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Chady : démission annoncée? mais pas consommée
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Chady : démission annoncée? mais pas consommée
Démissionnera, démissionnera pas ? Le député indépendant Siddick Chady a tenu la population en haleine toute la journée d?hier. Sa démission, annoncée pour hier, n?a finalement pas eu lieu. A quoi joue le député de la circonscription numéro 3, connu d?ailleurs pour ses tergiversations ?
A 22 heures hier, Siddick Chady n?avait toujours pas démissionné de l?Assemblée nationale. Contacté au téléphone, il est laconique : ?Dan 30 minit, mo pou faxe mo let. Lerla demain, mo pou al donn speaker let la en main prope.?
Raison du renvoi : une réunion avec le leader de l?opposition et le secrétaire général du Parti travailliste (PTr) allait avoir lieu avant la soumission de la lettre de démission. La réunion, annoncée pour le début de la soirée, n?avait toujours pas eu lieu à 22 heures.
L?ancien député rouge devenu indépendant avant de rejoindre le groupe parlementaire travailliste sans toutefois regagner les rangs rouges tient les Mauriciens en haleine depuis bientôt deux semaines. Ses menaces de démission avaient d?abord fait l?effet d?un chantage. Après des déclarations selon lesquelles il retrouverait incessamment ses collègues du Parti travailliste, il annonce soudain qu?il pensait sérieusement à soumettre sa démission de l?assemblée nationale.
Le pourquoi d?une telle décision ? Le MRA Bill entre autres, mais aussi et surtout pour ?dénoncer le gouvernement MMM-MSM?. Après l?annonce de sa démission imminente, Chady rencontre le leader de l?opposition et informe la presse qu?une décision sera prise après sa rencontre de lundi avec Navin Ramgoolam. Pas grand- chose ne transpire de cette rencontre et l?on apprend que Chady soumettra sa démission de l?Assemblée nationale mardi (NdlR : hier).
Mais il ne s?agissait, somme toute, pas d?une décision finale. Hier matin, Chady annonçait à la radio qu?il ne serait pas présent au Parlement et qu?il soumettrait sa démission avant 16 heures. Contacté au téléphone vers les 18 heures, il ne l?avait toujours pas fait. ?Je rencontre le secrétaire général du PTr aussi bien que Navin Ramgoolam dans la soirée. J?enverrai ma lettre après.?
?Amener un déclic dans la population?
Pourquoi tout ce temps ? Attend-il que le leader du Parti travailliste tente de le convaincre de revenir sur sa décision ? ?Pas du tout. Mais ils veulent me voir alors j?attends de voir ce qu?ils ont à me dire?, répond Chady, déjà sur la défensive. Changera-t-il d?avis ? ?Pas de chance !?
Le secrétaire général du PTr confirme, pour sa part, qu?il y aura rencontre avec Chady, à son instigation. Tentera-t-il de lui faire changer d?avis ? ?Non, mais il n?y a rien de plus normal que Chady rencontre son leader et le secrétaire général de son parti. Nous voulons faire en sorte qu?il ait bien réfléchi avant de prendre sa décision finale?, répond le politicien. Ce qui laisse à penser qu?à 18 h 30, la décision finale n?avait pas encore été prise. A 22 heures hier, Chady ne semblait toujours pas sur de lui. Ce qui expliquerait ses tergiversations.
Le député de la circonscription n° 3 nous a habitués à ces agissements singuliers. Déjà, en mai 2003, alors qu?il était membre à part entière du Parti travailliste, il parlait ouvertement de ses contacts avec les militants. Après sa démission du parti, Chady siégera en indépendant au Parlement. Il se rapprochera petit à petit de Ramgoolam et ses anciens amis rouges pour finalement annoncer qu?il allait à nouveau se joindre au PTr.
Que s?est-il passé entre temps ? Que le député de la circonscription n° 3 ait décidé de démissionner du Parlement parce qu?il voulait dénoncer le gouvernement laisse sceptique. Etant un élu du peuple, de surcroît membre de l?opposition, n?était-ce pas en restant au parlement qu?il aurait pu mieux jouer son rôle de dénonciateur ?
Le secrétaire général des rouges avance que Chady voulait ?amener un déclic dans la population en démissionnant car sa démission provoquerait une partielle?. Ce qui n?est pas tout à fait vrai puisque le gouvernement, s?il le souhaite peut aller directement aux élections générales, prévues pour l?an prochain. Alors, quelle serait donc la motivation de Siddick Chady ?
?Attention seeking? ou chantage?
