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Réglementation plus stricte pour les sociétés de surveillance

13 avril 2004, 20:00

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LE SECTEUR de la surveillance privée est en plein essor depuis quelques années. Les chiffres parlent d?eux-mêmes : 23 sociétés de gardiennage opèrent à Maurice et 22 autres sont sur la liste d?attente. Régis jusqu?à l?heure par le Police Act, le temps était venu d?offrir une loi-cadre à ce secteur en souffrance d?une législation appropriée. C?est la raison de vivre du Private Security Services Bill, qui a été voté à l?Assemblée nationale hier avec amendements.

?Notre but est de renforcer le contrôle sur ce secteur pour plus de sécurité?, commente le Premier ministre, Paul Bérenger. Mais la loi sera retouchée selon les besoins.

L?opposition crie au danger. Son leader, Navin Ramgoolam, voit déjà des échanges de coups de feu, une police parallèle et des armées privées arpentant les rues. Des soucis rejetés par le Premier ministre, dénonçant l?hystérie usuelle de l?opposition.

Gouvernement ?trop pressé?

Le député travailliste Arvin Boolell avertit malgré tout : ?Nous devons être sûrs que les rôles soient bien définis et qu?il n?y ait pas de chevauchement entre la police et ces entreprises privées de sécurité.? Selon lui, le gouvernement est trop pressé et aurait dû entamer des consultations. Un point rejeté par Paul Bérenger qui souligne que celles-ci ont déjà été faites.

L?opposition demande aussi la mise sur pied d?une autorité comportant des officiers de police et des cadres de différents ministères. Celle-ci serait présidée par une personne nommée par le Premier mi-nistre, en consultation avec le leader de l?opposition. Mais l?offre a été rejetée par le chef du gouvernement, qui réaffirme sa confiance au commissaire de police, chargé d?exercer un contrôle du secteur.

La plus grande crainte de Navin Ramgoolam reste de voir des ?irresponsables armés jusqu?aux dents?. Seule exception qui devrait autoriser un port d?armes, selon lui: le convoi d?argent. Mais le Premier ministre déclare que le texte ne fait pas provision d?une ?licence to kill?.

Une fois le texte promulgué, les entreprises privées de sécurité devront avoir un personnel formé et enregistrer chaque garde. Des critères rigoureux sont aussi mis en place pour la gestion de ces sociétés: leurs dirigeants devront avoir un casier judiciaire vierge. Le commissaire de police se réserve aussi le droit d?enquêter sur les activités d?une entreprise. Les conditions par rapport au port d?armes sont aussi plus strictement réglementées.

Avant d?opérer, les compagnies devront payer une garantie de Rs 3 millions. Au niveau des amendes, une infraction est passible d?une sentence maximale de Rs 25 000 et d?une peine de prison n?excédant pas cinq ans.

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