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Les Galactiques du Real dans un trou noir

13 avril 2004, 20:00

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<B>DES </B> mouchoirs blancs agités dans les travées de Santiago Bernabeu et des sifflets ont illustré dimanche soir le désarroi et la colère des supporters du Real Madrid, humilié 3-0 par Osasuna et évincé de la première place du classement du championnat d?Espagne de football.

Eliminés de la Ligue des champions par l?AS Monaco, battus en finale de la Coupe du Roi par le Real Saragosse, les Madrilènes accumulent les déconvenues et risquent de tout perdre cette saison.

A six journées de la fin du championnat, ils comptent désormais deux points de retard sur le FC Valence, nouveau leader, et un calendrier difficile à négocier avec des matches contre l?Atletico Madrid (7e de la Liga), le FC Barcelone (4e) et le Deportivo La Corogne (3e).

Mi-janvier, tout semblait pourtant sourire aux ?Galacticos?, cette constellation de stars du football mondial réunis sous le maillot blanc par le président Florentino Perez à coups de dizaines de millions d?euros.

Solides leaders de la Liga, avec alors huit points d?avance sur leur premier poursuivant, les Merengues brillaient aussi sur la scène continentale.

Le président du ?meilleur club du monde?, pouvait, lui, se féliciter : sa politique flamboyante d?acquisition des plus grandes vedettes du football mondial (Zinedine Zidane, David Beckham, Ronaldo, Luis Figo) semblait fonctionner à merveille et son rêve, refaire du Real le dominateur du football européen qu?il avait été dans les années 1950, en marche.

En six semaines, le château d?Espagne s?est lézardé, faisant apparaître la fragilité de ses fondations.

?Les Galactiques ridicules?, titre lundi le quotidien sportif Sport tandis qu?un autre journal de la presse sportive, As, lance un S.O.S. El Mundo compare la défaite face à Osasuna à un ?suicide à Bernabeu?.

?Si les choses semblent aller mal, ne vous inquiétez pas, demain, ce sera pire?, ironise le quotidien sportif Marca.

<B>?La pire des situations depuis quatre ans? </B>

Confronté à la faiblesse de son banc, l?entraîneur Carlos Queiroz n?a pu faire tourner son effectif et ménager ainsi ses joueurs-vedettes.

Le coach portugais a d?ailleurs multiplié les mises en garde contre l?absence de remplaçants de qualité dans un effectif professionnel où la masse salariale absorbée par les ?Galacticos? ne permet pas de recruter des doublures de haut niveau.

La blessure de Ronaldo, meilleur buteur de la Liga, dimanche soir face à Osasuna pourrait coûter très cher au club dans l?optique de la fin de saison.

Comme le prédisaient nombre d?observateurs, le déséquilibre entre l?attaque et la défense de cette équipe de stars est en outre devenu criant : le Real peut certes infliger cinq buts en deux matches face à Monaco, mais sa défense peut aussi en prendre cinq dans le même temps et le club être ainsi éliminé.

D?autres soucis pourraient poindre à l?horizon, hors du terrain cette fois.

La Commission européenne et le gouvernement espagnol sont sur le point d?ouvrir une enquête sur les conditions de la vente à la municipalité de Madrid de l?ancien centre d?entraînement du Real, en 2001, qui a effacé les dettes du club et lui a permis de continuer à s?illustrer sur le marché des transferts.

?Nous faisons l?expérience de la pire des situations qu?ait vécue le club depuis quatre ans, c?est notre première défaite à domicile de la saison et nous la concédons de la plus mauvaise des manières et au plus mauvais moment?, reconnaissait dimanche soir le directeur sportif du Real, Jorge Valdano.

?Mais nous allons encore nous battre durement pour le championnat. La série de déceptions a atteint le moral de chacun et c?est aux joueurs maintenant de sortir le club de cette situation, c?est ce qu?ils vont faire?, ajoutait-il.

Et Roberto Carlos, le latéral brésilien du club, de rappeler à l?agence Europa Press : ?La saison dernière, nous avions quatre points de retard et nous avions remporté le titre. Si nous faisons preuve de la même mentalité, tout changera parce que nous sommes une grande équipe.?

Les grandes équipes, c?est bien connu, ne meurent jamais.

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