Publicité
?Pour l?émergence d?une nouvelle classe d?entrepreneurs?
Par
Partager cet article
?Pour l?émergence d?une nouvelle classe d?entrepreneurs?
Quel arrangement souhaitez-vous avoir avec le MMM pour les législatives de 2005 ?
Toute la question, comme l?a dit le Premier ministre et leader du MMM au rassemblement du 1er Mai, sera discutée à notre niveau le moment venu. Il est évident que la winning formula qui sera dégagée devra tenir compte des réalités sociologiques du pays, de la nécessité d?assurer la stabilité politique et sociale, de l?impératif pour l?alliance MSM-MMM de ratisser le plus large possible et d?être plus que jamais conquérante sur le terrain. Il nous faudra nécessairement un arrangement électoral qui mettrait toutes les chances de notre côté.
La formule de représentation proportionnelle retenue par le MSM-MMM ne corrige pas les injustices du système actuel. Pourquoi n?avez-vous pas retenu la recommandation de Sachs de désigner 30 députés à la proportionnelle ?
Qui peut prétendre corriger les injustices du système électoral actuel d?un seul coup et de manière parfaite ? Il faut reconnaître que c?est un sujet extrêmement sérieux qui requiert une approche prudente et responsable. Il nous faut nécessairement avancer par étapes, afin d?assurer que tout changement ne provoque pas d?instabilité et rend le pays ingouvernable. D?ailleurs, dans notre manifeste électoral, on parle de l?introduction d?une dose de proportionnelle. C?est clair qu?on a toujours voulu avancer prudemment. La formule sur laquelle il y a eu consensus entre moi et le Premier ministre va garantir un changement dans la douceur, sans grand bouleversement. A la lumière de l?expérience qu?on va vivre lors des prochaines élections, on pourra toujours apporter les retouches qui vont s?avérer nécessaires. Donc, l?hystérie de certains n?a aucune justification. L?argument portant sur une possible sur-ethnicisation évoqué par d?autres ne tient pas la route, dans la mesure où l?ethnicité est déjà ancrée dans le système en raison de la société multiraciale dans laquelle nous vivons.
La commission Sachs et le comité Collendavelloo n?ont servi à rien puisque vous rejetez leurs recommandations.
Non. Ils ont enrichi notre réflexion sur la question. Écoutez, l?objectif final est de corriger les injustices du système actuel. En 1982, le PTr n?obtient aucun siège malgré des suffrages considérables. En 1995, le MSM a subi le même sort.
La réforme que vous proposez avec 10 députés élus à la proportionnelle est un changement cosmétique. Il ne résout pas le problème fondamental.
Aucun système n?est parfait. Je suis d?accord que nous ne corrigeons pas entièrement les faiblesses du système actuel avec la proposition du gouvernement. Cependant, je souhaite une réforme qui ne remet pas en cause la formation d?un gouvernement stable. Regardez ce qui s?est passé à Rodrigues après la correction apportée par la proportionnelle. La marge entre la majorité et l?opposition s?est rétrécie dangereusement. La formule Collendavelloo risquait de produire un gouvernement instable. En outre, augmenter le nombre de députés par 30 aurait constitué un fardeau financier considérable pour l?Etat. Cela dit, le chiffre de 10 n?est pas arrêté de manière définitive.
Il pourrait éventuellement être, disons, de 20?
Non, 20 c?est beaucoup trop.
Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d?avoir rejeté la formule Collendavelloo car votre parti a peur de ne pas obtenir des sièges selon le mode de ?First Past the Post? dans les régions rurales ?
Je ne prends pas de décision en fonction de mes intérêts partisans. J?ai favorisé un système qui produit un gouvernement stable et qui renforce l?unité dans le pays. Il ne faut pas prendre à tort et à travers l?exemple d?autres pays. Maurice a ses propres spécificités en raison de son aspect pluriethnique.
Comptez-vous personnellement émigrer vers des circonscriptions plus sûres aux prochaines lé-gislatives ?
Il n?en est pas question. La circonscription n° 11 est une région ?sûre?. Nous affronterons cette élection avec confiance. Je suis convaincu que la population trouvera que l?alliance MSM-MMM demeure l?unique option crédible et sérieuse pour le pays.
Comment expliquez-vous le paradoxe d?une bonne mobilisation de vos partisans aux réunions organisées avant le 1er Mai et un échec relatif à la place Edward VII ?
Je ne crois pas qu?il y a eu échec relatif. En fait, au sein de l?alliance MSM-MMM, nous sommes satisfaits de l?assistance qu?on a obtenue. Cela dit, je pense sincèrement que nos partisans auront l?année prochaine des raisons certaines pour se déplacer en encore plus grand nombre, car ce sera l?année des élections générales. Le rassemblement du 1er Mai 2004 n?était qu?un warming-up de nos troupes. Désormais, nous serons plus que jamais présents sur le terrain pour contrecarrer la campagne démagogique et communale de nos adversaires, galvaniser nos partisans et préparer les prochaines élections générales.
