Publicité
La BAI parie sur Iframac malgré un contexte difficile
Par
Partager cet article
La BAI parie sur Iframac malgré un contexte difficile
LE MARCHE de l?automobile est en ébullition depuis quelques semaines. Le rachat d?Iframac, numéro deux en termes de vente de voitures neuves à Maurice avec 17,5% de parts de marché en 2003, par la British American Investment (BAI), est sur les lèvres de tous les concessionnaires de voitures. Cette opération qui tournerait autour de Rs 460 millions (le montant officiel n?a pas encore été communiqué) intervient à un moment où le secteur est en perte de vitesse.
La concurrence féroce du côté des voitures importées ne facilite pas la tâche des concessionnaires du neuf. Les chiffrent parlent d?eux-mêmes. En l?espace de 5 ans, les ventes de véhicules neufs ont chuté de près de 60 %. On est passé de 6 400 immatriculations en 1999 à 4 034 immatriculations en 2003. La BAI soutient qu?elle est à la recherche de nouvelles opportunités pour diversifier ses investissements. Dominic Dupont, directeur des ventes chez Iframac confirme cette analyse. ?La BAI a estimé que la proposition faite par les principaux actionnaires d?Iframac, à savoir Harel Mallac et Ireland Blyth Ltd, était une très une bonne affaire financière pour elle. Cela va apporter un nouveau dynamisme au secteur.?
La BAI estime avoir obtenu un bon prix, sur cette affaire. On peut penser qu?elle n?a pas laissé passer l?occasion, à un moment où le secteur du neuf patine un peu.
Si on ne connaît pas encore la stratégie, tout laisse croire qu?avec l?acquisition d?Iframac, le nouveau propriétaire espère dégager des synergies avec les autres activités de la holding. Elle est présente dans le crédit-bail notamment avec la Mauritius Leasing Company (MLC) ainsi que dans le secteur de l?assurance. Une voiture achetée à la BAI pourrait être financée par le crédit-bail de la MLC et bénéficier des facilités en termes d?assurance. ?Malgré les difficultés auxquelles nous devons faire face, notamment avec les voitures importées, nous croyons quand même dans l?avenir de l?automobile?, ajoute Dominic Dupont.
Or les groupes Harel Mallac et Ireland Blyth Ltd ont préféré se désengager dans le secteur du neuf. L?argument est qu?ils préfèrent se recentrer sur leur corps de métier.
Mouvement de concentration
La concession de véhicules neufs implique des investissements conséquents. Notamment dans les équipements ainsi que dans la main-d??uvre et le service après-vente. On a vu se dessiner ces dernières années un mouvement de concentration qui semble être l?unique solution pour survivre. Axess est le fruit de la fusion entre Asas et Agritec. Pour les spécialistes, les concessionnaires ne représentant qu?une seule marque devraient disparaître à terme ou se faire avaler par les plus grands. Il y a actuellement une quinzaine de concessionnaires qui se partagent le marché des véhicules neufs.
Même si Iframac a réalisé des bénéfices nets après impôts de Rs 31 millions en 2003, il n?en demeure pas moins qu?en l?espace de trois ans, il a vu son chiffre d?affaires passer de Rs 1,1 milliard à environ Rs 750 millions, ce qui représente une baisse de 40 %.
L?arrivée des véhicules reconditioned n?est peut-être pas étrangère à cela. La BAI fait un pari sur l?avenir avec cette opération. Même si elle garde le même management d?Iframac, elle ne possède pas véritablement de savoir-faire dans l?industrie de l?automobile. La marque suédoise SAAB qu?elle commercialise depuis quelques années n?a pas été un véritable succès. En 2003 16 voitures seulement ont été vendues, ce qui représente 0,7% de parts de marché.
Avec le rachat d?Iframac, elle détiendra quatre marques sous un seul toit à savoir Mitsubishi, Peugeot, Mercedes et Saab. Or les marques prestigieuses se vendent difficilement. La taxe peut atteindre 185 % sur ces voitures ce qui les rendent très cher et pas à la portée de tout le monde.
D?autant plus que la BAI devra faire face à un autre problème. Les clients captifs d? Iframac, à savoir Harel Mallac et Ireland Blyth Ltd qui à eux seuls représentent une bonne partie des ventes, vont-ils continuer à acheter leur flotte de véhicules chez Iframac ? Ils pourraient se tourner vers d?autres concessionnaires. Dominic Dupont se veut rassurant. ?Les deux groupes seront nos partenaires dans le futur?, soutient-il.
L?autre pari que devra relever la BAI sera d?améliorer considérablement la marge bénéficiaire d?Iframac pour recouvrer rapidement son investissement. Les analystes estiment que les bénéfices de l?entreprise Rs 31 millions enregistrées l?année dernière ? devront augmenter substantiellement pour rendre le deal intéressant. Mais d?ores et déjà, Iframac et son repreneur, la BAI, devrait obtenir des revenus intéressants rien qu?avec le contrat pour fournir des berlines pour le prochain sommet des petits états insulaires.
Publicité
Publicité
Les plus récents