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Phelps et Potec éclosent

17 août 2004, 20:00

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Le bassin olympique d’Athènes s’est transformé en bain de jouvence hier soir, où Michael Phelps a poursuivi son éclosion le jour où Alexander Popov, tsar du sprint, abdiquait après 12 ans de règne.

Michael Phelps, même s’il a échoué dans ses travaux d’Hercule athéniens, n’en a pas moins ajouté une deuxième puis une troisième médaille d’or à une moisson encore incomplète.

Sur le 200 m papillon, l’homme qui incarne, à 19 ans, le renouveau de la natation mondiale sans être le nouveau Mark Spitz, n’a laissé aucune chance à ses adversaires.

Comme il le fait depuis le début de ces Jeux, fougue oblige, l’Américain est parti en chien fou et a un peu coincé en fin de course avant de s’imposer en 1’44"04, à une vaguelette de son record du monde des derniers Mondiaux.

<B>Déception et consolation</B>

Mais il est resté sous la menace de l’étonnant Japonais Takashi Yamamoto, deuxième, record d’Asie à la clef, le Britannique Stephen Parry prenant la troisième place.

Figuès, elle, n’a paru dans l’allure d’un titre que dans la troisième longueur de bassin, où elle a entamé une lutte au corps à corps avec Pellegrini. Mais les deux jeunes femmes, trop occupées à s’observer, n’ont pas vu à la ligne 1 le retour de Potec, venue les coiffer au poteau.

Cette finale a, elle aussi, souligné d’un trait rude le déclin d’une des gloires vieillissantes des bassins, l’Allemande Franzeska van Almsick, qui a cru jusqu’à mi-course avoir retrouvé ses 20 ans avant d’échouer à la 5e place.

La désillusion de Popov fut plus cruelle encore. Le double champion olympique de la distance reine, battu par Pieter van den Hoogenband à Sydney, n’a même pas réussi à rentrer en finale, échouant en 49”23, loin, très loin de ses records d’antan. Le Russe avait pourtant fait planer l’illusion d’un second souffle en enlevant le titre mondial l’an dernier.

Comme pour encore accentuer ce nouveau brassage des générations à Athènes, le meilleur temps des demi-finales n’a pas été signé par le champion olympique en titre, mais par le Sud-Africain Roland Mark Schoeman, survolté par le titre du relais 4X100 m enlevé avec ses compatriotes.

Deuxième performer de la saison, Schoeman est à sa place, mais à 24 ans, même s’il a trois ans de plus que l’Australien Ian Thorpe, incarne lui aussi la relève.

Thorpe justement, déjà sacré sur 200m et 400m libre, a senti passer le vent de l’échec dans ces demi-finales du 100 m crawl. La “thorpille” a eu des ratés, mais conquis à l’énergie la dernière place qualificative.

Et c’est lui qui, pour deux centièmes, a privé Alexander Popov d’une nouvelle finale.

On ne sait si cela pourra consoler le Russe, mais ce dernier acte du 100m se jouera aussi sans Américains. Et c’est une première dans l’histoire olympique.

Les Américains se sont consolés en enlevant le 4X200 m NL d’un cheveu devant Thorpe et les Australiens, ce qui offre à Phelps sa troisième médaille d’or de ces Jeux.

Pour une autre once de stabilité, il a fallu se raccrocher au 200 m 4 nages dames, où l’Ukrainienne Yana Klochtkova, championne olympique et du monde, a conservé son bien.

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