Publicité

Course contre la montre pour garder les acquis mauriciens

28 juin 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Hôtel du gouvernement et les principaux partenaires sucriers s?inquiètent des récents développements intervenus à Bruxelles sur le sucre. Les menaces sur le sucre mauricien se précisent. Le commissaire européen à l?Agriculture, Franz Fischler présentera le 14 juillet prochain ses recommandations sur la réforme du régime sucrier de l?Union européenne (UE). Maurice et ses partenaires du groupe Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP) craignent que le Protocole Sucre ne soit attaqué, surtout au niveau des prix garantis du sucre. Une ébauche de ce projet de réforme prévoit une baisse importante de 30 à 37 % du prix du sucre.

?Ce sera une véritable catastrophe pour nous si cela devrait se matérialiser. Il faut à tout prix accélérer la réforme sucrière. Il faut que nous puissions assurer la survie de l?industrie et en même temps protéger les petits planteurs?, explique le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha.

Celui-ci a eu une journée très remplie hier, en raison de ses consultations à plusieurs niveaux sur le dossier sucre. Le ministre a rencontré le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, la Chambre d?agriculture et les représentants des petits planteurs pour discuter des propositions de la commission européenne et de ses conséquences.

La diplomatie mauricienne est ainsi engagée dans une course contre la montre. Le vice-Premier ministre et le ministre de l?Agriculture se rendront très bientôt à Bruxelles pour soumettre les propositions des ACP à Franz Fischler avant qu?il ne boucle son dossier.

Économies fragiles

Le ministre Bodha donnera plus de précisions sur les actions envisagées par le gouvernement lors de l?assemblée générale de la Chambre d?agriculture demain, à la Plantation House à Port Louis.

Les ACP réunis la semaine dernière à Maputo, Mozambique, dans le cadre du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement des pays membres, ont passé en revue la situation. Ils ont évoqué des initiatives de lobbying auprès des dirigeants européens après avoir pris connaissance de la teneur du projet du commissaire européen à l?Agriculture. Le président mozambicain Joaquim Chissano a eu la responsabilité d?alerter les commissaires et les chefs d?Etat européens ainsi que les institutions de l?UE, sur les répercussions d?une baisse importante des recettes sucrières sur les économies fragiles des ACP.

?Nous comptons aussi rencontrer personnellement les différents chefs d?Etat de l?UE. Nous nous sommes répartis au sein des ACP afin de pouvoir toucher tous les dirigeants concernés des Etats européens?, annonce Nando Bodha.

Les ACP exportent 1,6 million de tonnes de sucre annuellement vers l?Europe sous le Protocole. Ils estiment que ce volume est négligeable par rapport à la production européenne mais craignent que ce marché préférentiel ne soit remplacé par des exportations venant des pays tels que la Nouvelle Zélande et l?Australie. Le Brésil, la Thaïlande et l?Australie veulent avoir une part de ce marché protégé. Ils ont logé une plainte dans ce sens auprès de l?Organisation mondiale du commerce. ?Le Protocole sucre a une durée indéterminée. Cet instrument n?a jamais été remis en question. Etant donné les engagements de l?Europe à ce sujet, nous attendons que des pays comme la Grande-Bretagne, la France et l?Allemagne soutiennent notre cause?, affirme le secrétaire général de la Chambre d?agriculture, Jean Noël Humbert.

Publicité