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Un épais mystère plane sur la mort de Rajkumar Lallah
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Un épais mystère plane sur la mort de Rajkumar Lallah
L?ex-notaire Rajkumar Lallah, père d?Anju Lallah, est-il mort d?une chute dans les escaliers, à sa résidence, comme le veut la version officielle ou aurait-il été agressé par une personne de très forte corpulence ? Si le doute subsistait autour de cette affaire remontant au 18 novembre 2001, les interrogations ont refait surface après les déclarations de l?ex-commissaire de police, Raj Dayal, à la presse hier (voir plus loin en page 7). L?ancien numéro un de la police a en effet révélé que le notaire et père d?Anju Lallah avait réclamé une protection policière parce qu?il sentait que sa vie était en danger.
Selon un proche de la famille Lallah qui s?est confié à l?express hier sous le couvert de l?anonymat, Rajkumar Lallah ne serait pas mort accidentellement après une chute dans l?escalier, mais aurait succombé à «des coups et blessures infligés par une personne qui faisait le va-et-vient dans la maison familiale à Vacoas».
Ce proche de la famille Lallah avait reçu un coup de téléphone très tard dans la nuit du 18 au 19 novembre 2001, l?informant que l?ex-notaire avait fait une chute et que son état était très grave. Cette personne qui avait pu voir le corps de la victime avait noté qu?il portait des blessures à la tête ainsi que des ecchymoses sur tout le corps, «comme quelqu?un qui aurait été battu à coup de poing et de pied, mais pas comme quelqu?un qui aurait fait une chute accidentelle.»
Ce témoin raconte également que le notaire était encore en vie lorsqu?il avait été transporté à l?hôpital Victoria, mais qu?il avait rendu l?âme peu de temps après son admission. Le médecin qui l?avait examiné n?avait rien décelé d?anormal et avait émis un acte de décès, attribuant la mort de Rajkumar Lallah à une chute accidentelle.
Selon certaines sources, la famille Lallah était divisée au sujet de ce décès suspect. Un des membres de la famille devait insister pour qu?une enquête policière soit entreprise et qu?une autopsie soit pratiquée pour connaître les causes exactes de la mort du notaire. Mais les proches de Rajkumar Lallah devaient finalement opter pour l?incinération du défunt sans avoir recours à une autopsie.
Selon ce proche de la famille Lallah, «les membres de la famille craignaient une personne en particulier. C?est pour cette raison qu?ils ne voulaient pas que cette affaire aille à la police ». Si le notaire est vraiment mort des suites d?une agression, «cela voudra dire que l?auteur de cet acte est toujours en vie et qu?il est connu du cercle familial des Lallah». Il précise que s?il est aujourd?hui trop tard pour ouvrir une enquête, le notaire Rajkumar Lallah ayant été incinéré, «il sera très difficile de venir prouver quoi que ce soit à la police et devant une cour de justice.»
Un autre décès survenu dans des circonstances mystérieuses est celui d?un jeune homme de 34 ans qui devait témoigner dans une affaire de drogue contre un ex-notaire décédé il y a quelque temps. L?ex-notaire, qui était un proche de Vinay Deelchand devait comparaître devant le tribunal de Curepipe en 1996, mais avant que l?affaire ne fût entendue, le témoin âgé de 34 ans avait été abattu froidement d?une balle à Curepipe. Selon des informations disponibles, il n?y avait jamais eu d?enquête sérieuse au sujet de ce décès troublant.
Selon Antoine Chetty qui dit être au courant de cette affaire, il est possible que l?arme à feu utilisée pour abattre ce témoin de 34 ans ait été jetée dans le bassin Hesketh Bell à Réduit. Suite à ces allégations, des limiers de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) ont déployé d?importants moyens pour effectuer des recherches dans le bassin en question hier. Des plongeurs de la police, qui ont travaillé pendant plus de trois heures, n?ont cependant rien trouvé. Les recherches ont été suspendues et, selon des informations disponibles à hier soir, il est peu probable qu?elles reprennent.
Antoine Chetty poursuivra sa déposition lundi, probablement sur l?axe Deelchand-Bissessur, a déclaré Me Samad Goolamaully l?avocat principal d?Antoine Chetty.
