Publicité
Poulet : importer ou ne pas importer ?
Tant pis disent les uns, alors que les autres songent à l’importation. L’île devrait faire face à une pénurie de poulet pour les fêtes de fin d’année. Un problème apparemment lié à la consommation accrue de poulet qu’a occasionné la guerre des prix à laquelle se sont livrés les producteurs après l’épisode Trois-Ilots, où des milliers de poulets morts ont été retrouvés en début d’année. Que décider ? Les producteurs ne s’entendent pas.
Pour Christian Rivière, responsable de communication du groupe Food And Allied Limited (FAIL), la situation n’est pas dramatique. Un manque de poulet sur le marché ? Et alors ? D’autres produits tels que le canard, la pintade et la dinde seront disponibles.
Comme lui, d’autres producteurs rejettent l’idée d’une éventuelle importation. Ils comptent même faire un lobby auprès du gouvernement pour qu’elle ne soit pas autorisée. Cela, pour des raisons sanitaires et économiques. Importer le poulet alors que la grippe aviaire sévit en Afrique du Sud et dans plusieurs pays d’Asie serait, en effet, un trop grand risque pour l’élevage à Maurice, disent-ils.
Christian Rivière le reconnaît : il y a eu croissance au niveau de la consommation du poulet ces derniers mois, au point que le stock “risque d’être très juste pour les fêtes de fin d’année”. Il ajoute toutefois qu’il n’y avait pas eu de hausse de la consommation de poulet à Maurice depuis au moins cinq ans.
La consommation du poulet frais atteindra les 12 000 tonnes cette année contre 8 000 tonnes les années précédentes. Pour le reste de la production, soit 12 000 tonnes, il s’agit de poulet frigorifié.
Jean How Hong, de la firme Happy World Foods, est, lui, très optimiste : il n’y aura pas de pénurie de poulet pour les fêtes de fin d’année. Il précise toutefois qu’on ne pourra pas fournir sur une base régulière, surtout pendant les fêtes de fin d’année, du poulet frais et certains morceaux en barquettes. Il rejette également l’idée de l’importation, expliquant que ce sera au détriment de l’industrie locale. Il craint, par exemple, que le gouvernement n’autorise l’importation du poulet du Brésil qui coûte 20 % moins cher que le poulet local.
Varma Aubeeluck de la firme Poulet Arc en Ciel, troisième producteur de poulet à Maurice, abonde dans le même sens. Il vaudrait mieux faire face à une pénurie plutôt que d’avoir à gérer la grippe aviaire. Il avoue toutefois que le poulet risque d’être insuffisant d’ici la fin de l’année.
Les petits producteurs (qui fournissent environ 4 à 5 000 tonnes de poulet annuellement) et certaines firmes spécialisées dans l’importation de produits frigorifiés penchent en revanche pour l’importation, ayant noté une chute dans la consommation de viande rouge à Maurice. Ils pensent que l’importation du poulet s’avérerait plus rentable et ont déjà commencé à faire leur lobby auprès des autorités.
Publicité
Publicité
Les plus récents