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Trêve à Falloudja après une semaine d?effusions de sang
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Trêve à Falloudja après une semaine d?effusions de sang
<B>LES EFFORTS</B> déployés par des dirigeants irakiens pour obtenir une trêve ont ramené le calme hier dans les rues de Falloudja, après une semaine de combats meurtriers entre insurgés sunnites et forces américaines.
Un membre du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien, mis en place par les Etats-Unis, a déclaré à Reuters que le cessez-le-feu semblait tenir et pourrait être prolongé si des pourparlers marquaient des progrès suffisants.
A mesure que l?information se diffusait, des centaines d?habitants désespérés se sont mis à quitter Falloudja, profitant ainsi de la première pause importante dans les affrontements.
Les combattants sunnites qui s?étaient opposés rue par rue aux ?marines? américains restaient toutefois dans la ville, située à 50 km à l?ouest de Bagdad.
Trois civils japonais étaient retenus en otages dans les environs de Falloudja, mais un diplomate de leur pays a indiqué hier que rien n?était confirmé quant à leur lieu de détention et leur sécurité.
La chaîne arabe Al Djazira a démenti avoir annoncé leur libération comme l?avait rapporté une agence nippone. Leurs ravisseurs avaient menacé jeudi de les brûler vifs si Tokyo ne retirait pas ses troupes d?Irak d?ici hier.
A Falloudja, des accrochages sporadiques ont pris fin à l?aube après d?intenses tractations sur la mise en place d?un cessez-le-feu. Selon des ONG internationales, 470 personnes ont été tuées cette semaine dans la ville et 1 200 autres blessées, dont 243 femmes et 200 enfants.
<B>La trêve pourrait être prolongée </B>
Mahmoud Osman, membre du CIG, a dit qu?une délégation comprenant des représentants du Conseil intérimaire était retournée à Falloudja pour y reprendre des négociations entamées samedi.
Il a déclaré à Reuters que les discussions avaient abouti à une trêve de douze heures entrée en vigueur hier à 10h00 locales (06h00 GMT).
?A l?heure actuelle, le cessez-le-feu semble tenir?, a dit Osman. Il est censé durer douze heures et sera, je crois, prolongé.
?Dans l?intervalle, ils mènent des négociations. Ils ne souhaitent pas en parler en détail parce que c?est très délicat. Le cessez-le-feu est très fragile?, a-t-il ajouté.
Samedi soir, Kahtan Roubaïé, membre du Parti islamique irakien et de la délégation qui s?est rendue à Falloudja, avait annoncé que ?dès l?aube, les imams et responsables laïques de Falloudja (appelleraient) les combattants à cesser le feu pour éviter un massacre qui pourrait anéantir toute la ville?.
<B>Dernier ultimatum avant exécution</B>
Des insurgés retenant un civil américain en otage ? l?un des nombreux étrangers enlevés cette semaine en Irak ? ont déclaré qu?ils l?exécuteraient si le siège de Falloudja n?était pas levé.
?Si ce n?est pas le cas, il connaîtra un sort pire que ceux qui ont été tués et brûlés à Falloudja?, dit une voix dans un document vidéo diffusé par Al Djazira et montrant l?otage américain assis devant un drapeau irakien tandis que ses ravisseurs l?interrogent.
Les ?marines? avaient lancé leur offensive à Falloudja lundi dernier, après le lynchage de quatre Américains dont les corps avaient été brûlés et traînés dans les rues de cette ville.
Les militaires américains avaient annoncé une suspension unilatérale des hostilités vendredi à Falloudja, puis lancé un appel à une trêve bilatérale samedi, mais aucune de ces initiatives n?avait mis fin aux effusions de sang.
<B>Fadel Badran</B>
<B>À BAGDAD</B>
Raid US dans un quartier sunnite
- Des chars américains ont fait irruption au cours de la nuit de samedi à hier dans l?enceinte d?une mosquée sunnite et d?une école coranique du quartier d?Adhimia, dans le nord-ouest de Bagdad, où des adolescents armés avaient affronté la veille des soldats américains, ont rapporté des témoins. L?armée américaine n?a fait aucun commentaire sur ce raid pour le moment. Des images de Reuters Television font apparaître des fournitures médicales et des sacs de denrées alimentaires éparpillés et détruits dans l?enceinte de la mosquée Abou Hanifa. Ces produits avaient été stockés pour venir en aide aux victimes des combats de la semaine écoulée à Falloudja. Un habitant a dit s?être réveillé et avoir vu des chars enfoncer la grille donnant accès à la mosquée vers 03h30. ?Les soldats sont arrivés par cette entrée, ils étaient une vingtaine ou plus?, a dit Falah Fadil Mahmoud à Reuters. ?Ils ont utilisé des couteaux pour ouvrir des sacs remplis de haricots et de farine, et ils les ont cognés sur des jerrycans. Ils ont emporté de l?eau et des boîtes de lait en poudre pour les enfants.?
