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La flambée du pétrole inquiète

17 août 2004, 20:00

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Le mois d’août 2004 va-t-il renouer avec la tradition, régulièrement respectée au cours des années 1990, des crises financières estivales ? La flambée du pétrole, les incertitudes électorales aux Etats-Unis, les doutes sur la croissance américaine, les perturbations monétaires: tous ces éléments provoquent la nervosité des opérateurs du marché.

Leur principal sujet d’inquiétude reste l’accélération de l’envolée des cours du brut : le prix du baril a gravi chaque jour, cette semaine, de nouveaux sommets, jusqu’à atteindre 46,65 dollars, vendredi 13 août, à New York. Les investisseurs ont du mal à mesurer les conséquences économiques précises de ce choc pétrolier; à faire la part de son impact récessionniste et de ses conséquences inflationnistes. Leur seule certitude est qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les profits des entreprises. Résultat : les Bourses ne cessent de reculer et se retrouvent à leur plus bas niveau de l’année.

Si les banques centrales s’efforcent de rassurer les opérateurs, elles ont une tâche difficile : elles doivent à la fois afficher leur confiance dans la poursuite de la croissance économique et leur vigilance à l’égard de l’inflation. Pour la deuxième fois en un mois et demi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé d’un quart de point son principal taux directeur, porté de 1,25 % à 1,50 %. Tout en confirmant le récent essoufflement de la croissance, la Fed a estimé que “l’économie semble en passe de renouer à l’avenir avec un rythme d’expansion plus soutenu”.

Les opérateurs ne paraissent guère convaincus par ce discours optimiste. Ils ont prêté davantage attention à la mise en garde de l’équipementier pour réseaux Internet Cisco sur ses résultats à venir.

<B>La Banque centrale européenne durcit le ton</B>

Les inquiétudes des boursiers rejoignent celles de la population américaine : selon un sondage, 52 % des personnes se déclarent mécontentes de la politique économique de George Bush. Parallèlement, 52 % des individus interrogés expliquent “suivre très attentivement l’évolution” du prix de l’essence alors qu’ils ne sont que 39 % à dire la même chose de la situation en Irak !

En Europe, où l’heure est à l’amélioration du climat économique, la France a enregistré une hausse surprise d’au-moins 0,8 % de son PIB au deuxième trimestre, le pétrole est aussi au premier rang des préoccupations. La Banque centrale européenne a durci le ton, en affirmant, jeudi dernier, dans son rapport mensuel, que “les risques inflationnistes à moyen terme doivent être observés attentivement. Les inquiétudes portent en particulier sur le haut niveau persistant des prix du pétrole, qui pourraient être nourris par la vigueur de la croissance économique mondiale.”

Le message est clair: les perspectives monétaires, en Europe, sont désormais au resserrement. Ce tournant, conjugué à l’annonce, vendredi dernier, d’un déficit commercial américain record en juin (55,8 milliards de dollars), a propulsé l’euro à 1,2373 dollar, son plus haut niveau depuis le 20 juillet face au billet vert.

<B>Pierre-Antoine Delhommais

Le Monde © New York Times Syndicate</B>

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