Les meetings du 1er Mai laissent craindre le retour d?une certaine polarisation ethnique dans la vie politique. Que faut-il faire pour prévenir cette fracture ?
Il faut d?abord que la population soit mise en garde de manière systématique contre la communalisation outrancière par le PTr et ses alliés de chaque action gouvernementale prise dans l?intérêt du pays. Depuis notre arrivée au pouvoir, le PTr cible Paul Bérenger, donne une coloration ethnique à nos décisions, exacerbe les instincts primaires des gens et adopte des slogans d?une époque révolue. La condamnation d?une telle stratégie s?impose, d?autant plus que le PTr n?a aucun programme alternatif sérieux et ne fait que fuir ses responsabilités quand il s?agit de prendre des positions sur des questions d?intérêt national. Les médias ont là un rôle de dénonciation à jouer au lieu de se contenter de répercuter les énormités communales d?individus aux tristes desseins. Mais, à mon avis, l?arme la plus efficace pour contrecarrer la démarche excessivement communale de l?opposition, c?est de faire valoir la compétence et les résultats, tout en évitant d?ignorer certaines réalités propres à notre société multiethnique.
Le leader du PTr a visiblement déjà choisi le thème de sa campagne pour les législatives : la lutte contre le grand capital. Avec quels arguments le combattrez-vous ?
D?abord, la population sait que les envolées oratoires de Navin Ramgoolam contre le grand capital ne sont que du bluff. Le PTr nous passe le même disque rayé depuis des lustres. Or, quand ce parti est au pouvoir, c?est une tout autre paire de manches. Depuis que nous sommes au gouvernement, jamais auparavant les travailleurs, les laboureurs et les planteurs ont autant profité des initiatives de démocratisation. Les exemples abondent. A commencer par les bienfaits de l?Illovo Deal qui a permis aux travailleurs-planteurs actionnaires du SIT de devenir propriétaires de 7 000 arpents de terres ayant toujours appartenu aux établissements sucriers et d?acquérir une partie de ces terres à titre individuel à des prix inimaginables dans des morcellements agricoles et résidentiels. Le VRS, de son côté, a permis, non seulement à quelque 8000 travailleurs de toucher environ Rs 2 milliards de cash compensation, mais ils vont obtenir plus de 800 arpents de terres des établissements sucriers avec toutes les infrastructures nécessaires. En sus de cela, les investissements dans l?éducation, la formation et au niveau de la santé publique ainsi que les efforts déployés pour favoriser la création de petites et moyennes entreprises pour élargir la base économique du pays témoignent de la réelle volonté de ce gouvernement de poursuivre le vrai processus de démocratisation. Évidemment, nous avons la volonté d?aller encore plus loin.
Du bluff, dites-vous. Mais, sous le régime Ramgoolam, il y a bien eu l?arrivée d?Indian Oil, celle de nouveaux opérateurs dans le ciment, etc. ?
Certes, il y a eu une demande du groupe Indian Oil d?investir à Maurice et je suis heureux qu?elle a été acceptée. En ce qui concerne le ciment, il faut que Ramgoolam nous explique pourquoi il a fait partir le groupe Seament que Sir Anerood Jugnauth avait fait venir. En tout cas, personne ne se fait d?illusion : si Ramgoolam devait un jour retourner au pouvoir, il travaillera de nouveau avec ceux qui détiennent les capitaux.
Brièvement, quelle est votre position sur la grande question de la démocratisation de l?économie ?
L?histoire nous a légués une situation donnée où la propriété foncière et les ca-pitaux sont inégalement répartis. Sans faire de révolution, et tout en travaillant dans la légalité, il faut ?uvrer pour qu?il y ait plus de justice et un meilleur partage de richesses. Un des moyens d?y parvenir est d?encourager l?émergence d?une nouvelle classe d?entrepreneurs. Cette philosophie sous-tend mon action politique.
Que ferez-vous concrètement pour promouvoir la participation féminine dans l?arène politique ?
Déjà au niveau du MSM, j?ai pris l?engagement d?accroître le nombre de femmes qui se présenteront comme candidates lors des prochaines élections générales. En plus de cela, la formule de PR que nous proposons d?introduire va assurer que la moitié des élus désignés soient des femmes.
Il y a une perception que les dirigeants du pays accordent beaucoup plus d?attention aux grands problèmes nationaux et pas assez aux difficultés quotidiennes du citoyen ordinaire?
