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L?Eglise remet en question le tirage au sort
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L?Eglise remet en question le tirage au sort
Revirement de situation. Après la levée de boucliers contre le tirage au sort pour l?attribution des 740 sièges réservés dans les collèges catholiques, le diocèse et le Bureau de l?éducation catholique (BEC) travaillent sur d?autres options. Depuis le début de la semaine, plusieurs alternatives sont envisagées.
Les autorités catholiques maintiennent une baisse du grade aggregate pour l?admission comme objectif. Des élèves ayant un minimum de 15 unités pourraient ainsi faire leur entrée dans un collège géré par le BEC. Chose quasiment impossible auparavant. Des classes à aptitudes mixtes (mixed abilities) doivent donc rester une priorité.
Ces nouvelles options étaient au menu des discussions lors d?une réunion entre le BEC et les recteurs hier après-midi. Rien n?a cependant été finalisé. Il est fort probable que les idées évolueront encore durant le week-end. La mise sur pied de panels mixtes dans chaque collège pour examiner les candidatures pour les places réservées pourrait être une voie de réflexion. Cela a d?ailleurs été proposé par plusieurs associations.
Rien n?indique pour autant que l?option du tirage au sort est abandonnée, même s?il devient de moins en moins probable que le BEC le propose au ministère de l?Education lundi après-midi. L?Eglise devrait d?ailleurs clarifier sa position lors d?une grande réunion qui mettra tous ses partenaires autour d?une table, avant d?aller au ministère.
CRÉATION DE PANELS
«Toutes les options restent ouvertes. Nous voulons un procédé d?admission qui soit juste, transparent et objectif», affirme le directeur du BEC, Hervé de St-Pern. Et pour trouver la formule idéale, l?Eglise veut se donner le temps. «Le mécanisme d?admission doit être finalisé début septembre pour permettre une rentrée souple», ajoute-t-il.
Depuis deux semaines, l?opposition au tirage au sort n?a fait qu?enfler. Si les autorités catholiques ont la bénédiction de la Fédération des associations des parents-enseignants des écoles catholiques (Fapec) du primaire et du secondaire, cela n?est pas le cas pour d?autres partenaires. En tête de liste, le syndicat du personnel, la Secondary & Preparatory Schools Teachers & Other Staff Union (SPSTSU). «Le tirage au sort n?est pas une méthode acceptable. Nous n?avons cependant jamais été contre l?admission d?étudiants qui ont entre 15 et 20 unités. Cela ne créera pas un nivellement par le bas», affirme Lysie Ribot, présidente de ce syndicat.
Durant la semaine, d?autres associations telles que la Plate-forme pour la comptabilisation des langues orientales sans injustice, regroupant notamment des prêtres, sont également sorties de l?ombre pour s?opposer au tirage au sort. «L?Eglise doit essayer de faire une plus grande place aux économiquement plus faibles», déclare Patrick Fabien, porte-parole de l?association. Au lieu de tirage au sort, elle propose la création de panels composés de recteurs, prêtres, membres du public et autres. Pour les admissions, ceux-ci donneraient priorité aux économiquement plus faibles tout en tenant compte des résultats. Cette proposition a été soumise aux responsables de l?Eglise en début de semaine.
Le comité créole dans lesid ek louest, qui a rencontré le BEC hier, a des propositions qui vont dans le même sens : il milite pour la mise sur pied des panels. L?association estime toutefois que, si le BEC fait des tirages au sort pour ses places réservées, l?Etat doit en faire de même pour ses 50 % de places dans les collèges catholiques. «Le tirage au sort minimise les chances. Ceux qui n?ont pas été choisis auront le sentiment d?avoir été confrontés à quelque chose d?injuste », a expliqué Joyce Dauphin, une des porte-paroles, lors d?une conférence de presse hier après-midi au centre de catéchèse de Rose-Hill.
L?Union pour le progrès veut, pour sa part, révolutionner l?éducation catholique. Elle propose tout simplement de remettre les collèges aux paroisses. Il s?agirait, en d?autres mots, d?un retrait total de l?Eglise du système éducatif actuel. «Les collèges pourraient avoir d?autres fonctions. Pourquoi ne pas reconvertir un collège en centre de formation si le besoin s?en fait sentir», suggère son président, Jean-Yves Violette. Une option qui sera, selon toute probabilité, présentée mercredi prochain.
Jusqu?à très récemment, les tirages au sort semblaient être la meilleure solution possible étant donnée les paramètres légaux. L?Eglise y voyait le moyen de mettre fin à une «ségrégation» pratiquée depuis des lustres. Aujourd?hui, les autorités catholiques se refusent à classifier les enfants selon leur richesse ou leur résultat académique. Avec le système d?admission actuellement à l?étude, elle espère pouvoir prôner une plus grande ouverture à tous les milieux sociaux.
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