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Liberté provisoire pour Armoogum
Rendu célèbre par les affaires d?escroquerie dont il est accusé, le businessman Roland Armoogum a retrouvé le chemin de la liberté hier après trois ans d?emprisonnement.
Cette liberté tant attendue a failli ne pas lui être accordée par le magistrat Seebaluck du tribunal n°3 de Port-Louis. Armoogum a été sauvé ?in extremis? par son avocat, Me Siddhartha Hawoldar.
Si Armoogum a quitté sa cellule, ses démêlés avec la justice ne sont pas finis pour autant. Rarement aura-t-on vu autant de chefs d?accusation peser sur une seule personne.
Condamné à 18 mois de servitude pénale pour escroquerie en juillet 2003, Armoogum aurait dû être relâché samedi dernier. Cela n?a pas été le cas. Techniquement, une fois sa peine purgée, le businessman retombe, automatiquement, sous police custody car il est poursuivi pour une autre affaire d?escroquerie. Mardi, Me Hawoldar réclame un ordre de la cour pour que son client puisse se présenter devant le tribunal afin de régler sa caution de Rs 20 000 pour sa liberté conditionnelle. Ladite caution lui avait été accordée en 2001 par la magistrate Panglose.
?Anomalie?
Cependant, le magistrat Seebaluck informe Me Hawoldar que, malgré la liberté sous caution accordée en 2001, la police a par la suite objecté à toute libération conditionnelle. L?avocat réplique qu?il y a ?anomalie?. ?La police, dit-il, ne peut objecter à une requête déjà accordée par une cour de justice. Soit elle fait appel, soit l?affaire est classée.? Le magistrat décide de vérifier avec la police. L?inspecteur André de la Central Investigation Division affirmera en cour que la police n?objecte plus à cette remise en liberté sous caution. Armoogum fournit donc une caution de Rs 20 000 et signé une reconnaissance de dette du même montant.
Le businessman a bénéficié d?une liberté conditionnelle dans une autre affaire d?escroquerie où il est poursuivi sous? 77 chefs d?accusation.
Alors qu?il était également accusé d?avoir voulu faire assassiner l?architecte Jacques Wiehé, Armoogum a bénéficié d?un non-lieu. Le magistrat Nicholas Ohsan-Bellepeau a estimé que le témoin principal, l?ex-policier Chummun, n?a pu convaincre la cour de la véracité de ses témoignages. L?ex-policier était autrefois membre de l??escadron de la mort? dirigée par feu Bahim Coco.
ACCUSATIONS
Parcours d?un escroc
- Roland Armoogum est connu pour les nombreux délits qu?il a commis dans les années 80. Il est alors accusé d?avoir escroqué des centaines de millier de roupies à des étrangers et à des Mauriciens. Il est aussi poursuivi pour usurpation d?identité : il avait tenté de quitter le territoire mauricien avec le passeport d?un autre. Aux Comores, il réussit à mystifier les autorités locales. Il se fait passer pour un aristocrate, Lord Rowland Ashley, héritier d?une famille d?industriels anglais. Armoogum se retrouve bientôt à la tête d?Air Comores. Il provoquera divers scandales qui entraîneront le limogeage du Premier ministre comorien d?alors.
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