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B.P. 247

1 août 2004, 20:00

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?N?est-ce pas la faute aux journalistes ??

Pour faire suite à l?éditorial de Raj Meetarbhan dans votre édition du vendredi 30 juillet 2004 intitulé Mystère , je suis tout à fait d?accord avec l?éditorialiste lorsqu?il dit que ?la culture du silence, ce n?est pas qu?un slogan à Maurice. Le refus de s?expliquer, d?expliquer leurs décisions, est un mode de (non) communication courant parmi nos décideurs?.

Ô combien vrai ! Mais n?est-ce pas un peu la faute aux journalistes pour cet état de choses ? Lorsque certains d?entre eux donnent l?habitude à nos décideurs de ne recevoir que des questions complaisantes, peut-on s?étonner qu?ils soient mécontents quand on leur demande des explications et des justifications ?

Comment se fait-il que ces mêmes journalistes font preuve d?une indifférence déconcertante alors qu?ils sont au courant de choses que nos décideurs esquivent ou cachent ? Pourquoi ne reprennent-ils jamais la perche tendue ?

Pour ne donner qu?un exemple, je citerai le cas des Organismes génétiquement modifiés (OGM). Aussitôt après la présentation du Plan stratégique non-sucre du ministère de l?Agriculture par le ministre Pravind Jugnauth, en avril 2003, j?avais écrit un article dans un quotidien, soulevant des questions pertinentes sur l?accent mise sur la biotechnologie dans ce plan. Il n?y a eu aucune réaction ou suite à cela.

Ensuite, en apprenant que le gouvernement allait voter le GMO Bill en mars 2004, sans consultation avec le public, j?ai rédigé un autre article intitulé Que le public soit consulté, comme l?exige la loi ! et notamment que ?nous n?avons pas le droit de laisser ces décideurs éviter à tout prix un débat public, surtout lorsque la balle leur a été lancée et qu?ils l?esquivent à tout prix, pour ensuite aller dans le confort de l?hémicycle et passer des lois avec de telles implications dans notre

dos ! Qu?ils viennent défendre leur point de vue, qu?ils viennent s?expliquer. Sous les auspices des Nations unies, auxquels ces pays se sont joints pour faire passer le Protocole de Carthagène sur la biodiversité, ce dernier impose comme devoir légal une consultation publique informée sur la question, dans chaque pays, avant toute législation ! Qu?on respecte la loi car les enjeux sont trop importants !?

Aucune réaction de nos décideurs à cet article. Idem pour les journalistes qui n?ont pas jugé utile de poser une question à ce sujet jusqu?aujourd?hui !

Après le vote au Parlement du GMO Bill , j?ai envoyé à un hebdomadaire un papier titré ?Transgénique ? le GMO Act est-il un tigre en papier ? J?y disais que le gouvernement à travers cette législation, censée contrôler les activités de nos centres de recherches dans le domaine biogénétique, avait carrément mis le Biosafety Committee, organisme supposé veiller à cela, entre les mains de ces mêmes centres de recherches.

Toujours aucune réaction de nos décideurs. Et bouche-cousue du côté des journalistes : pas une question à nos décideurs !

Plus récemment, le 20 juin 2004, après la lecture du Budget et alors que Pravind Jugnauth, le ministre des Finances, parlait d?un budget socialisant avec la ?redistribution des terres? en faisant allusion à ces 200 arpents de terre mis à la disposition de petits planteurs de légumes par l?industrie sucrière et le Sugar Investment Trust ? j?ai, encore une fois, signé Land democratisation : the plan behind the plan. J?y posais les questions suivantes. ?Are those 200 acres of land meant for field trials of Genetically Modified Crops ? Are these small planters being required to cultivate Genetically Modified Crops on those plots of land ?? Je disais aussi que ?in the past, Ministers have simply ignored it when civil society had raised serious and pertinent questions, even when they were under a certain legal obligation for public consultation. These are far too serious matters to ignore and brush aside. Have we or have we not been told the truth with regard to this plan ? We demand answers ! We certainly could do with some democratisation of information and accountability from those that hold public office !?

Après cet article je n?ai pas retenu mon souffle. Nos décideurs n?ont pas réagi et nos journalistes avaient d?autres chats à fouetter ! Dans ces conditions, je me demande pourquoi est-ce qu?on est choqué par l?attitude de nos décideurs lorsqu?ils ne répondent pas à nos questions ?

Selva APPASAWMY

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