Publicité
?Il faut être créatif et flexible pour dynamiser le tourisme?
Par
Partager cet article
?Il faut être créatif et flexible pour dynamiser le tourisme?
? Huit jours plus tôt, le Parlement adoptait un nouveau ?Tourism Bill?. Vous avez une opinion très critique sur ce projet de loi. Quels sont les fondements de vos réserves ?
Ce projet de loi est une refonte du Tourism Act adopté deux ans plus tôt. A mon avis, il ne réussira pas plus que l?ancienne loi à améliorer sensiblement l?administration de l?industrie du tourisme. C?est une bonne chose de supprimer la Travel Agents and Tour Operators Authority et de la fusionner avec la Tourism Authority. Mais cela ne suffit pas. Les structures restent lourdes et elles ne sont pas forcément pour encourager l?entrepreneuriat dans ce secteur.
? Que lui reprochez-vous au juste ?
Le point central du Tourism Bill est de créer une Tourism Authority, une agence parapublique qui sera responsable de la régulation de l?industrie. Concevez-vous que cet organisme soit géré par 21 membres ? C?est presque autant de membres au conseil d?administration que de ministres au Conseil des ministres ! Je préfère de loin avoir affaire à une petite cellule qui serait proactive et créative.
La présence en nombre important (un sur quatre) de représentants de l?industrie sur le conseil peut donner lieu à de sérieux conflits d?intérêt. Du reste, qui seront les autres membres du conseil ? Des amis et des responsables de campagne électorale du ministère de tutelle comme cela a été le cas sous la précédente loi ? Je ne le dirai jamais assez, on n?aura jamais une Tourism Authority efficace si on n?y recrute pas des professionnels de calibre.
? Vous pensez également que cette nouvelle loi est trop rigide ?
Effectivement. Le Tourism Bill est une loi générale qui ne fait aucune distinction entre la diversité d?activités qui compose l?industrie et qui fait, en réalité, la richesse de l?offre mauricienne. Les mêmes exigences sont appliquées aux petits tour-opérateurs qui vendent des vacances sur Internet et aux grands réceptifs, au piroguier et aux catamarans? Cela donne lieu à une rigidité et à une lourdeur bureaucratique qui n?encouragent en rien les entrepreneurs désirant se lancer dans le secteur. Obtenir un permis d?opération devient un véritable parcours du combattant. Or, pour étoffer l?offre mauricienne au- delà des hôtels de luxe, il faut encourager les Mauriciens à se montrer créatifs et entrepreneurs.
? C?est donc au nom de la flexibilité que vous suggérez que les permis d?opération aient une plus longue vie ?
Cela n?a aucun sens de demander à des opérateurs établis comme Mauritours ou MTTB de renouveler annuellement leur permis d?opération. Pourquoi ne pas leur accorder un permis sur trois ans ? La loi prévoit des contrôles réguliers et accorde à la Tourism Authority le pouvoir de révoquer un permis. Il n?y a donc aucun risque. Je ne vois également pas pourquoi un certificat de moralité est exigé de tous les opérateurs indistinctement. Je ne comprends pas, non plus, la justesse de bannir de ce milieu quelqu?un qui a un casier judiciaire. Pourquoi lui enlever une possibilité de réinsertion ?
? Vous faites un plaidoyer pour la libéralisation dans le domaine des voyagistes. Quel est votre raisonnement ?
Pouvez-vous imaginer que seules des firmes locales vendent le textile mauricien à l?étranger ? Pourtant, c?est le principe qu?on applique à l?industrie du tourisme depuis trente ans. Je ne vois pas pourquoi on ne permettrait pas à des voyagistes étrangers de s?implanter à Maurice. D?autant plus que les opérateurs existants commencent à montrer des signes d?essoufflement. Les arrivées touristiques stagnent et on se fait bouffer par la compétition de plus en plus âpre. Nous avons un sérieux problème de vendre la destination. Et nous devrions sérieusement songer à tout ce qu?un opérateur étranger pourrait nous apporter en tant qu?expérience, fraîcheur, et créativité.
? Vous vous montrez très sévère à l?égard des administrateurs actuels du secteur touristiques...
Les chiffres parlent d?eux-mêmes. Les arrivées touristiques stagnent au mieux depuis que ce gouvernement est au pouvoir. Cela, alors que cette administration s?est embarquée dans un ambitieux programme d?agrandissement de la capacité d?accueil du pays. Si nous ne faisons pas attention, l?industrie du tourisme sera anéantie à son tour par une compétition entre les opérateurs pour se préserver une part de marché rétrécissant. J?estime qu?il y a lieu de revoir notre offre ainsi que nos stratégies concernant le marketing et l?accès aérien.
«Je ne vois pas pourquoi on ne permettrait pas à des voyagistes étrangers de s?implanter à Maurice. D?autant plus que les opérateurs existants montrent des signes d?essoufflement.»
Publicité
Publicité
Les plus récents