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“Job Fair”, mode d’emploi
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“Job Fair”, mode d’emploi
Le regard stoïque, les cheveux hirsutes, Mahen, la quarantaine, fait le tour des différents stands, dans la cour de la municipalité de Vacoas-Phoenix. Vêtu d’un jean et d’un simple t-shirt, il a bravé la pluie pour être présent au “job fair” organisé samedi par le ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations industrielles. Il n’a pas le profil type du demandeur d’emploi – l’étudiant qui vient de terminer ses études. Pourtant, Mahen est chômeur depuis un mois : il vient d’être licencié d’une grande usine de textile après 18 ans de service.
Nombreux sont ceux qui vivent actuellement la même expérience. La foule présente au “job fair” en témoigne : outre les jeunes, présents en grand nombre, des hommes et des femmes ayant plusieurs années d’expérience s’affairent autour des stands dans l’espoir de trouver un nouveau gagne-pain.
Le cas de Mahen n’est pas unique : avec un enfant à charge, son monde s’est écroulé comme un château de cartes. “Monn vinn rod enn travay isi. Mo espere mo capav gagn enn travay dan gouvernma”, dit-il sans grande conviction. Mahen hésite à parler de lui, par pudeur peut-être car la colonne vertébrale d’un homme, c’est son travail. Sans emploi, il a l’impression d’avoir perdu un peu de sa dignité. Même si son licenciement est conjoncturel.
Après 18 ans de service au sein de l’usine, il repart avec Rs 19 000. “Mo ena enn tifi, avek enn madam ki pas travay, pou le moman mo bizin débat avek sa larzan la, ki mo pou fer. Mo plant legim, mo fer mason impe, mo sey tras mo lavi kouma mo gagne.” Mahen touchait Rs 7 000 par mois, somme avec laquelle “on ne vit pas, on survit”. Pour arrondir ses fins de mois, il était obligé de trouver un autre travail à côté. Avec émotion, il explique son budget du mois. “Mo ena loan pou pay lacaz Rs 1 500 coupe tou le mois, lalimier avek delo Rs 400, mo donn mo madam Rs 1 000 pou li avek mo zanfan, mo tir Rs 3 500 pou mo rasion, enn ti amizma par la, tou kass fini.”
Imtiyaz, 26 ans, se félicite pour sa part d’être venu au “job fair”. Il a trouvé ce qu’il lui faut. Après deux ans de formation dans l’informatique, il veut encore suivre des cours en vue d’un meilleur salaire. “J’ai pris des renseignements sur des cours de Web design : ils devraient tourner autour de Rs 12 000 annuellement, ce qui me convient très bien”, lance t-il.
D’autres repartent avec leurs formulaires de candidature, dans l’espoir d’être contactés un peu plus tard. Ainsi, au stand de la firme A.J. Maurel Construction, une petite foule s’est formée autour de Manuel Carpaux, le responsable du stand. Celui-ci explique que sa société recrute en ce moment entre 20 et 30 personnes. “Nous avons plusieurs chantiers de construction. Il y a un manque de personnel formé, notamment comme conducteurs d’engin, chefs de chantier, et ingénieurs des travaux. Nous avons besoin de personnel.”
Voilà qui devrait conforter le ministre du Travail, Showkutally Soodhun qui, lors de son discours d’ouverture, avait exprimé son optimisme pour l’avenir, malgré les difficultés économiques actuelles. “A partir de lundi, il y a 862 postes de travail manuel qui peuvent trouver preneurs.”
Il précise aussi que 2 000 personnes seront formées immédiatement pour une période de six mois, afin de retrouver un emploi dans une usine.
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