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Et de deux pour McEwen
Il a fallu avoir recours à la photo-finish pour déterminer le vainqueur de la neuvième étape du Tour de France, un parcours long de 160,5 kilomètres (le plus court de la Grande Boucle 2004, hors contre-la-montre), entre Saint-Léonard-de-Noblat et Guéret. Dans une région chère à Raymond Poulidor, personne n’a voulu prendre les places d’honneur et, à ce jeu-là, c’est Robbie McEwen qui a eu le dernier mot.
Pour un rayon, l’Australien a devancé ses deux principaux rivaux pour le maillot vert, Thor Hushovd et Stuart O’Grady, pour s’offrir sa deuxième victoire d’étape sur le Tour 2004 après son succès à Namur. Déjà vainqueur sur les Champs-Elysées à deux reprises (1999 et 2002) et à Reims (2002), le leader du classement par points a ajouté une cinquième victoire du Tour de France à son palmarès et augmente son avance dans la lutte pour le maillot vert.
“Tout mon corps a eu mal”</B>
“C’est une très belle victoire après ma blessure dans la chute d’il y a trois jours. Tout mon corps a eu mal, mais au sprint j’ai donné toute mon énergie”, a commenté le coureur de la Lotto à l’arrivée à Guéret. “Je suis toujours en avance au classement par points, mais ça va être difficile avec les étapes de montagne qui arrivent”, a-t-il ajouté. Troisième de l’étape, Stuart O’Grady n’a pas tout perdu puisqu’il a récolté huit secondes de bonification. L’Australien n’a plus que 2’53” de retard sur Thomas Voeckler, toujours en jaune.
Au cours de cette étape, la plus vallonnée depuis le départ du Tour à Liège, le peloton a roulé à vive allure tout au long de la course et les attaques se sont succédé dès l’entame du parcours. Mais il a fallu attendre le Km 38 pour assister à l’échappée qui allait animer cette neuvième étape. Inigo Landaluze (Euskaltel) et Filippo Simeoni (Domina Vacanze) faussaient compagnie au peloton.
<B>Kirsipuu abandonne</B>
Si les deux coureurs affichaient une belle santé pour compter jusqu’à 10 minutes d’avance sur le peloton à 60 kilomètres de l’arrivée, ce n’était pas le cas de Jaan Kirsipuu. L’Estonien, vainqueur de la première étape du Tour 2004 à Charleroi, a abandonné dès la première difficulté de la journée, la Côte de la Croix de Mapertuis, répertoriée en 4e catégorie. Un coup dur pour la formation Ag2r, déjà victime du forfait de Samuel Dumoulin (fracture du coude) la veille.
Emmené par les équipes de sprinters (Quick Step, Lotto, Crédit Agricole notamment), le peloton rattrapait son retard lors des 60 derniers kilomètres. Il ne se trouvait plus qu’à 5’15” à 35 kilomètres de Guéret, 2’40” sous la flamme des 20 kilomètres, 1’25” à 10 kilomètres, mais Landaluze et Simeoni semblaient tenir le bon bout. Malheureusement pour eux, le peloton revenait comme un boulet de canon et les deux hommes devaient s’incliner à moins de 100 mètres de l’arrivée, après 122 kilomètres d’échappée. Le destin est parfois cruel sur les terres de Raymond Poulidor.
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