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La pomme de terre malgache arrive
Elle a pour nom Spunta et vient de Madagascar. Une première cargaison de cette variété de pommes de terre devrait arriver lundi. Cette importation, qui constitue un test pour les autorités mauriciennes et malgaches, sera suivie de près et donnera le ton pour d?autres importations en provenance de la Grande île. La cargaison, d?environ 25 tonnes, a été achetée par l?Agricultural Marketing Board.
«Tout départ est difficile. Nous avons eu à composer avec de nombreux facteurs inattendus, que ce soit du côté des autorités ou du temps. Mais nous demeurons très optimistes sur les possibilités de commerce entre les deux pays», note Satish Ramruttun, directeur du département international d?ERS Marketing.
Il s?agissait initialement d?importer 50 tonnes, mais Antsirabé, la localité d?où proviennent ces pommes de terres, a été ravagée par deux cyclones et une longue sécheresse. Cela a retardé la livraison de quelques jours. De plus, le département phytosanitaire du ministère malgache de l?Agriculture aurait été plus pointilleux que prévu en raison d?un manque de ce légume sur le marché malgache, suite aux problèmes climatiques justement.
Un autre imprévu a été la hausse subite du prix des pommes de terres de la Grande île. «Madagascar nous a séduits parce qu?il y avait des terres très fertiles et des conditions de travail moins chères, mais lorsque les Malgaches ont compris que nous étions intéressés, le prix a parfois triplé», indique Satish Ramruttun.
DES CRAINTES POUR LA CANNE
Pourquoi des pommes de terres cultivées à Antsirabé ? Cette région était la seule à satisfaire pleinement les autorités mauriciennes qui craignent que certaines maladies de la pomme de terre malgache n?affecte la canne à sucre.
Cela fait maintenant un an que Satish Ramruttun travaille de concert avec son partenaire malgache, Josoa Ramamonjisoa, directeur général de la Société Trading Océan Indien, sur ce projet. Celui-ci a démarré par la distribution de semences à des paysans d?Antsirabé qui n?exploitaient pas ou peu leurs terres. Il était alors convenu que la totalité de la récolte serait reversée à un prix fixé au joint-venture mauriciano-malgache. Les paysans ont cependant voulu revendre leur produit plus cher que le prix convenu.
Aujourd?hui, le partenariat a tiré des leçons de cette expérience. Une demande de concession de 1 000 hectares a été déposée aux autorités malgaches afin d?éviter de faire face à des problèmes similaires à l?avenir. «Nous sommes en train de mettre au point les procédures nécessaires. Cela nous prendra cependant un an ou deux pour avoir un terrain propice à la culture», explique Satish Ramruttun, dont le projet est pour le long terme. En attendant, une demande a été logée auprès de l?AMB pour faire venir une autre cargaison en juin. Il s?agira alors d?importer 300 à 400 tonnes de pommes de terre.
Après Maurice, les promoteurs veulent exporter leurs légumes à la Réunion, où ils ne sont pas encore distribués. «A Maurice il n?y a pas assez de terrain. Ce qui n?est pas le cas à Madagascar», soutiennent-ils.
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