Publicité
Un haut officiel de l?Icac complice de blanchiment ?
Par
Partager cet article
Un haut officiel de l?Icac complice de blanchiment ?
LE SYNDICALISTE Jack Bizlall poursuit sa croisade contre la corruption. Cette fois, il met en cause un grand commis de l?Etat associé à la promotion de la bonne gouvernance. La vente d?une voiture de luxe par ce dernier à un cadre d?une compagnie publique a éveillé les soupçons de Jack Bizlall. Cette transaction aurait, selon, lui, trait au blanchiment d?argent.
Il soupçonne donc ce haut officel d?avoir cautionné un blanchiment d?argent par un cadre d?une compagnie publique dont l?Etat serait un des principaux actionnaires. Bizlall a fait une déposition par écrit au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, hier. Une copie de sa lettre, qui contient d?autres allégations contre ce haut officiel, a été adressée au président de la République, Sir Anerood Jugnauth, au Premier ministre, Paul Bérenger, et au leader de l?opposition, Navin Ramgoolam.
La vente d?une voiture de luxe serait au centre de l?allégation de blanchiment. Le haut fonctionnaire aurait vendu le véhicule. Le cadre en serait l?acquéreur. Un concessionnaire serait l?intermédiaire dans cette affaire. La transaction aurait été conclue l?année dernière.
Profitant d?un changement d?affectation, le grand commis aurait décidé de vendre sa Mercedes, vieille de trois ans. Il aurait trouvé preneur pour Rs 1,6 million alors que le véhicule ne vaudrait pas plus de Rs 1,1 million.
On aurait pu penser que le vendeur avait eu affaire à un acquéreur particulièrement naïf. Mais Jack Bizlall démonte le mécanisme de paiement emprunté par ce dernier et accepté par le vendeur pour tenter d?établir qu?il y a eu blanchiment.
L?acquéreur aurait payé en cinq tranches. Il aurait tiré un chèque sur un compte personnel uniquement pour la première tranche. Pour le reste, il aurait eu recours à des chèques au porteur (office cheques). Là encore, ce n?est pas lui qui les aurait émis. Il aurait utilisé des intermédiaires car ces documents ont été émis d?au moins trois comptes différents, domiciliés dans trois banques différentes.
Enregistrée au nom d?un tiers
Le changement de titre de propriété de la voiture a été officialisé vers fin septembre 2003. Le nouveau propriétaire serait donc allé acheter une police d?assurance pour le véhicule. Et là, il aurait cité le chiffre de Rs 900 000 comme étant la valeur de la voiture pour laquelle il a payé Rs 1,6 million, comme l?indiqueraient les documents d?enregistrement de la transaction.
Les soupçons de Jack Bizlall auraient également été aiguisés par le fait que l?acquéreur aurait enregistré la voiture au nom d?un tiers. Cette personne vivrait à l?étranger et n?aurait pas visité Maurice au moment de la transaction. D?ailleurs, selon le syndicaliste, elle ne détiendrait pas de permis de conduire.
Pour le dénonciateur, il est clair que l?acquéreur a été motivé par un souci de blanchir son argent. D?autant que depuis quelque temps, il aurait le fisc à ses trousses et éprouverait la nécessité de se débarrasser de liquidités.
Mais pour l?heure, Bizlall s?intéresse surtout au vendeur. Selon lui, ce grand commis de l?Etat connaît parfaitement les lois, en particulier celle qui a trait au blanchiment d?argent. Il saurait tout aussi bien comment réagir devant des mouvements subits et importants de fonds. Il serait également en mesure de savoir que des transactions aussi importantes sont généralement réglées par chèques tirés sur un compte personnel.
Pourquoi alors le fait que l?acquéreur ait offert de payer un prix surévalué n?a-t-il pas éveillé ses soupçons ? Pourquoi a-t-il accepté le mode de paiement peu conventionnel ? Jack Bizlall se tourne vers la police pour avoir des réponses à ses questions. Dans sa lettre, il affirme avoir parlé à l?acquéreur. Celui-ci aurait confirmé ses soupçons. Le syndicaliste se tient à la disposition de la police pour d?autres renseignements.
Publicité
Publicité
Les plus récents