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Raj Dayal reste évasif
L?ex-commissaire de police, Raj Dayal, est monté au créneau hier pour commenter l?affaire Deelchand. Arrêté en début de semaine à la suite des dénonciations d?Antoine Chetty, l?ex-bras droit du notaire Vinay Deelchand, Raj Dayal est demeuré évasif sur un certain nombre de questions tout en critiquant sévèrement le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh. C?était lors d?une conférence de presse en sa résidence à Carreau-Laliane, hier matin.
Raj Dayal est provisoirement accusé d?avoir ourdi un complot en octobre 1994 dans les locaux de la Special Mobile Force en présence du notaire Vinay Deelchand. Il aurait été question de placer un colis de drogue au domicile de Satish Nundlall, ancien partenaire d?affaires de Moonsamy Mooraghen au sein de Best Land Investment Co. Ltd. Ce dernier était partenaire de Vinay Deelchand.
Raj Dayal nie catégoriquement ces allégations : «C?est faux à 100 %. Cette réunion n?a jamais eu lieu. J?étais d?ailleurs dans un controlled environment et si tel était le cas, les documents auraient dû le prouver. Or, il n?y a aucun document dans ce sens». Vinay Deelchand avait, lui, affirmé dans une de ses dépositions qu?il n?avait rencontré Raj Dayal qu?une seule fois, soit à son bureau aux Casernes centrales.
Questionné avec insistance sur certains sujets ? en l?occurrence lorsqu?on lui demande si Vinay Deelchand était connu de ses services comme trafiquant de drogue alors qu?il était commissaire de Police ? Raj Dayal se garde de répondre. «En tant que commissaire de police, nous avons ce que nous appelons des privileged information. Si tel est le cas, ces informations doivent figurer dans les police records. Vérifiez et demandez au commissaire de police», soutient-il.
L?on n?en saura pas davantage non plus sur la liste qu?Ally Lazer lui aurait remise en 1996. Une liste, selon ce dernier, sur laquelle figurait le nom de Vinay Deelchand. «Je traitais plus de 2 000 dossiers par jour. Les services de police ne s?arrêtent pas avec le départ de Dayal. Si un dossier existe, elle doit se trouver toujours aux Casernes centrales. L?ex-président a droit à l?immunité et tel n?est pas mon cas», affirme l?ex-numéro un de la force policière.
Les nombreuses interrogations de la presse sur ce volet de l?affaire n?ont rien donné. Raj Dayal ne veut même pas confirmer si une rencontre a eu lieu entre Ally Lazer et lui. Il renvoie ceux présents aux documents de la police pour vérification des propos du travailleur social.
Par contre, il ne manquera pas de souligner qu?en tant que commissaire de police, il a pu, en trois ans, intercepter de la drogue d?une valeur de Rs 198 millions et procéder au déracinement de plants de gandia équivalant à quelque Rs 100 millions.
Le nom de Raj Dayal avait aussi été cité dans l?affaire Damree. Certains volets de l?enquête policière sur la mort de Parvez Damree avaient suscité des interrogations. Mais là encore, Raj Dayal se contente de nier les allégations, demandant à la presse de se procurer le rapport d?autopsie ? selon certaines sources, l?autopsie avait attribué ce décès survenu en juillet 1995 à une overdose.
Mais Antoine Chetty a allégué qu?il s?agissait d?un meurtre perpétré en injectant une forte dose d?héroïne. Raj Dayal est d?autant plus irrité que, sur ce dossier, ni le commissaire de police ? par le biais de communiqués ? ni d?autres autorités ne sont, selon lui, venus rétablir les faits.
L?ancien commissaire de police s?est aussi insurgé contre le mandat de perquisition qui a été émis contre lui. Commentant longuement cette décision de la police, il devait affirmer : «L?on a fouillé la maison d?un ancien commissaire de police en espérant qu?on allait trouver de la drogue. C?est inacceptable et incroyable. L?on a agi sur une allégation de 1994. Cette police fait rire.»
L?allégation portée contre lui sur les lance-flammes «n?est pas vraie. De plus, la police ne possède pas de lance-flammes».
Selon lui, Antoine Chetty, est en train de «tenir le pays en otage. Il déstabilise les institutions et il est en train de créer un climat d?insécurité dans le pays. D?expérience, je sais que tous les trafiquants ont cet agenda.» L?ex-commissaire de police, Raj Dayal, estime aussi qu? «Antoine Chetty is taking the whole police for a ride. Li amen zot lor simin kot li envi et la polis so lanket lor la drog pas pe avanse.»
Raj Dayal se dit disposé à consigner une déposition au CID central pour livrer des informations ayant trait à la mort du notaire Raj Kumar Lallah, le père d?Anju Lallah, la compagne d?Antoine Chetty. Il impose toutefois deux conditions.
Il souhaite que sa déposition soit consignée à Prem Radhoa et qu?Anju Lallah soit à la disposition de la police pour l?enquête. Sa démarche, dit-il, est motivée par le fait qu?il soupçonne «qu?il y a eu murder dans ce cas précis». Ainsi il demande à l?actuel commissaire de police «de prendre ses responsabilités».
Il indique aussi que Raj Kumar Lallah était venu le voir alors qu?il était commissaire de police pour demander une protection car il estimait que sa vie était en danger. Antoine Chetty, qui entretenait une relation avec sa fille, l?avait menacé. C?est ainsi que Raj Dayal conclut que «si Antoine Chetty a pu faire agresser Pierre Calou pour de l?argent, toutes les options sont possibles».
S?il a choisi de venir de l?avant avec cette affaire maintenant, dit-il, c?est qu?«à présent je constate certains faits et avec ce que je sais déjà, je pense qu?il y a des raisons de relancer cette enquête.»
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