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Elections : l?ANC attend un nouveau triomphe
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Elections : l?ANC attend un nouveau triomphe
Dix ans après la fin de l?apartheid, les électeurs sud-africains ont commencé hier à se rendre aux urnes pour participer aux troisièmes élections démocratiques de leur histoire, un scrutin que le Congrès national africain (ANC) semble assuré de remporter.
Les quelque 17 000 bureaux de vote du pays ont ouvert à 07h00 (05h00 GMT) et des responsables de l?organisation du scrutin ont dit s?attendre à une participation importante des quelque 21 millions d?électeurs inscrits.
Les opérations de vote devaient s?arrêter à 21h00 (19h00 GMT) et les résultats être connus jeudi.
Le président Thabo Mbeki, successeur de Nelson Mandela à la présidence de l?Afrique du Sud, a été l?un des premiers à accomplir son devoir électoral dans son bureau de vote de la capitale, Pretoria.
?Les hommes politiques ont beaucoup parlé. C?est maintenant au peuple de parler?, a-t-il dit, ajoutant qu?il ne doutait nullement de la victoire de l?ANC.
Les sondages d?opinion prédisent en effet une nette victoire du Congrès national africain, en dépit des difficultés de l?Afrique du Sud contemporaine (niveau de pauvreté, chômage dépassant les 40 %, épidémie du VIH/sida qui affecte un Sud-Africain sur neuf).
La seule incertitude du scrutin semble finalement résider dans l?ampleur du succès de l?ancien mouvement de libération, l?ANC escomptant dépasser les deux tiers d?élus à l?Assemblée, ce qui lui ferait franchir le seuil nécessaire à toute modification de la Constitution.
Des élections provinciales ont lieu dans le même temps, et l?ANC espère décrocher les deux seules provinces qui lui échappent.
Selon les sondages, l?ancien mouvement révolutionnaire fondé en 1912 devrait obtenir entre 68 % et 70 % des suffrages, soit 271 sièges au Parlement contre 266 dans l?assemblée élue en 1999.
Pour beaucoup d?analystes, plus que sur des idées, la campagne s?est à nouveau jouée sur l?image que donne d?elle-même la formation au pouvoir.
?L?ANC demeure pour la grande majorité le parti qui a libéré la population de l?apartheid?, estime John Kane-Berman, directeur exécutif de l?Institut de relations raciales (IRR), une organisation sud-africaine. ?Pour beaucoup de partisans de l?ANC, cela suffit à éclipser les désillusions éventuelles quant à la gestion de la pandémie du sida ou la hausse du chômage.?
Pour Sipho Seepe, analyste à la Vista University, ?l?ANC possède un capital historique et politique qui fait défaut aux autres partis et les échecs peuvent encore être attribués à l?héritage de l?apartheid?.
Face à l?ANC, l?opposition ne représente pas d?alternative véritablement crédible. Principale force avec 46 élus dans le parlement sortant, l?Alliance démocratique (DA), à majorité blanche, peine à se défaire d?une image de ?parti des blancs?.
De son côté, le Parti de la liberté Inkatha (IFP), malgré ses 31 sièges, reste le mouvement du nationalisme zoulou et son emprise se limite presque exclusivement à la province du KwaZulu-Natal, qu?il pourrait d?ailleurs perdre cette année.
La quatrième formation avec laquelle il faut compter au Parlement est le Nouveau parti national (NNP), issue du Parti national qui avait mis en place l?apartheid en 1948. Il possède 28 sièges à l?assemblée mais pourrait également perdre son fief historique, la province du Cap occidental.
L?ANC est au pouvoir depuis une décennie et l?élection à la présidence du pays de Nelson Mandela, le héros de la lutte contre l?apartheid qui avait été libéré quatre ans plus tôt après 27 années passées derrière les barreaux.
Sous l?impulsion de Mandela d?abord, puis de Mbeki, la croissance de l?économie sud-africaine s?est accélérée pour atteindre un rythme annuel de 2,7 %, ce qui est mieux que la moyenne des dix dernières années de l?apartheid. Sur le plan budgétaire, la rigueur a permis de faire tomber le déficit public en dessous du seuil des 1 % du PIB.
Mais ces bons chiffres sont loin de se retrouver sur le plan social. L?Afrique du Sud connaît aujourd?hui un fort taux de chômage, entre 30 et 40 % de la population active, et est l?un des pays aux inégalités sociales les plus fortes au monde. L?apartheid, supprimé dans les textes, demeure une réalité sur le plan social. L?Afrique du Sud demeure aussi un des pays les plus violents au monde, avec un taux d?homicide huit fois plus élevé qu?aux Etats-Unis.
Andrew Quinn John Chiahemen
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