D?autre part Me Rama Valayden également avocat d?Antoine Chetty a fait parvenir une lettre au commissaire de police Ramanooj Gopalsingh, réclamant le démantèlement de la Land Fraud Squad et le transfert de tous les dossiers à une nouvelle unité de police.
Au chapitre des terres qui auraient été volées les enquêteurs sont actuellement en présence de 141 complaintes officielles. Les enquêteurs ont du pain sur la planche, d?autant que la liste risque de s?allonger dans les jours à venir.
Dev Hurnam qui était à l?Adsu hier matin pour être interrogé sur l?agression planifiée du Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen a complété sa déposition. Selon des milieux proches des enquêteurs, il est peu probable que Dev Hurnam soit interrogé à nouveau. Après son interrogatoire il est retourné à sa cellule policière au centre de détention de Moka, le visage figé.
Yogesh Bissessur, un troisième homme de loi sali
Il n?a pas attendu qu?Antoine Chetty complète sa déposition le concernant. L?avoué Yogesh Bissessur s?est présenté hier aux casernes centrales vers 8 h 30. Il a été arrêté, longuement interrogé et traduit en cour. Il est provisoirement accusé de «conspiracy to give instructions to cause serious bodily harm».
Durant ses trois heures d?interrogatoire, Yogesh Bissessur a clamé son innocence et nié être au courant de l?affaire dont parle Antoine Chetty. Ce dernier a allégué avoir reçu du notaire et de l?avoué Rs 150 000 pour agresser une femme dénommée Rekha. Selon lui, l?avoué Bissessur considérait que celle-ci, amie proche de son épouse, avait une trop grande influence sur elle. Le notaire aurait demandé à Antoine Chetty et à Mario Douce de ramener le scalp de la victime. L?agression a bien eu lieu aux environs du Gymkhana et la victime a dû se faire soigner en Afrique du Sud.
L?avoué fait son entrée, vers midi, à la cour intermédiaire de Port-Louis. Relaxe, il est discrètement suivi par trois effectifs de l?Adsu, en civil. Il salue et sourit à ceux qu?il reconnaît. Si l?on ignorait les circonstances de sa présence en cour, l?on aurait très bien pu croire qu?il ne s?agissait, comme le disait son avocat Shakeel Mohamed, que d?«another day in court for the solicitor that he is.»
Aucun magistrat en vue. Fin de mois oblige, ils sont en réunion. Yogesh Bissessur et son avocat, suivis d?une dizaine de journalistes, vont de salle en salle. En vain. Longue attente dans le corridor. Il bavarde avec quelques amis venus le soutenir. Il refuse de répondre aux sollicitations des journalistes. «Je laisse la police, en qui j?ai confiance, faire son travail. Je leur ai déjà donné ma version des faits.»
Une heure après, Me Shakeel Mohamed parvient à trouver un magistrat. Il fait signe à son client qui le rejoint. Les deux disparaissent dans le tribunal. Les journalistes, qui n?y ont pas accès, entendent le public grogner. «Nou nou fami bizin dormi dan selil parski mazistra pa lib. Mai Bissessur li, li gayn tretman faver.»
Une dizaine de minutes après, les deux hommes de loi sortent. Le suspect a été libéré sous caution de Rs 9 000. Négligeable ! Me Shakeel Mohamed tient à faire une déclaration. «Mon client a insisté pour aller aux casernes ce matin. Il était impatient de donner sa version des faits. Je suis convaincu que la police va établir son innocence très vite grâce à des informations de nature confidentielle que mon client a données à la police (?)» Yogesh Bissessur enchaîne : «J?ai prêté serment en tant qu?officer of the law. Je n?ai rien à faire avec cette affaire. Je vis difficilement le fait qu?on veuille à ce point salir ma réputation. Mais je suis serein. Je fais confiance à la police. D?ailleurs j?ai été agréablement surpris ce matin par leur efficacité. Je reste à la disposition de la police», dit-il nerveusement.
Me Shakeel Mohamed et son client se prêtent volontiers à la demande des photographes. Entre-temps, aux casernes centrales, les autres personnes incriminées par Antoine Chetty ne faisaient pas face à autant de clémence de la part de cette police qui a tant «impressionné» Me Yogesh Bissessur?
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