Les dirigeants doivent concevoir des stratégies de développement, analyser les paramètres macroéconomiques et, en même temps, tenir compte des préoccupations quotidiennes des électeurs. Trois ans et demi sont passés et je ne vais pas revenir sur la situation dans le pays quand nous avions pris la barre. Le fait demeure qu?il y avait urgence, qu?il fallait impérativement s?attaquer aux problèmes nationaux pour pouvoir redresser la situation, afin d?être en mesure par la suite d?améliorer le quotidien du citoyen. Si les travaillistes ne nous avaient pas laissés un héritage si catastrophique en termes de dettes et de déficits publics, nous aurions pu résoudre plus facilement les soucis causés par les infrastructures inadéquates. Asphalter des routes et les éclairer la nuit demandent des ressources. Nous n?avons pas de baguette magique, mais nous avons la volonté, la détermination et nous travaillons dur avec beaucoup de sincérité et de vision dans l?intérêt du pays. Je suis convaincu que jusqu?aux prochaines élections , le peuple récoltera pleinement les fruits du travail que nous abattons.
En attendant, les électeurs ne se retrouvent pas dans le discours technocratique de certains dirigeants ?
Il faut communiquer sur les bienfaits des réformes que nous avons entreprises et leurs effets à long terme. Les fruits de la réforme éducative seront visibles dans quelques années. Il faut expliquer à l?électeur les bienfaits de la modernisation de l?industrie sucrière dans un contexte où des producteurs tels que le Brésil et l?Australie ne nous font pas de cadeau. Nous parions sur l?avenir. Nous ne recherchons pas des dividendes encaissés rapidement.
L?Icac bénéficie d?un budget dix fois supérieur que celui de l?ex-ECO mais sans produire de résultats. Quelles sont les faiblesses de cette institution à votre avis ?
C?est clair que l?Icac a fait face à des teething problems et qu?elle a zigzagué. Cette institution opère dans le cadre d?une législation qui lui confère des pouvoirs importants. Toutefois, il y a eu des cafouillages et des erreurs qui semblent être des choses du passé. Le problème avec l?Icac est qu?elle est plus intéressée à vendre son image, à faire de la publicité tapageuse autour de ses activités, alors que son rôle est de travailler avec efficacité, dans la discrétion et dans le respect des paramètres établis par le Prevention of Corruption Act. L?Icac semble avoir rectifié son tir. Désormais, elle a le devoir de fournir des résultats concrets. Il est important qu?on laisse cette institution faire son travail et on la jugera au bout d?un certain temps.
Il y a une perception que les dirigeants exercent certaines pressions sur la police, le bureau du DPP et le judiciaire?
Je ne crois pas qu?une telle perception puisse exister. Ces institutions travaillent en toute indépendance et la preuve de cela est faite assez souvent ces jours-ci.
Que pensez-vous de l?injonction du secrétaire général du MMM de ne pas « faire dominère avec piti là » ?
Cette phrase est regrettable.
Comptez-vous toujours revoir les pouvoirs du DPP ?
Oui, mais l?intention n?est pas de réduire les pouvoirs du DPP. Il s?agit d?amender la loi pour rendre le DPP ?accountable?. Il faut qu?il motive ses décisions, bonnes ou mauvaises.
Ne pensez-vous pas qu?au bout de cinq ans l?alliance MSM-MMM peut souffrir d?une certaine usure ?
Non. L?alliance souffre du fait que les ministres passent trop de temps au travail avec leurs dossiers et pas assez pour communiquer les réalisations du gouvernement. C?est dans le marketing de notre action qu?il y a des carences.
Quelle réflexion suscite l?affaire Deelchand chez vous ?
Je suis surpris par ses ramifications, par ce qu?il est en train de révéler chaque jour. C?est incroyable. La police doit aller jusqu?au bout de l?enquête. Peu importe l?identité de ceux qui sont impliqués.
Même si des mouvements sectaires devaient faire pression pour ?ne pas toucher? aux leurs ?
Je suis indifférent à ces demandes quand elles sont basées sur l?émotion et les sentiments communalistes. Je ne me laisse pas guidé par leurs exigences. Je forme une opinion fondée sur des faits avérés et mes propres valeurs.
?la population sait que les envolées oratoires de Navin Ramgoolam contre le grand capital ne sont que du bluff. Le PTr nous passe le même disque rayé depuis des lustres. Or, quand ce parti est au pouvoir, c?est une tout autre paire de manches.?
?Le problème avec l?Icac est qu?elle est plus intéressé à vendre son image, à faire de la publicité tapageuse autour de ses activités, alors que son rôle est de travailler avec efficacité, dans la discrétion et dans le respect des paramètres établis par la loi.?
Publicité
Publicité
Les plus récents