusé de racheter sa maison alors qu?il proposait un prix plus élevé. Celle-ci est détruite deux mois plus tard par le nouvel acquéreur. ?Li pa normal, zot ti bizin donn nou priorite pou aste nou lakaz.?

C?est en voulant régler les dettes de ses parents que Ravindra Narain Guttee a perdu presque la totalité de ses biens. Cet habitant de Brisée-Verdière a contracté, en 1990, deux emprunts de Rs 300 000 et de Rs 450 000 respectivement auprès de la MCCB. Il explique avoir commencé à rembourser mais la banque a été placée en liquidation. ?La banque m?a réclamé le remboursement de Rs 3,8 millions.?

Surpris, Ravindra Narain Guttee tente de contester ce chiffre en Cour suprême. Sa démarche n?aboutit pas : sa maison est saisie peu après. Il décide alors de vendre trois portions de terre agricole et une maison lui appartenant. Il parvient ainsi à rassembler Rs 1,4 million mais la somme est insuffisante pour régler son problème. Sa maison de six pièces, construite sur un terrain de 20 perches, est vendue à la barre pour Rs 76 000 en août 2004. ?Je suis venu ici demander l?aide de la commission pour récupérer ma maison.? Il a soumis des documents relatifs à son affaire à la commission.

Babagathesarai Nugessur, 67 ans, n?a pas été épargné. Marié et père d?un enfant, il contracte, en 1999, un emprunt de Rs 270 000 auprès d?un casseur de la capitale. ?J?ai eu besoin de cet argent car mon épouse était malade et il fallait aussi soigner mon fils handicapé.? La totalité de cette somme, qu?il s?était engagé à rembourser en deux ans, lui aurait été remise en trois occasions. Il aurait encaissé trois chèques de Rs 170 000, de Rs 30 000 et de Rs 70 000 à des intervalles allant de six mois à un an.

Se retrouvant dans l?impossibilité d?honorer la totalité de ses dettes à temps, son terrain de cinquante toises sur lequel sont construites deux maisons est saisi. ?Mo ti croir larzan fasil me ler gete li pa sa ditou.?

Bissoon Mungroo, directeur de l?hôtel Manisa, à Flic-en-Flac, était également de ceux qui ont déposé devant la commission. Il déplore que la Land Transfer Tax soit à la charge de l?acquéreur et explique avoir dû débourser plus d?un million de roupies pour un terrain qui lui avait initialement coûté Rs 225 000. ?Une fois le terrain acheté, j?ai dû payer Rs 282 000 pour l?enregistrement, et Rs 567 750 pour la land transfer tax.?

Il a ajouté qu?il a dû effectuer un dépôt de 25 % alors qu?il ne peut même pas disposer du terrain en raison des procédures administratives. A la fin de la journée, affirme-t-il, c?est l?acheteur qui se retrouve péna-lisé. Bissoon Mungroo a également remis des documents relatifs à l?acquisition du terrain. La commission reprendra l?audition des victimes vendredi matin.

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