Sa relation avec l?opposition parlementaire travailliste n?est pas au beau fixe malgré ce qu?en disent certains. On se souvient du walk out du député le 27 juillet dernier, à la suite d?une altercation avec le speaker. Les députés travaillistes ne l?avaient pas suivi. Chady devait annoncer quelques heures après que c?était une bonne chose que ses collègues n?avaient pas été solidaires puisqu?il y avait des débats intéressants au Parlement? Tentait-il de ne pas perdre la face ou le pensait-il vraiment ? Ce n?est en tout cas pas lui qui nous le dira...
Des milieux proches des travaillistes affirment que Navin Ramgoolam n?a pas pardonné à Chady sa défection de l?année dernière. Serait-ce là la clé ? Est-ce la raison pour laquelle la soumission de la démission n?aura pas lieu avant l?ultime rencontre avec le leader de l?opposition? Aurait-il suffi que Ramgoolam lui demande de ne pas démissionner et cède à ses demandes pour que Chady se rétracte ?
Certains qualifieraient l?attitude de Siddick Chady d?attention seeking, d?autres encore de chantage. Que veut le député, et de qui ? Il semblerait qu?il a lui aussi été gagné par la nervosité caractéristique de l?approche de toute échéance électorale. A la différence que cette fièvre, Chady l?a eue un peu plus tôt que les autres. En mai 2003.
<B>Quand sévit la fièvre électorale?</B>
Que se passe-t-il donc dans le monde intrigant de la politique ? Après les tergiversations de Siddick Chady, l?attitude déconcertante de Navin Ramgoolam, la nervosité de Pravind Jugnauth et l?humeur changeante de Paul Bérenger, une seule évidence : l?échéance électorale dicte désormais ses lois à nos politiciens.
Le Premier ministre, Paul Bérenger, tapote fièrement le dos de son partenaire, Pravind Jugnauth: ?bravo, well done.? Ce dernier sourit. C?est là l?image projetée après l?adoption du MRA Bill vendredi. Mais, à en croire les proches des deux parties, elle ?ne reflète pas la réalité?. Rien ne va plus entre les deux partenaires de la majorité, disent certains. D?autres jurent par contre, qu?il n?en est rien.
?Asterla Navin inn vinn kouma enn zoli mamzel.? Cette remarque imagée d?un membre du Parti travailliste (PTr) faisait suite aux rumeurs faisant état de rapprochement entre le PTr et le MMM. Rumeurs fiables ? Arvin Boolell a fait un vif démenti de tout cela sur les ondes d?une radio privée. Il admet cependant que la situation n?est plus aussi tendue mais que ce n?était que pour ?l?intérêt supérieur du pays?.
Certains ?rebelles? affirment par contre que l?alliance majoritaire ne va pas bien du tout, et ce, malgré les apparences. ?Trop de pression. La séparation devient de plus en plus d?actualité même si elle n?est jamais publiquement évoquée au plus haut niveau, pour des raisons évidentes?, nous confie un proche du MMM.
Entre-temps, il se chuchote chez certains du PTr qu?un partage 40-20 aurait été évoqué dans l?éventualité d?une alliance rouge-mauve. D?aucuns sont d?avis que même si dans les villages cette alliance ne serait pas bien vue, ?Vilazoi nepli envi tann Bérenger?, il serait plus sage pour le PTr de ne pas aller seul aux élections.
Au MSM, il semblerait que le parti est toujours divisé. Si certains ont exprimé leur désir de rompre avec le MMM et de s?allier avec le PTR, l?état-major du parti s?est montré totalement réfractaire à l?idée. D?autres au sein de l?alliance majoritaire rétorquent que toute cette question d?alliance serait farfelue puisque tout va bien entre Paul Bérenger et Pravind Jugnauth.
Le changement d?attitude du leader de l?opposition, confirmé à son point de presse de samedi, en dit long : il ne fera pas la fine bouche. Pravind Jugnauth n?est plus aussi ?responsable? qu?il l?était il y a peu et Paul Bérenger n?est plus ?l?échec? qu?il était à l?époque. Le revirement de celui-là même qui ne démordait pas de sa ligne dure envers le gouvernement mais qui s?est finalement résolu à jouer le rôle d?intermédiaire entre syndicats et gouvernement a étonné plus d?un.
Au parlement vendredi, Pravind Jugnauth visait Ramgoolam : ?Pour certains, Ramgoolam est un héros. (...) Mais qu?il fasse attention, ces personnes disent derrière son dos that he is stupid !?, sous les commentaires ironiques de Bérenger. Ramgoolam, impassible, regarde alors le leader du MSM et se tourne vers Bérenger en murmurant ?Kisanela ?? ?Pe asiz derier twa ?, répond sur ces entrefaits le PM, indiquant le député Madun Dulloo. Celui-ci ripostera d?un : ?Ki li gagne sa !?
Laissons aux politiciens le soin de s?agiter. Et d?essayer de trouver leur compte au sein d?une winning formula?
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