<B>REPRÉSAILLES</B>
Un hélicoptère Apache US abattu à l?ouest de Bagdad
- Un hélicoptère ?Apache? américain a été abattu hier à l?ouest de Bagdad et l?on ignore pour le moment ce qu?il est advenu de son équipage, a annoncé un porte-parole militaire américain. L?hélicoptère a été touché par des tirs d?origine inconnue à 11h05 (07h05 GMT), a ajouté le porte-parole.
<B>À LA TELEVISION</B>
Al Djazira montre des images de ?deux officiers US morts?
- La chaîne de télévision arabe Al Djazira a diffusé hier des images faisant apparaître les corps de deux hommes présentés comme des officiers des renseignements américains tués dans la ville sunnite de Falloudja. ?L?enregistrement audio accompagnant les images indique que ces deux hommes étaient des officiers de renseignements travaillant en Irak?, a dit la chaîne. Le document vidéo montre les corps ensanglantés de deux étrangers étendus sur le sol, l?un d?eux atteint par balle dans le dos et l?autre à la jambe. Plusieurs Irakiens les entourent. On ignore quand et par qui ces images ont été tournées.
Plusieurs étrangers ont été tués, enlevés ou portés disparus en Irak depuis une semaine, ce qui soumet à de nouvelles pressions des alliés de Washington comme le Japon, la Grande-Bretagne, l?Espagne et l?Italie. Parmi les disparus figurent deux soldats américains, plusieurs entrepreneurs et deux agents de sécurité de l?ambassade d?Allemagne. Dans la ville assiégée de Falloudja, des dirigeants religieux exhortent les insurgés en lutte contre les ?marines? américains à observer une trêve à compter de hier matin, pour mettre fin à une semaine d?affrontements qui ont fait des centaines de morts. Les marines avaient lancé une offensive à Falloudja lundi dernier, après le lynchage de quatre Américains dans la ville la semaine précédente.
<B>DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE</B>
Un bataillon irakien a refusé d?appuyer les ?marines?
- Un bataillon de la nouvelle armée irakienne a refusé de se rendre en début de semaine à Falloudja pour y soutenir l?offensive des ?marines? américains visant à reprendre le contrôle de la ville, rapporte hier le Washington Post.
Selon le général américain Paul Eaton, cité par le journal, les soldats irakiens ont fait valoir à l?US Army qu?ils ne s?étaient pas enrôlés pour combattre des compatriotes. ?(Eaton) s?est refusé à présenter l?incident comme une mutinerie, préférant parler d?un ?défaut de commandement??, écrit le Post. Eaton, qui supervise la mise en place des forces de sécurité irakiennes de l?après-Saddam Hussein, a dit que le 2e Bataillon des Forces armées irakiennes avait refusé d?aller au combat lundi après que des membres de leur unité eurent essuyé des tirs dans un quartier chiite de Bagdad alors qu?ils se rendaient à Falloudja.
Selon le Post, c?était la première fois que des commandants américains tentaient d?associer la nouvelle armée irakienne à une opération d?envergure, et le refus de combattre opposé par le bataillon ?aggrave les doutes concernant le projet américain de transfert des questions de sécurité aux forces irakiennes?. ?Les lignes se brouillent en ce moment pour de nombreux Irakiens et nous rencontrons des problèmes dans beaucoup d?activités militaires?, a déclaré Eaton au journal. Le 2e Bataillon est l?un est des quatre de la nouvelle armée irakienne. Il compte 620 hommes dont la phase de formation s?est achevée le 6 janvier. Selon Eaton, sa mission à Falloudja aurait consisté à participer à des tâches militaires secondaires telles que la surveillance de barrages routiers et la sécurisation de zone. Mais on n?avait pas informé ses hommes qu?ils seraient relativement peu exposés et ?le bataillon a pensé qu?on allait le jeter dans une tempête de feu à Falloudja?, a dit Eaton.
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