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Mission délicate pour Bérenger à la Maison-Blanche
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Mission délicate pour Bérenger à la Maison-Blanche
Le Chef du gouvernement se rend aujourd?hui aux Etats-Unis (EU) où il rencontrera le président George W. Bush mercredi prochain. Des rencontres avec d?autres dirigeants, dont le secrétaire d?Etat Colin Powell et la National Security Adviser Condoleezza Rice, ainsi qu?une visite du site de production des avions Boeing, à Seattle, sont également au programme.
La visite d?un Premier ministre mauricien à la Maison-Blanche est toujours un happening diplomatique de grande envergure pour un pays comme le nôtre, qui pèse à peine sur le plan géopolitique. En termes d?estime, Maurice a tout à gagner de cette visite. Celle-ci peut même rehausser sa visibilité aux yeux des décideurs politiques, des investisseurs, des bailleurs de fonds institutionnels et des gros acheteurs.
Maurice a néanmoins d?autres préoccupations immédiates. Elle doit tenter d?obtenir une reconduction de l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA III) et, en même temps, se qualifier pour les dérogations touchant le third country fabric avant que l?Accord multifibre sur le textile n?expire, en janvier 2005. Paul Bérenger sait à ce propos qu?une tâche difficile l?attend à la Maison-Blanche. Il va plaider le cas devant le président tout en sachant que celui-ci n?est pas en mesure de trancher.
?Inquiétudes? exprimées
Le projet de loi doit recevoir l?assentiment du Sénat américain. Celui-ci a, hélas, un calendrier chargé avec des législations autrement plus importantes politiquement en cette année d?élection présidentielle. Lors de sa dernière conférence de presse, samedi dernier (voir page 4), le Premier ministre devait lui-même dire son ?inquiétude? sur les chances de voir l?AGOA III aboutir cette année.
Les priorités des décideurs américains sont ailleurs. Cette loi, aux yeux d?une grande partie de l?électorat du Sud, est synonyme de perte d?emplois au sein de l?industrie du textile américain au profit des Africains.
Jayen Cuttaree, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, partage ces inquiétudes. ?Pour que le projet puisse être approuvé dans le temps, il faudrait que le Bill soit accepté à l?unanimité et sans débat. Je ne vois pas un projet qui touche au textile puisse progresser sans difficulté?, affirme-t-il.
Pourtant ce ne sont pas les arguments en faveur de l?AGOA III qui manquent. La raison principale d?étendre la durée de cette loi est justement que celle-ci aura été très bénéfique au continent africain. Cet accord commercial, qui permet l?accès sans quotas et sans droits de douane des produits africains sur le marché américain, a créé plus de 300 000 emplois.
Les EU ont importé pour US$ 25,6 milliards des pays de l?Afrique subsaharienne. La non-extension de l?AGOA mettrait en péril les industries dont cette loi a encouragé l?éclosion.
?Si le Congrès ne parvient pas à adopter cette législation avant que les dérogations du third country fabric n?expirent en septembre, plusieurs bienfaits de l?AGOA seront remis en question?, mettait en garde Ed Royce, le président de l?Africa Subcommittee quand il témoignait devant le Ways and Means Committee, le 29 avril dernier. Il exprimait ses craintes que ces nouveaux producteurs de vêtements ne puissent faire face à la concurrence frontale venant de pays tels que la Chine avec le démantèlement de l?Accord multifibre.
Bonne image de Maurice
Maurice s?est fait particulièrement remarquer auprès de l?administration américaine grâce à la vigueur et la cohérence avec lesquelles elle a milité en faveur de l?Africa Bill, qui est devenu par la suite l?AGOA. La diplomatie mauricienne s?est toujours retrouvée à l?avant-plan pour promouvoir les intérêts commerciaux de l?Afrique subsaharienne lors des différentes étapes de cette loi.
Mais il y a aussi d?autres considérations en jeu. Maurice est en effet l?un des rares pays de la région qui adhèrent aux valeurs dont l?Amérique fait fièrement siennes, à savoir la démocratie, le respect des droits humains fondamentaux, la liberté de la presse et la libre entreprise?
La stabilité politique dans le pays, qui contraste singulièrement avec certains pays de l?Afrique de l?Est, est un facteur qui peut également compter dans l?estime des dirigeants américains.
QUESTIONS A JOHN PRICE, AMBASSADEUR DES ÉTATS-UNIS A MAURICE
Comment situez-vous l?importance de la visite prochaine du Premier ministre mauricien aux Etats-Unis ?
Les Etats-Unis ont beaucoup d?estime pour le peuple mauricien. Maurice est une amie de notre pays. Cela fait longtemps qu?un Premier ministre mauricien n?a pas rendu visite à un président américain.
Le président George W.Bush, lui-même, est très heureux de la performance de Maurice en Afrique. L?île Maurice a une population industrieuse, multiculturelle et multilingue qui vit en harmonie. On y retrouve aussi une démocratie bien vivante. D?autre part, l?Amérique apprécie beaucoup le soutien de Maurice dans la lutte globale contre le terrorisme. Le président ainsi que d?autres dirigeants à la Maison-Blanche sont très enthousiastes à l?idée de rencontrer votre Premier ministre. Malgré un emploi du temps chargé en cette année d?élection présidentielle, le président Bush a trouvé le temps nécessaire pour s?entretenir avec lui.
L??Africa Growth and Opportunity Act? (AGOA) III sera-t-il abordé lors de l?entretien entre les deux dirigeants ?
Je présume que les questions d?ordre commercial seront au centre des discussions. L?AGOA III n?y figure pas en tant qu?item spécifique. Le Premier ministre mauricien aura l?occasion de partager ses sentiments sur la question avec le président Bush. Une éventuelle décision sur l?AGOA III ne peut être prise que par le Congrès. Le président écoutera ce que le Premier ministre, Paul Bérenger, aura à dire sur ce sujet, de même que sur la dérogation touchant le third country fabric. Mais en fin de compte, il appartient au Congrès américain de trancher.
De quelle manière les lobbies en faveur de l?AGOA III et les avions Boeing sont-ils liés ?
Il n?y a aucune connexion entre les deux. Nous avons pensé que ce serait une bonne chose d?organiser une visite au site de construction de Boeing à Seattle lors de la tournée premierministérielle aux Etats-Unis.
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