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Affaire Deelchand : la police traque ses brebis galeuses

18 avril 2004, 20:00

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LA MOTION de remise en liberté sous caution de Dev Hurnam est débattue cet après-midi. Antoine Chetty sera de son côté interrogé par les enquêteurs sur les noms qu?il n?a pas, volontairement, encore livré. Il s?agit d?identifier et de neutraliser les brebis galeuses à la police, qui auraient cautionné le présumé parrain Vinay Deelchand, et aussi d?obtenir des informations générales sur la pègre.

La quatrième semaine, dans l?affaire Deelchand, démarre donc avec la motion concernant Dev Hurnam. Selon Antoine Chetty, le député et avocat avait loué ses services pour éliminer le chef inspecteur de police Dass Ghoorah et pour estropier le Senior Puisne Juge Bernard Sik Yuen.

Arrêté vendredi, Dev Hurnam a passé le week-end en prison. Suspendu par son parti, le MMM (Mouvement militant mauricien), le député souhaite siéger au Parlement en indépendant. Il compte d?ailleurs demander à la cour de l?autoriser à être présent à l?assemblée demain, les charges retenues contre lui n?étant que provisoires.

Dev Hurnam a invoqué dans sa défense un complot ourdi par le judiciaire pour le neutraliser. La police compte objecter fortement à la motion de remise en liberté car l?enquête sur les allégations de Chetty n?est pas encore bouclée. ?Les chances que Hurnam l?emporte en cour aujourd?hui sont minimes?, avance-t-on dans le milieu des enquêteurs.

Le cas Hurnam monopolisera l?attention de la police durant la journée. À sa sortie de cour, le suspect sera appelé à terminer sa déposition. Il n?a pu le faire vendredi car pris d?un malaise, il a demandé à recevoir des soins.

Plumer sans être inquiété

Les enquêteurs devront ensuite confronter Chetty avec la version de Hurnam. Cependant, un face-à-face entre le suspect Hurnam et le repenti n?est pas pour tout de suite, avance Me Samad Goolamally, l?avocat de ce dernier.

Parallèlement, les enquêteurs passeront leur propre département à la loupe. Selon Chetty, bon nombre de policiers ont de tout temps collaboré avec le notaire Deelchand. C?est ainsi que celui-ci aurait pu plumer ses victimes sans être inquiété par la justice. Une des principales allégations faites contre Deelchand est qu?il arnaque des clients sur des transactions foncières. Ainsi, certains ont payé pour des lopins qu?ils ne possèdent toujours pas. D?autres ont vu leur propriété vendue à leur insu ou ont acheté un terrain déjà vendu à un tiers?

Plusieurs dizaines de victimes alléguées s?étaient plaintes à la police. Mais l?arnaqueur présumé n?a pas été inquiété et ce sont ses supposées victimes qui se sont retrouvées en mauvaise posture. Non seulement leurs doléances n?ont pratiquement jamais connu de suite, mais la police les aurait même découragées.

Certains policiers auraient conseillé aux plaignants de faire des poursuites au civil, une initiative qui implique des frais importants. Les rares cas qui sont parvenus en cour auraient été rayés, la police ayant poursuivi sous la ?mauvaise? section de la loi.

Le Premier ministre, Paul Bérenger, aurait donné des instructions formelles pour que ces dossiers classés soient rouverts. Il est aussi question de démasquer les collaborateurs présumés du notaire Deelchand au sein de la force policière. L?enquête sur les ?ripoux? démarrera à la Land Squad.

Cette semaine devrait également voir un léger changement dans l?approche de la police envers Chetty. Jusqu?ici, les enquêteurs étaient surtout à l?écoute. Ils se sont contentés de contre-vérifier ses déclarations. Ils chercheront maintenant à exploiter sa connaissance du milieu de la pègre.

Enfin, au niveau du trafic de drogue, Anju Lallah, la compagne d?Antoine Chetty, a été interrogée au sujet des allégations de ce dernier sur les relations entre Vinay Deelchand et l?ancien commissaire de police, Raj Dayal. Vinay Deelchand est fiché comme trafiquant de drogue depuis 1994, mais il n?a jamais été inquiété, pas même quand des travailleurs sociaux l?ont dénoncé. Cependant, Anju Lallah n?a pu déposer, son avocat n?étant pas disponible.

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